Le Burida est officiellement retombé, depuis vendredi, dans les serres de l’Etat, avec la mise en place d’un comité scientifique qui laisse dubitatif.
Deux jours après l’Assemblée générale extraordinaire du Burida, le samedi 28 janvier 2012 au Palais de la culture de Treichville, le ministre de la Culture et de Francophonie recevait en son cabinet, au Plateau, des membres du conseil d’administration. Ce fut l’occasion pour quelques uns d’entre eux de relever que la réunion s’est terminée en queue de poisson. Le lendemain c’était au tour du comité ad hoc fraichement mis sur pied par l’Age, de se rendre chez le locataire du 22ème étage de la Tour E. Au terme de leur son rendez-vous, Maurice Bandaman a annoncé, pour le jeudi suivant, une rencontre cette fois-ci, avec le conseil d’administration et le comité ad hoc réunis.
Sans autre forme de procès
Après avoir soutenu pour sa part que l’Age s’est plutôt bien déroulée, Léonard Groguhet avait promis au ministre le procès verbal de l’Age rédigé par le comité dont le comédien était le porte-parole. Comme l’avait si bien souligné Maurice Bandaman lui-même, cette rencontre de jeudi était placée sous le signe de l’apaisement, avant d’exhorter les sociétaires à plus de cohésion dans cette période de réconciliation nationale à l’issue incertaine.
Mais contre toute attente, le ministre a servi à ses hôtes un point de presse. Il annonçait la dissolution du conseil d’administration et l’annulation des résolutions de l’Age en raison de la confusion dans laquelle elle s’était terminée. Le ministre Bandaman a surtout sorti de sa poche le non moins controversé article 67 du décret n°2008-357 portant réforme du Burida. Comme raison fondamentale, il a évoqué un dysfonctionnement au sein du Burida. En Conséquence, il a proclamé un comité dit de réforme de l’institution. Tout le monde était ahuri. Les créateurs invités n’ont pas eu droit à la parole. Mais où se trouve le dysfonctionnement en question pour que, sans autre forme de procès, Maurice Bandaman ait recours à ce fameux article ? Est-ce parce qu’une Age s’est-elle terminée « en queue de poisson » qu’il y a dysfonctionnement ? D’ailleurs, avec ou sans assemblée, le Burida fonctionnait jusque-là. La tutelle, si elle tient tant au bonheur des artistes, n’avait qu’à leur laisser la chance de convoquer une deuxième Age afin qu’ils redressent la barre. Et le fait qu’il ait reconduit Irène Assa Viera pour une période six mois dans ses fonctions de directeur général intérimaire – avant même la tenue de l’Age, renforce davantage les soupçons selon lesquels il y a anguille sous roche.
D’ailleurs, sur quel rapport d’huissier le ministre Maurice Bandaman s’est-il appuyé pour invalider les résolutions d’une assemblée générale, somme toute souveraine ? Sur le dossier, on s’attend à ce que le ministre de la Culture éclaire les lanternes des Ivoiriens.
Ils ne connaissent rien en matière de gestion collective
Au niveau du Comité scientifique à forte coloration politicienne (Rhdp), personne, le gris-gris par lequel il prétend désormais exorciser le Burida, l’on note la présence d’Alpha Blondy, de Tiken Jah, de Meway...et d’A’Salfo. Certes, ils sont des artistes de grande notoriété. Mais que valent-ils dans le domaine de la gestion collective des droits d’auteur ou de la propriété intellectuelle ? Pas grande chose à espérer d’eux. Plus grave encore, ils n’ont jamais pris part à aucune réunion du Burida et ne connaissent rien en matière de gestion collective des droits d’auteurs. Certains d’entre eux se réclament même plus sociétaires de la Sacem que du Burida qu’ils considèrent comme un panier à crabes. Alors comment vont-ils s’y prendre ? Enorme mystère. De plus, ce comité comprend des personnes soupçonnées d’être trempées dans un scandale financier choque dont on ignore encore le dénouement.
En réalité, tout porte à croire que ce comité sera dirigé de mains de fer par Irène Assa Viera qui deviendra du coup une super patronne des créateurs. Il ne faut pas se leurrer, il s’agit d’une anesthésie locale avant des frappes chirurgicales de types nouveaux. En somme, si le ministre Bandaman pense défendre les intérêts des artistes, qu’il revienne à ses esprits. Il n’est pas encore tard. Les décisions qu’il vient de prendre ne feront que renforcer les divergences dans la grande famille des créateurs. Au lieu de colmater les brèches, Maurice Bandaman cultive la méfiance. Un ministre ne doit pas ramer à contre courant. A l’épreuve du « Vivre ensemble », slogan de campagne du Rdr à la présidentielle de novembre 2010, on doit se mettre au-dessus de la mêlée.
Schadé Adédé
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. Folie Orange dans les fan-zones
Les Ivoiriens ne se sont jamais montrés aussi en joie depuis la fin de la crise postélectorale qu’à l’occasion de la victoire des Eléphants sur les Equato-guinéens samedi lors du match des quarts de finale de la 28è Coupe d’Afrique des nations (3-0). De Yopougon à Port-Bouët en passant par Adjamé, Treichville, Marcory et Koumassi, d’immenses vagues de supporters ont déferlé dans les rues de la capitale économique, Abidjan, pour saluer le ticket de la demi-finale obtenu avec panache par Didier Drogba et ses camarades. « But oh ! but ! » ou « Drogba est un chef », pouvait-on entendre. Femmes, hommes, enfants, jeunes et moins jeunes sont descendus dans la rue, défiant les automobilistes pour danser, chanter et manifester leur joie. Les automobilistes, eux aussi, acteurs de ces scènes de joie ne se privaient pas de délivrer des numéros de rallye tout en respectant le monde qui était partout dans la rue. Pendant que de véritables grappes humaines avaient fait le siège des artères de la ville, les barrant carrément, dans les maquis et bars, on se saoulait à s’étrangler. Surtout dans les fan-zones installées par Orange, le sponsor officiel de l’événement. Orange, on peut le dire, a réussi le coup de faire vibrer les supporters des Eléphants avec les écrans géants installés dans ces fan-zones à travers tous les quartiers d’Abidjan. Il y avait l’alcool, des phases de jeu, des buts et la joie. C’était la fête. Même la victoire finale à Sénégal 92 n’a pas suscité un tel déferlement humain. Du jamais vu ! Déjà pendant le match, une telle situation était prévisible. Le silence de cimetière et la grosse frustration qui se sont emparés des téléspectateurs lorsque Drogba a raté le penalty en disaient long sur leur attente. Quelques minutes après, il a fallu que le même Drogba, dans une rage pas possible, viole les perches du gardien du NZalang Nacional pour que les Ivoiriens se libèrent. Mais le meilleur était à venir. Didier Drogba qui avait décidément rendez-vous avec l’histoire, allait récidiver sur un coup de tête à la…Drogba (2-0). Le reste ne pouvait qu’être folie et délire. Après le troisième but inscrit par Yaya Touré et le coup de sifflet final qui a tout déclenché. « Il nous reste deux matches… », fait remarquer un supporter à la fois ivre d’alcool et de joie. Les Ivoiriens ne veulent plus s’attarder sur les étapes. Ils sont réalistes. Ils ont été tellement déçus de ne pas arriver en demi-finale, en finale ou de ne pas prendre la Coupe qu’ils ne veulent plus nommer ces étapes. Ils ne parlent plus en termes de quart de finale ou de demi-finale. Ils parlent de matches. « On prend match après match. Sur 6 matches, on a gagné 4, il reste 2 matches », argumentent-il. D’ici le 12 février, il ne reste effectivement que deux matches pour le grand bonheur.
Litié BOAGNON
• Pourquoi le PM s'est tu
• Tout sur son agenda secret
On a enfin des nouvelles de Guillaume Soro. Disons-le tout de suite, le Premier ministre n'est pas en état d'arrestation, comme le laissaient croire de folles rumeurs la nuit dernière. Le bruit avait, en effet, couru tard dans la soirée d'hier qu'il était arrêté et que des troupes étaient déployées à Ferkessedougou, sa ville natale. Il n'en est rien, du moins si l'on en croit un proche collaborateur de Guillaume Soro. Le Premier ministre, nous apprend-il, est de retour à Abidjan depuis trois jours. Où était-il auparavant ? A en croire notre source, il séjournait à Yamoussoukro depuis le départ du président Alassane Ouattara. Il s'y était retiré pour se reposer et observer « une mise au vert » en attendant de reprendre du service. Depuis la capitale politique, il entendait les rumeurs qui circulaient sur son compte mais n'a pas souhaité y répondre pour, selon notre informateur, ne pas lever le voile sur le lieu où il s'est retranché. A Yamoussoukro, Guillaume Soro s'est consacré à préparer la reprise du travail dans la perspective du retour au pays du chef de l'Etat, tout en prenant du bon temps. Vers la fin de la semaine, il est remonté sur Abidjan où il va, dès mardi, diriger le conseil de gouvernement. Le jour suivant, il reprendra ses audiences avec la réception d'une délégation de la Banque Mondiale. Le jeudi prochain, il sera présent au conseil des ministres qui se tiendra en présence du chef de l'Etat, Alassane Ouattara, dont le retour est annoncé pour demain mardi. Guillaume Soro avait donc volontairement fait le mort, laissant enfler les rumeurs sur sa personne. Depuis le départ du président de la République en France le 25 janvier dernier, on était sans nouvelles de son Premier ministre. Celui-ci n'avait plus fait d'apparition publique ni accordé ses audiences auxquelles il nous a habitués. Il devait assister à une cérémonie à l'abattoir d'Abidjan mais a brillé par son absence. Toutes choses qui ont alimenté les rumeurs sur le sort de Guillaume Soro. Il se racontait notamment que le Premier ministre s'était replié sur Bouaké pour marquer sa désapprobation d'avec la volonté du chef de l'Etat de livrer certains chefs de guerre à la Cour pénale internationale (Cpi). D'autres rumeurs laissaient entendre que son silence traduisait son mécontentement devant la possibilité de devoir céder son fauteuil à une personnalité du Pdci, conformément à la promesse faite par Ouattara à Bédié. Info ou intox ? Seule certitude, Guillaume Soro est de retour à Abidjan pour reprendre du service après s'être retranché à Yamoussoukro. Voilà qui devrait mettre un terme aux rumeurs sur son compte.
Assane NIADA
Touré Ahmed Bouah, co-promoteur de l’opération Fourniture de terrains nus aux FRCI (Ex-FDS) croupit dans les geôles du camp de gendarmerie d’Agban, depuis le 20 janvier 2012.
Touré Ahmed Bouah, Président du Conseil d’Administration de Sophia Immobilier, n’est pas libre de ses mouvements. Depuis le 20 janvier 2012, le co-promoteur de l’opération Fourniture de terrains nus aux FRCI (Ex-FDS) est enfermé dans une cellule du camp de gendarmerie d’Agban. Interdit de visite, l’homme est réduit aujourd’hui à sa plus simple expression, et traité selon certaines sources, comme un moins que rien. Que lui reproche-t-on ? Lors d’une tournée dans les casernes du pays, le Chef d’état-major, le Général Soumaïla Bakayoko, avait lancé un ultimatum au PCA de Sophia Immobilier. Dans ses propos relayés par Le Nouveau Réveil, ‘‘Touré Ahmed Bouah avait jusqu’au jeudi 19 janvier 2012 pour proposer une solution, sinon l’opération serait arrêtée et l’argent des souscripteurs au projet remboursé’’. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le chef d’état-major a respecté sa parole. Parce que, au lendemain de l’ultimatum, soit le 20 janvier 2012, Touré Ahmed Bouah a bel et bien été arrêté et jeté dans une cellule du camp d’Agban. Caserne réputée pour avoir vu passer tous ceux qui, à tort ou à raison, constituaient une menace pour la stabilité du territoire. L’on est donc en droit de s’interroger si le PCA de Sophia Immobilier nourrit des ambitions similaires. Pour le savoir, l’homme a été auditionné, plus d’une fois. Selon certaines indiscrétions, l’argent précompté sur les salaires des souscripteurs est bel et bien disponible, sous des comptes séquestres. Comme le PCA de Sophia Immobilier l’a toujours clamé haut et fort. Si tel est le cas, pourquoi Touré Ahmed Bouah croupit –il toujours dans une cellule du camp d’Agban ? Abus d’autorité ou mutisme des grandes oreilles sur des activités peu catholiques menées par l’homme ? Pour l’heure, Touré Ahmed Bouah vit l’enfer sur terre. Loin des siens. Lui qui, quelques mois plus tôt, avait déjà séjourné pendant cinq jours à la Police économique, après l’avènement des nouvelles autorités à la tête du pays. Et qui, sous le régime précédent avait été accusé d’avoir acheminé 06 milliards FCFA à Koné Zakaria, alors Com-Zone de l’ex-rébellion, pour financer un coup d’Etat contre le régime du président Gbagbo. Les autorités compétentes devraient donc sortir de leur mutisme et livrer les conclusions des fins limiers sur les activités du PCA de Sophia Immobilier. Et par la suite, le déférer s’il est fautif ou le libérer si les faits à lui reprochés ne sont pas avérés. Affaire à suivre.
RMK
L’après Bédié est déjà à l’ordre du jour au sein du PDCI-RDA. Des barons du parti ont décidé de porter leur choix sur un des leurs pour remplacer le président Bédié. “Trait-d’Union” a eu, en exclusivité, le nom du prochain président du Pdci.
Qui pour remplacer Henri Konan Bédié, dont le départ de la tête du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) est plus que jamais à l’ordre du jour au sein du parti ? Si la question fait jaser certains au PDCI, d’autres, par contre, manœuvrent en sous mains pour trouver un successeur au président du vieux parti. Aux dernières nouvelles, le député Gaston Ouassénan Koné, président du Conseil des élus du parti, est bien parti pour remplacer Bédié à la tête du PDCI. Ce, à l’issue du prochain congrès, le 12ème du genre, maintes fois repoussé à causes des secousses politiques qu’a connues la Côte d’Ivoire durant ces dernières années. En tout cas, aujourd’hui plus qu’hier, l’organisation d’un congrès au PDCI préoccupe nombres de militants. La question avait déjà été évoquée au sein du parti, avant les législatives de décembre 2011. La contre-performance du PDCI dans cette compétition électorale a grossi les rangs des militants favorables à la tenue d’un congrès ‘‘ici et maintenant’’, en vue de tirer les leçons de la ‘‘débâcle’’ aux législatives. Le 12ème congrès du PDCI, que certains exigent aujourd’hui, mais dont la date reste une inconnue, sera surtout l’occasion de renouveler les instances du parti et les hommes qui les animent. Le Général Ouassénan Koné, Vice-président du PDCI, reste le grand favori pour succéder à Henri Konan Bédié. Selon la source qui nous a ‘’vendu la mèche’’ le week-end dernier, ce sont de hauts responsables du parti (membres du Secrétariat général, du bureau politique et du Conseil des sages) qui ont proposé, au député de Katiola commune, de prendre la présidence du PDCI. Gaston Ouassénan Koné est, aux yeux de beaucoup de responsables PDCI, l’homme politique des grands défis. Pour les législatives du 11 décembre 2011, alors que Bédié- dans un deal avec le chef de l’Etat Ouattara- avait souhaité qu’il ne se présente pas dans la circonscription électorale de Katiola, Fronan et Timbé au nom du PDCI, Ouassénan Koné a réussi à imposer sa candidature et passer haut les mains, dans une région réputée être le bastion du RDR. ‘‘Je suis un général ; quand vous allez à la guerre, vous allez avec tous les atouts de votre côté pour gagner’’, avait-il rassuré avant les dernières législatives. Au PDCI, Ouassénan Koné se présente comme un fonceur et un gagneur, dont le PDCI a besoin aujourd’hui pour redevenir le premier parti politique du pays. En raison des obligations de réserve qui s’imposent aux militaires, c’est seulement à partir de l’an 2000 que le général Ouassénan, gendarme à la retraite, s’est lancé véritablement dans la politique. Sans difficulté, il s’est fait élire, député de Katiola. Au parlement, c’est lui qui a parlé longtemps au nom du PDCI, en sa qualité de président du Groupe parlementaire. Très influent dans son parti, il est écouté et jouit d’une grande cote de popularité. C’est pour cette raison que ses pairs l’ont élu président du Conseil des élus (député, maire et président de conseil général) du Pdci-Rda. Vers fin 2005, lorsqu’il était question de trouver un Premier ministre consensuel pour conduire la transition, l’opposition rassemblée au sein du Rhdp et les ex- Forces nouvelles de Guillaume Soro avaient porté leur choix sur Ouassénan. Malheureusement pour lui, le veto du président Laurent Gbagbo avait freiné la marche du général vers la primature. A 73 ans (il est né le 24 avril 1939 à Katiola), le député Ouassénan Koné passe pour être à la fois un homme simple et un homme de devoir. Il fut d’ailleurs la seule personnalité ivoirienne à avoir occupé deux fois le poste de ministre de la Sécurité (1976-1983 et 1993- 1996). Après avoir quitté le gouvernement en 1983, Ouassénan Koné a été ambassadeur en Argentine, au Chili et en Uruguay. Ce sont autant d’atouts militaires, mais surtout politiques et diplomatiques qui ont poussé de hauts dirigeants du PDCI à porter leur choix sur Ouassénan Koné pour remplacer Bédié. En sera-t-il ainsi à l’issue du prochain congrès du parti? Attendons de voir, surtout que selon notre source, Henri Konan Bédié ne serait pas ‘’chaud’’ pour voir le député de Katiola à la tête du PDCI-RDA.
TRA BI Charles
Une fois de plus, une cérémonie de présentation du livre Côte d'Ivoire, traquenard électoral de Charles Blé Goudé a été empêchée, après celle du 18 janvier 2012 au Baron de Yopougon par les forces de l'ordre. En effet, le café littéraire féminin qu'ont voulu organiser ''les Sentinelles de la paix'' du Cojep autour du livre de leur leader a été interdit par des éléments des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci). L'évènement devrait se tenir le samedi 4 février 2012 au siège de ladite structure, à Yopougon. Alors que les invités à la cérémonie qui se sont massivement déplacés attendaient d'accéder à l'enceinte, ils ont été sommés de quitter les lieux par le Commandant Cissé des Frci présent sur les lieux, entouré de certains de ses éléments. Pourquoi cette opposition ? Zahoura Béatrice, responsable des Sentinelles explique : « Tout allait bien jusqu'à ce matin quand le commandant Touré qui occupait les locaux et avec qui nous avons préparé la cérémonie et discutions de la libération du siège m'a appelé, me demandant de me rendre au commissariat du 19è arrondissement. Là-bas, devant le commissaire Fofana et du Cdt Touré, le Cdt Cissé nous a demandé de ne pas nous présenter au siège, sinon ce sera à nos risques et péril. Pourtant, nous avons l'autorisation du ministère de l'Intérieur et du district de la Police pour cette cérémonie ». Malgré la présence des gendarmes venus pour sécuriser l'évènement, le Cdt Cissé est demeuré hermétique sur sa décision. « Je m'en fous de ceux qui vous ont donné cette autorisation. Ce ne sont pas mes responsables. Si mes responsables me demandent de libérer les lieux, je le ferai », a-t-il lâché. Comme arguments de son refus, il a avancé que des armes ont été trouvées au siège du Cojep dans la semaine et que le livre de Blé Goudé pourrait créer des troubles sociaux. Arguments qu'a réfutés le président par intérim du Cojep, Martial Yavo. « C'est de la machination pour nous empêcher de regagner notre siège. Si des armes avaient été trouvées ici, toute la Côte d'Ivoire aurait su et la justice aurait mis nos locaux sous scellé. Et comment comprendre que c'est à quelques jours de l'évènement qu'on trouve des armes dans un siège occupé depuis la crise par des Frci », s'est-il interrogé. Il a déclaré que « l'attitude du Cdt Cissé démontre qu'on ne sait pas qui commande qui dans ce pays et si l'autorité a un réel pouvoir ». Il a demandé aux autorités de parler d'une seule voix et de permettre que le droit à l'expression et à la réunion soit effectif pour tous les Ivoiriens. Notons que le café littéraire visait deux objectifs : la présentation du livre et sa vente. Au-delà, Zahoura Béatrice a affirmé que son désir était de briser la méfiance qui existe entre une partie de la population et les Frci. C'est pourquoi elle a remercié le Cdt Touré, qui à sa demande, a fait nettoyer le siège du Cojep où elle a pu tenir une réunion préparatoire, le mardi 31 janvier 2012.
César DJEDJE MEL
(Stg)
Il a fallu attendre 8 ans après 2004 pour voir les Aigles voler vers le carré d’as des meilleures nations d’Afrique. Un vol en dents de scie depuis le groupe D où ils sont coiffé le Syli de Guinée au poteau. Même son de cloche, cette fois face aux Panthères du Gabon.
Tout partait si bien pour l’autre pays organisateur de la CAN quand Eric Mouloungui avait le pied parfait à la 55è pour l’ouverture du score. Après une première période marquée par un ballet de ratés, Libreville pouvait vibrer. Jusqu’à la 75è, moment choisi par Alain Giresse pour jeter Tidiane Diabaté dans l’arène. Le technicien français anciennement à la tête du Gabon a eu le nez creux. Son poulain, à la 84è a le but de l’égalisation.
Epuisés les Aigles trainent les Panthères jusqu’aux prolongations puis aux tirs au but. Le plus malheureux et Pierre-Emerick Aubameyang. Le héro d’hier devient son propre bourreau. Déconcentré avec un sourire aux lèvres, le
Stéphanois offre le ballon à Diakité Soumaila, le portier malien. Une aubaine pour les hommes de Bamako qui ne tremblent pas jusqu’à la fin de la séance, à l’image de Seydou Kéita, dernier tireur malien.
Les Aigles ont dans le bec leur cinquième demi-finale de CAN. Et ce sera face à la Côte d’Ivoire pour le choc des voisins ouest-africains. Le mercredi 8 février se vit déjà à Libreville.
Par Patrick GUITEY à Libreville
Étincelant contre la Guinée Équatoriale (3-0), le milieu de terrain ivoirien de Manchester City Yaya Touré a pleinement justifié son titre de meilleur joueur africain 2011. Avec un but somptueux à la clé. (Photo Presse-Sports)
Le ballon, dans une trajectoire parfaite, s'est élevé au dessus du mur équatoguinéen. Sur sa route, un poteau. Rentrant. Danilo, le gardien du Nzalang, ne l'effleurera même pas du bout des gants. Trop puissant, trop incurvé. Didier Drogba, l'homme du soir à Malabo avec son doublé et ce penalty raté, se jette dans les bras du buteur. Yaya Gnegnery Touré, sacré récemment par la Confédération africaine joueur de l'année 2011, rayonne de joie. Le port altier, le visage serein, il ponctue d'un geste de grande classe une rencontre qu'il a dominée de la tête et des épaules.
Au milieu du parc, entre Kafo Coulibaly et Zokora -tiens tiens, deux autre académiciens ! - le boss de Manchester City a régalé. Récupération de ballons, transmission rapide, jeu en pivot, Yaya l'Académicien a récité un football tantôt efficace, tantôt chatoyant. Combien de fois l'a t-on surpris à accélérer entre deux adversaires, avant de lâcher le ballon pour l'un des joueurs offensifs ? Jean-Marc Guillou, son mentor, serait sans doute plus sévère avec cet élève si particulier qu'il a « éduqué » à un football basé sur le plaisir, la passe, la vitesse. Bref, l'harmonie du jeu. Ce Yaya-là, dans ce registre précis, ne connaît pas beaucoup d'équivalents dans le football international. Il n'est plus question de la valeur -très relative- des Equatoguinéens, mais bien du volume de jeu de ce milieu de terrain qui sait tout (bien) faire.
Souvenirs, souvenirs...
On s'est souvenu de ses envolées, du côté de Beveren, il y a de cela dix ans, en Jupiler League belge. Le Freethiel a souvent vibré aux exploits du jeune Yaya, fraîchement débarqué d'Abidjan, qui valait à l'époque 10 buts et dix passes décisives ! Le néo-pro qu'il était enthousiasmait un public qu'il avait su retourner en sa faveur, alors que les supporters avaient accueilli avec scepticisme - c'est un euphémisme - la jeune classe ivoirienne (une douzaine de joueurs) venus de Sol Béni, Abidjan. Yaya Touré est au rendez-vous de la CAN et, à l'instar des Eléphants, est monté en puissance à mesure que sa sélection avançait dans le tournoi. On l'attend dans le « money time », en demi et, qui sait, en finale. Où le général Yaya décrochera définitivement son « bâton de maréchal » !
F.S., à Libreville
Le coup de sifflet final du match opposant la cote d'ivoire à la guinée équatoriale pays co-organisteur de la CAN en phase des quarts de finals était certainement de mauvais augure. Car quelques minutes plutard à Abidjan, les instincts primitifs avaient refaient surface.
En effet, hier samedi 04 février aux environs de 21heures, après la qualification annoncée pour les demi-finales, le pays tout entier s'était lancé dans une animation frénétique. Un oubli de soi et ce à tous les niveaux, avaient pour l'occasion permis aux personnes peux scrupuleuses d'infiltrer les rangs et de déjouer la vigilance des forces de l'ordre.
Ainsi à Abobo dans divers endroits de la commune, des magasins ont pu être cambriolés, des matériels emportés et des personnes ont même été dépouillées de leur bien. Voilà en tout le constat que l'on pouvait faire durant ces moments d'agitation.
Aussi, des filles ivres de joie dans divers endroits ont été accostées et du coup violées par des groupes de personne.
Allant aux faits, le sexe avait primé le terrain ce soir là. La silhouette des jeunes filles qui blessaient sans doute les hormones étaient des motifs plus que valables pour des quidams qui n'avaient plus le contrôle de leur libido.
Alors dans ces conditions, au quartier sogefhia d'Abobo, plusieurs cas de viols et tentatives de vols ont été constatés dans la masse. De même à Adjamé liberté, où les passants n'ont pu échapper au noyau formé juste au rond et qui guettait chaque carrefour.
En plus , les automobilistes en ont payé les frais. Les acrobates du jour n'avaient pas trouvé mieux que les véhicules pour s'exercer. Dans la suite, tous les automobilistes qui avaient la malchance de se trouver dans ces lieux de joie occasionnelles n'avaient que leurs yeux pour apprécier le spectacle parfois alarmant.
Par ailleurs nos "chouchous libérateurs" n'ont pas manqué de se distinguer. Fidèles amis de la kalachnikov, ils se sont essayés à quelques coups de rafales au niveau de la grande gare à la gendarmerie d'Abobo et à pk18. Tout ceci suscitant parfois la panique au sain de la population.
Grâce à un Didier Drogba de feu, la Côte d’Ivoire accède au dernier carré de la CAN grâce à sa victoire sur la Guinée Equatoriale (3-0). Les Éléphants affronteront le Gabon ou le Mali.
Côte d’Ivoire-Guinée Equatoriale 3-0
Côte d’Ivoire : Drogba (37e, 69e), Y. Touré (81e)
Didier Drogba est loin d’être fini. Capitaine d’une sélection qui a beaucoup à prouver dans cette CAN 2012, l’attaquant ivoirien a été le grand artisan du succès de sa formation face à l’un des pays organisateurs, la Guinée Equatoriale. Globalement limitée, la 151eme nation au classement FIFA n’a pas pesé bien lourd dans cette confrontation. Pourtant, les Ivoiriens n’ont pas été franchement flamboyants, à l’image de ce qu’ils montrent depuis le début de la compétition. Supérieurs dans tous les secteurs, les Eléphants se sont surtout appuyés sur leur qualité technique pour faire la différence. Avec des opportunités qui relevaient davantage d’actions individuelles que de séquences collectives. Ainsi, Drogba (2e) et Gradel (9e) allumaient de loin, pendant que ce même Gradel ne profitait pas d’un cafouillage monstrueux pour trouver la faille (24e).
Il fallait en fait attendre une action de l’incontournable Drogba pour voir cette partie se décanter. Lancé plein axe, la star des Eléphants se jouait de deux défenseurs avant de tromper Clementino, le portier guinéen (1-0, 37e). Celui qui avait auparavant raté un penalty (30e) se rachetait de belle manière et lançait son équipe. Car la réaction adverse était bien timide pour perturber la quiétude ivoirienne, Randy étant le seul à solliciter Barry (40e, 45e). Se baladant littéralement en seconde période, la bande à François Zahoui pouvait enfoncer le clou par l’inévitable Drogba, auteur d’un beau coup de tête (2-0, 69e), puis sur un coup franc magistral de Yaya Touré (3-0, 81e). Sans forcer, la Côte d’Ivoire peut attendre sereinement son prochain adversaire en demi-finale…
Les joueurs du match
Si Didier Drogba a été omniprésent dans cette rencontre, signalons également la prestation intéressante de Gervinho. Brouillon en début de partie, le joueur d’Arsenal a su hausser le ton pour finir en trombe. S’il parvient à corriger ses nombreux défauts dans le dernier geste, il sera un atour de poids pour sa nation.
On n’a pas aimé
La Côte d’Ivoire est encore à la recherche de son identité. Ce large succès ne cache pas certains détails à corriger dans cette équipe pour qu’elle devienne davantage consistante. Car il n’y aura pas toujours un adversaire aussi conciliant que la Guinée Equatoriale face à lui. Les Ivoiriens passeront ainsi un véritable test en demi-finale, quelque soit l’adversaire (Gabon ou Mali)…
Le Burida est officiellement retombé, depuis vendredi, dans les serres de l’Etat, avec la mise en place d’un comité scientifique qui laisse dubitatif.
Deux jours après l’Assemblée générale extraordinaire du Burida, le samedi 28 janvier 2012 au Palais de la culture de Treichville, le ministre de la Culture et de Francophonie recevait en son cabinet, au Plateau, des membres du conseil d’administration. Ce fut l’occasion pour quelques uns d’entre eux de relever que la réunion s’est terminée en queue de poisson. Le lendemain c’était au tour du comité ad hoc fraichement mis sur pied par l’Age, de se rendre chez le locataire du 22ème étage de la Tour E. Au terme de leur son rendez-vous, Maurice Bandaman a annoncé, pour le jeudi suivant, une rencontre cette fois-ci, avec le conseil d’administration et le comité ad hoc réunis.
Sans autre forme de procès
Après avoir soutenu pour sa part que l’Age s’est plutôt bien déroulée, Léonard Groguhet avait promis au ministre le procès verbal de l’Age rédigé par le comité dont le comédien était le porte-parole. Comme l’avait si bien souligné Maurice Bandaman lui-même, cette rencontre de jeudi était placée sous le signe de l’apaisement, avant d’exhorter les sociétaires à plus de cohésion dans cette période de réconciliation nationale à l’issue incertaine.
Mais contre toute attente, le ministre a servi à ses hôtes un point de presse. Il annonçait la dissolution du conseil d’administration et l’annulation des résolutions de l’Age en raison de la confusion dans laquelle elle s’était terminée. Le ministre Bandaman a surtout sorti de sa poche le non moins controversé article 67 du décret n°2008-357 portant réforme du Burida. Comme raison fondamentale, il a évoqué un dysfonctionnement au sein du Burida. En Conséquence, il a proclamé un comité dit de réforme de l’institution. Tout le monde était ahuri. Les créateurs invités n’ont pas eu droit à la parole. Mais où se trouve le dysfonctionnement en question pour que, sans autre forme de procès, Maurice Bandaman ait recours à ce fameux article ? Est-ce parce qu’une Age s’est-elle terminée « en queue de poisson » qu’il y a dysfonctionnement ? D’ailleurs, avec ou sans assemblée, le Burida fonctionnait jusque-là. La tutelle, si elle tient tant au bonheur des artistes, n’avait qu’à leur laisser la chance de convoquer une deuxième Age afin qu’ils redressent la barre. Et le fait qu’il ait reconduit Irène Assa Viera pour une période six mois dans ses fonctions de directeur général intérimaire – avant même la tenue de l’Age, renforce davantage les soupçons selon lesquels il y a anguille sous roche.
D’ailleurs, sur quel rapport d’huissier le ministre Maurice Bandaman s’est-il appuyé pour invalider les résolutions d’une assemblée générale, somme toute souveraine ? Sur le dossier, on s’attend à ce que le ministre de la Culture éclaire les lanternes des Ivoiriens.
Ils ne connaissent rien en matière de gestion collective
Au niveau du Comité scientifique à forte coloration politicienne (Rhdp), personne, le gris-gris par lequel il prétend désormais exorciser le Burida, l’on note la présence d’Alpha Blondy, de Tiken Jah, de Meway...et d’A’Salfo. Certes, ils sont des artistes de grande notoriété. Mais que valent-ils dans le domaine de la gestion collective des droits d’auteur ou de la propriété intellectuelle ? Pas grande chose à espérer d’eux. Plus grave encore, ils n’ont jamais pris part à aucune réunion du Burida et ne connaissent rien en matière de gestion collective des droits d’auteurs. Certains d’entre eux se réclament même plus sociétaires de la Sacem que du Burida qu’ils considèrent comme un panier à crabes. Alors comment vont-ils s’y prendre ? Enorme mystère. De plus, ce comité comprend des personnes soupçonnées d’être trempées dans un scandale financier choque dont on ignore encore le dénouement.
En réalité, tout porte à croire que ce comité sera dirigé de mains de fer par Irène Assa Viera qui deviendra du coup une super patronne des créateurs. Il ne faut pas se leurrer, il s’agit d’une anesthésie locale avant des frappes chirurgicales de types nouveaux. En somme, si le ministre Bandaman pense défendre les intérêts des artistes, qu’il revienne à ses esprits. Il n’est pas encore tard. Les décisions qu’il vient de prendre ne feront que renforcer les divergences dans la grande famille des créateurs. Au lieu de colmater les brèches, Maurice Bandaman cultive la méfiance. Un ministre ne doit pas ramer à contre courant. A l’épreuve du « Vivre ensemble », slogan de campagne du Rdr à la présidentielle de novembre 2010, on doit se mettre au-dessus de la mêlée.
Schadé Adédé
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. Folie Orange dans les fan-zones
Les Ivoiriens ne se sont jamais montrés aussi en joie depuis la fin de la crise postélectorale qu’à l’occasion de la victoire des Eléphants sur les Equato-guinéens samedi lors du match des quarts de finale de la 28è Coupe d’Afrique des nations (3-0). De Yopougon à Port-Bouët en passant par Adjamé, Treichville, Marcory et Koumassi, d’immenses vagues de supporters ont déferlé dans les rues de la capitale économique, Abidjan, pour saluer le ticket de la demi-finale obtenu avec panache par Didier Drogba et ses camarades. « But oh ! but ! » ou « Drogba est un chef », pouvait-on entendre. Femmes, hommes, enfants, jeunes et moins jeunes sont descendus dans la rue, défiant les automobilistes pour danser, chanter et manifester leur joie. Les automobilistes, eux aussi, acteurs de ces scènes de joie ne se privaient pas de délivrer des numéros de rallye tout en respectant le monde qui était partout dans la rue. Pendant que de véritables grappes humaines avaient fait le siège des artères de la ville, les barrant carrément, dans les maquis et bars, on se saoulait à s’étrangler. Surtout dans les fan-zones installées par Orange, le sponsor officiel de l’événement. Orange, on peut le dire, a réussi le coup de faire vibrer les supporters des Eléphants avec les écrans géants installés dans ces fan-zones à travers tous les quartiers d’Abidjan. Il y avait l’alcool, des phases de jeu, des buts et la joie. C’était la fête. Même la victoire finale à Sénégal 92 n’a pas suscité un tel déferlement humain. Du jamais vu ! Déjà pendant le match, une telle situation était prévisible. Le silence de cimetière et la grosse frustration qui se sont emparés des téléspectateurs lorsque Drogba a raté le penalty en disaient long sur leur attente. Quelques minutes après, il a fallu que le même Drogba, dans une rage pas possible, viole les perches du gardien du NZalang Nacional pour que les Ivoiriens se libèrent. Mais le meilleur était à venir. Didier Drogba qui avait décidément rendez-vous avec l’histoire, allait récidiver sur un coup de tête à la…Drogba (2-0). Le reste ne pouvait qu’être folie et délire. Après le troisième but inscrit par Yaya Touré et le coup de sifflet final qui a tout déclenché. « Il nous reste deux matches… », fait remarquer un supporter à la fois ivre d’alcool et de joie. Les Ivoiriens ne veulent plus s’attarder sur les étapes. Ils sont réalistes. Ils ont été tellement déçus de ne pas arriver en demi-finale, en finale ou de ne pas prendre la Coupe qu’ils ne veulent plus nommer ces étapes. Ils ne parlent plus en termes de quart de finale ou de demi-finale. Ils parlent de matches. « On prend match après match. Sur 6 matches, on a gagné 4, il reste 2 matches », argumentent-il. D’ici le 12 février, il ne reste effectivement que deux matches pour le grand bonheur.
Litié BOAGNON
• Pourquoi le PM s'est tu
• Tout sur son agenda secret
On a enfin des nouvelles de Guillaume Soro. Disons-le tout de suite, le Premier ministre n'est pas en état d'arrestation, comme le laissaient croire de folles rumeurs la nuit dernière. Le bruit avait, en effet, couru tard dans la soirée d'hier qu'il était arrêté et que des troupes étaient déployées à Ferkessedougou, sa ville natale. Il n'en est rien, du moins si l'on en croit un proche collaborateur de Guillaume Soro. Le Premier ministre, nous apprend-il, est de retour à Abidjan depuis trois jours. Où était-il auparavant ? A en croire notre source, il séjournait à Yamoussoukro depuis le départ du président Alassane Ouattara. Il s'y était retiré pour se reposer et observer « une mise au vert » en attendant de reprendre du service. Depuis la capitale politique, il entendait les rumeurs qui circulaient sur son compte mais n'a pas souhaité y répondre pour, selon notre informateur, ne pas lever le voile sur le lieu où il s'est retranché. A Yamoussoukro, Guillaume Soro s'est consacré à préparer la reprise du travail dans la perspective du retour au pays du chef de l'Etat, tout en prenant du bon temps. Vers la fin de la semaine, il est remonté sur Abidjan où il va, dès mardi, diriger le conseil de gouvernement. Le jour suivant, il reprendra ses audiences avec la réception d'une délégation de la Banque Mondiale. Le jeudi prochain, il sera présent au conseil des ministres qui se tiendra en présence du chef de l'Etat, Alassane Ouattara, dont le retour est annoncé pour demain mardi. Guillaume Soro avait donc volontairement fait le mort, laissant enfler les rumeurs sur sa personne. Depuis le départ du président de la République en France le 25 janvier dernier, on était sans nouvelles de son Premier ministre. Celui-ci n'avait plus fait d'apparition publique ni accordé ses audiences auxquelles il nous a habitués. Il devait assister à une cérémonie à l'abattoir d'Abidjan mais a brillé par son absence. Toutes choses qui ont alimenté les rumeurs sur le sort de Guillaume Soro. Il se racontait notamment que le Premier ministre s'était replié sur Bouaké pour marquer sa désapprobation d'avec la volonté du chef de l'Etat de livrer certains chefs de guerre à la Cour pénale internationale (Cpi). D'autres rumeurs laissaient entendre que son silence traduisait son mécontentement devant la possibilité de devoir céder son fauteuil à une personnalité du Pdci, conformément à la promesse faite par Ouattara à Bédié. Info ou intox ? Seule certitude, Guillaume Soro est de retour à Abidjan pour reprendre du service après s'être retranché à Yamoussoukro. Voilà qui devrait mettre un terme aux rumeurs sur son compte.
Assane NIADA
Touré Ahmed Bouah, co-promoteur de l’opération Fourniture de terrains nus aux FRCI (Ex-FDS) croupit dans les geôles du camp de gendarmerie d’Agban, depuis le 20 janvier 2012.
Touré Ahmed Bouah, Président du Conseil d’Administration de Sophia Immobilier, n’est pas libre de ses mouvements. Depuis le 20 janvier 2012, le co-promoteur de l’opération Fourniture de terrains nus aux FRCI (Ex-FDS) est enfermé dans une cellule du camp de gendarmerie d’Agban. Interdit de visite, l’homme est réduit aujourd’hui à sa plus simple expression, et traité selon certaines sources, comme un moins que rien. Que lui reproche-t-on ? Lors d’une tournée dans les casernes du pays, le Chef d’état-major, le Général Soumaïla Bakayoko, avait lancé un ultimatum au PCA de Sophia Immobilier. Dans ses propos relayés par Le Nouveau Réveil, ‘‘Touré Ahmed Bouah avait jusqu’au jeudi 19 janvier 2012 pour proposer une solution, sinon l’opération serait arrêtée et l’argent des souscripteurs au projet remboursé’’. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le chef d’état-major a respecté sa parole. Parce que, au lendemain de l’ultimatum, soit le 20 janvier 2012, Touré Ahmed Bouah a bel et bien été arrêté et jeté dans une cellule du camp d’Agban. Caserne réputée pour avoir vu passer tous ceux qui, à tort ou à raison, constituaient une menace pour la stabilité du territoire. L’on est donc en droit de s’interroger si le PCA de Sophia Immobilier nourrit des ambitions similaires. Pour le savoir, l’homme a été auditionné, plus d’une fois. Selon certaines indiscrétions, l’argent précompté sur les salaires des souscripteurs est bel et bien disponible, sous des comptes séquestres. Comme le PCA de Sophia Immobilier l’a toujours clamé haut et fort. Si tel est le cas, pourquoi Touré Ahmed Bouah croupit –il toujours dans une cellule du camp d’Agban ? Abus d’autorité ou mutisme des grandes oreilles sur des activités peu catholiques menées par l’homme ? Pour l’heure, Touré Ahmed Bouah vit l’enfer sur terre. Loin des siens. Lui qui, quelques mois plus tôt, avait déjà séjourné pendant cinq jours à la Police économique, après l’avènement des nouvelles autorités à la tête du pays. Et qui, sous le régime précédent avait été accusé d’avoir acheminé 06 milliards FCFA à Koné Zakaria, alors Com-Zone de l’ex-rébellion, pour financer un coup d’Etat contre le régime du président Gbagbo. Les autorités compétentes devraient donc sortir de leur mutisme et livrer les conclusions des fins limiers sur les activités du PCA de Sophia Immobilier. Et par la suite, le déférer s’il est fautif ou le libérer si les faits à lui reprochés ne sont pas avérés. Affaire à suivre.
RMK
L’après Bédié est déjà à l’ordre du jour au sein du PDCI-RDA. Des barons du parti ont décidé de porter leur choix sur un des leurs pour remplacer le président Bédié. “Trait-d’Union” a eu, en exclusivité, le nom du prochain président du Pdci.
Qui pour remplacer Henri Konan Bédié, dont le départ de la tête du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) est plus que jamais à l’ordre du jour au sein du parti ? Si la question fait jaser certains au PDCI, d’autres, par contre, manœuvrent en sous mains pour trouver un successeur au président du vieux parti. Aux dernières nouvelles, le député Gaston Ouassénan Koné, président du Conseil des élus du parti, est bien parti pour remplacer Bédié à la tête du PDCI. Ce, à l’issue du prochain congrès, le 12ème du genre, maintes fois repoussé à causes des secousses politiques qu’a connues la Côte d’Ivoire durant ces dernières années. En tout cas, aujourd’hui plus qu’hier, l’organisation d’un congrès au PDCI préoccupe nombres de militants. La question avait déjà été évoquée au sein du parti, avant les législatives de décembre 2011. La contre-performance du PDCI dans cette compétition électorale a grossi les rangs des militants favorables à la tenue d’un congrès ‘‘ici et maintenant’’, en vue de tirer les leçons de la ‘‘débâcle’’ aux législatives. Le 12ème congrès du PDCI, que certains exigent aujourd’hui, mais dont la date reste une inconnue, sera surtout l’occasion de renouveler les instances du parti et les hommes qui les animent. Le Général Ouassénan Koné, Vice-président du PDCI, reste le grand favori pour succéder à Henri Konan Bédié. Selon la source qui nous a ‘’vendu la mèche’’ le week-end dernier, ce sont de hauts responsables du parti (membres du Secrétariat général, du bureau politique et du Conseil des sages) qui ont proposé, au député de Katiola commune, de prendre la présidence du PDCI. Gaston Ouassénan Koné est, aux yeux de beaucoup de responsables PDCI, l’homme politique des grands défis. Pour les législatives du 11 décembre 2011, alors que Bédié- dans un deal avec le chef de l’Etat Ouattara- avait souhaité qu’il ne se présente pas dans la circonscription électorale de Katiola, Fronan et Timbé au nom du PDCI, Ouassénan Koné a réussi à imposer sa candidature et passer haut les mains, dans une région réputée être le bastion du RDR. ‘‘Je suis un général ; quand vous allez à la guerre, vous allez avec tous les atouts de votre côté pour gagner’’, avait-il rassuré avant les dernières législatives. Au PDCI, Ouassénan Koné se présente comme un fonceur et un gagneur, dont le PDCI a besoin aujourd’hui pour redevenir le premier parti politique du pays. En raison des obligations de réserve qui s’imposent aux militaires, c’est seulement à partir de l’an 2000 que le général Ouassénan, gendarme à la retraite, s’est lancé véritablement dans la politique. Sans difficulté, il s’est fait élire, député de Katiola. Au parlement, c’est lui qui a parlé longtemps au nom du PDCI, en sa qualité de président du Groupe parlementaire. Très influent dans son parti, il est écouté et jouit d’une grande cote de popularité. C’est pour cette raison que ses pairs l’ont élu président du Conseil des élus (député, maire et président de conseil général) du Pdci-Rda. Vers fin 2005, lorsqu’il était question de trouver un Premier ministre consensuel pour conduire la transition, l’opposition rassemblée au sein du Rhdp et les ex- Forces nouvelles de Guillaume Soro avaient porté leur choix sur Ouassénan. Malheureusement pour lui, le veto du président Laurent Gbagbo avait freiné la marche du général vers la primature. A 73 ans (il est né le 24 avril 1939 à Katiola), le député Ouassénan Koné passe pour être à la fois un homme simple et un homme de devoir. Il fut d’ailleurs la seule personnalité ivoirienne à avoir occupé deux fois le poste de ministre de la Sécurité (1976-1983 et 1993- 1996). Après avoir quitté le gouvernement en 1983, Ouassénan Koné a été ambassadeur en Argentine, au Chili et en Uruguay. Ce sont autant d’atouts militaires, mais surtout politiques et diplomatiques qui ont poussé de hauts dirigeants du PDCI à porter leur choix sur Ouassénan Koné pour remplacer Bédié. En sera-t-il ainsi à l’issue du prochain congrès du parti? Attendons de voir, surtout que selon notre source, Henri Konan Bédié ne serait pas ‘’chaud’’ pour voir le député de Katiola à la tête du PDCI-RDA.
TRA BI Charles
Une fois de plus, une cérémonie de présentation du livre Côte d'Ivoire, traquenard électoral de Charles Blé Goudé a été empêchée, après celle du 18 janvier 2012 au Baron de Yopougon par les forces de l'ordre. En effet, le café littéraire féminin qu'ont voulu organiser ''les Sentinelles de la paix'' du Cojep autour du livre de leur leader a été interdit par des éléments des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci). L'évènement devrait se tenir le samedi 4 février 2012 au siège de ladite structure, à Yopougon. Alors que les invités à la cérémonie qui se sont massivement déplacés attendaient d'accéder à l'enceinte, ils ont été sommés de quitter les lieux par le Commandant Cissé des Frci présent sur les lieux, entouré de certains de ses éléments. Pourquoi cette opposition ? Zahoura Béatrice, responsable des Sentinelles explique : « Tout allait bien jusqu'à ce matin quand le commandant Touré qui occupait les locaux et avec qui nous avons préparé la cérémonie et discutions de la libération du siège m'a appelé, me demandant de me rendre au commissariat du 19è arrondissement. Là-bas, devant le commissaire Fofana et du Cdt Touré, le Cdt Cissé nous a demandé de ne pas nous présenter au siège, sinon ce sera à nos risques et péril. Pourtant, nous avons l'autorisation du ministère de l'Intérieur et du district de la Police pour cette cérémonie ». Malgré la présence des gendarmes venus pour sécuriser l'évènement, le Cdt Cissé est demeuré hermétique sur sa décision. « Je m'en fous de ceux qui vous ont donné cette autorisation. Ce ne sont pas mes responsables. Si mes responsables me demandent de libérer les lieux, je le ferai », a-t-il lâché. Comme arguments de son refus, il a avancé que des armes ont été trouvées au siège du Cojep dans la semaine et que le livre de Blé Goudé pourrait créer des troubles sociaux. Arguments qu'a réfutés le président par intérim du Cojep, Martial Yavo. « C'est de la machination pour nous empêcher de regagner notre siège. Si des armes avaient été trouvées ici, toute la Côte d'Ivoire aurait su et la justice aurait mis nos locaux sous scellé. Et comment comprendre que c'est à quelques jours de l'évènement qu'on trouve des armes dans un siège occupé depuis la crise par des Frci », s'est-il interrogé. Il a déclaré que « l'attitude du Cdt Cissé démontre qu'on ne sait pas qui commande qui dans ce pays et si l'autorité a un réel pouvoir ». Il a demandé aux autorités de parler d'une seule voix et de permettre que le droit à l'expression et à la réunion soit effectif pour tous les Ivoiriens. Notons que le café littéraire visait deux objectifs : la présentation du livre et sa vente. Au-delà, Zahoura Béatrice a affirmé que son désir était de briser la méfiance qui existe entre une partie de la population et les Frci. C'est pourquoi elle a remercié le Cdt Touré, qui à sa demande, a fait nettoyer le siège du Cojep où elle a pu tenir une réunion préparatoire, le mardi 31 janvier 2012.
César DJEDJE MEL
(Stg)
Il a fallu attendre 8 ans après 2004 pour voir les Aigles voler vers le carré d’as des meilleures nations d’Afrique. Un vol en dents de scie depuis le groupe D où ils sont coiffé le Syli de Guinée au poteau. Même son de cloche, cette fois face aux Panthères du Gabon.
Tout partait si bien pour l’autre pays organisateur de la CAN quand Eric Mouloungui avait le pied parfait à la 55è pour l’ouverture du score. Après une première période marquée par un ballet de ratés, Libreville pouvait vibrer. Jusqu’à la 75è, moment choisi par Alain Giresse pour jeter Tidiane Diabaté dans l’arène. Le technicien français anciennement à la tête du Gabon a eu le nez creux. Son poulain, à la 84è a le but de l’égalisation.
Epuisés les Aigles trainent les Panthères jusqu’aux prolongations puis aux tirs au but. Le plus malheureux et Pierre-Emerick Aubameyang. Le héro d’hier devient son propre bourreau. Déconcentré avec un sourire aux lèvres, le
Stéphanois offre le ballon à Diakité Soumaila, le portier malien. Une aubaine pour les hommes de Bamako qui ne tremblent pas jusqu’à la fin de la séance, à l’image de Seydou Kéita, dernier tireur malien.
Les Aigles ont dans le bec leur cinquième demi-finale de CAN. Et ce sera face à la Côte d’Ivoire pour le choc des voisins ouest-africains. Le mercredi 8 février se vit déjà à Libreville.
Par Patrick GUITEY à Libreville
Étincelant contre la Guinée Équatoriale (3-0), le milieu de terrain ivoirien de Manchester City Yaya Touré a pleinement justifié son titre de meilleur joueur africain 2011. Avec un but somptueux à la clé. (Photo Presse-Sports)
Le ballon, dans une trajectoire parfaite, s'est élevé au dessus du mur équatoguinéen. Sur sa route, un poteau. Rentrant. Danilo, le gardien du Nzalang, ne l'effleurera même pas du bout des gants. Trop puissant, trop incurvé. Didier Drogba, l'homme du soir à Malabo avec son doublé et ce penalty raté, se jette dans les bras du buteur. Yaya Gnegnery Touré, sacré récemment par la Confédération africaine joueur de l'année 2011, rayonne de joie. Le port altier, le visage serein, il ponctue d'un geste de grande classe une rencontre qu'il a dominée de la tête et des épaules.
Au milieu du parc, entre Kafo Coulibaly et Zokora -tiens tiens, deux autre académiciens ! - le boss de Manchester City a régalé. Récupération de ballons, transmission rapide, jeu en pivot, Yaya l'Académicien a récité un football tantôt efficace, tantôt chatoyant. Combien de fois l'a t-on surpris à accélérer entre deux adversaires, avant de lâcher le ballon pour l'un des joueurs offensifs ? Jean-Marc Guillou, son mentor, serait sans doute plus sévère avec cet élève si particulier qu'il a « éduqué » à un football basé sur le plaisir, la passe, la vitesse. Bref, l'harmonie du jeu. Ce Yaya-là, dans ce registre précis, ne connaît pas beaucoup d'équivalents dans le football international. Il n'est plus question de la valeur -très relative- des Equatoguinéens, mais bien du volume de jeu de ce milieu de terrain qui sait tout (bien) faire.
Souvenirs, souvenirs...
On s'est souvenu de ses envolées, du côté de Beveren, il y a de cela dix ans, en Jupiler League belge. Le Freethiel a souvent vibré aux exploits du jeune Yaya, fraîchement débarqué d'Abidjan, qui valait à l'époque 10 buts et dix passes décisives ! Le néo-pro qu'il était enthousiasmait un public qu'il avait su retourner en sa faveur, alors que les supporters avaient accueilli avec scepticisme - c'est un euphémisme - la jeune classe ivoirienne (une douzaine de joueurs) venus de Sol Béni, Abidjan. Yaya Touré est au rendez-vous de la CAN et, à l'instar des Eléphants, est monté en puissance à mesure que sa sélection avançait dans le tournoi. On l'attend dans le « money time », en demi et, qui sait, en finale. Où le général Yaya décrochera définitivement son « bâton de maréchal » !
F.S., à Libreville
Le coup de sifflet final du match opposant la cote d'ivoire à la guinée équatoriale pays co-organisteur de la CAN en phase des quarts de finals était certainement de mauvais augure. Car quelques minutes plutard à Abidjan, les instincts primitifs avaient refaient surface.
En effet, hier samedi 04 février aux environs de 21heures, après la qualification annoncée pour les demi-finales, le pays tout entier s'était lancé dans une animation frénétique. Un oubli de soi et ce à tous les niveaux, avaient pour l'occasion permis aux personnes peux scrupuleuses d'infiltrer les rangs et de déjouer la vigilance des forces de l'ordre.
Ainsi à Abobo dans divers endroits de la commune, des magasins ont pu être cambriolés, des matériels emportés et des personnes ont même été dépouillées de leur bien. Voilà en tout le constat que l'on pouvait faire durant ces moments d'agitation.
Aussi, des filles ivres de joie dans divers endroits ont été accostées et du coup violées par des groupes de personne.
Allant aux faits, le sexe avait primé le terrain ce soir là. La silhouette des jeunes filles qui blessaient sans doute les hormones étaient des motifs plus que valables pour des quidams qui n'avaient plus le contrôle de leur libido.
Alors dans ces conditions, au quartier sogefhia d'Abobo, plusieurs cas de viols et tentatives de vols ont été constatés dans la masse. De même à Adjamé liberté, où les passants n'ont pu échapper au noyau formé juste au rond et qui guettait chaque carrefour.
En plus , les automobilistes en ont payé les frais. Les acrobates du jour n'avaient pas trouvé mieux que les véhicules pour s'exercer. Dans la suite, tous les automobilistes qui avaient la malchance de se trouver dans ces lieux de joie occasionnelles n'avaient que leurs yeux pour apprécier le spectacle parfois alarmant.
Par ailleurs nos "chouchous libérateurs" n'ont pas manqué de se distinguer. Fidèles amis de la kalachnikov, ils se sont essayés à quelques coups de rafales au niveau de la grande gare à la gendarmerie d'Abobo et à pk18. Tout ceci suscitant parfois la panique au sain de la population.
Grâce à un Didier Drogba de feu, la Côte d’Ivoire accède au dernier carré de la CAN grâce à sa victoire sur la Guinée Equatoriale (3-0). Les Éléphants affronteront le Gabon ou le Mali.
Côte d’Ivoire-Guinée Equatoriale 3-0
Côte d’Ivoire : Drogba (37e, 69e), Y. Touré (81e)
Didier Drogba est loin d’être fini. Capitaine d’une sélection qui a beaucoup à prouver dans cette CAN 2012, l’attaquant ivoirien a été le grand artisan du succès de sa formation face à l’un des pays organisateurs, la Guinée Equatoriale. Globalement limitée, la 151eme nation au classement FIFA n’a pas pesé bien lourd dans cette confrontation. Pourtant, les Ivoiriens n’ont pas été franchement flamboyants, à l’image de ce qu’ils montrent depuis le début de la compétition. Supérieurs dans tous les secteurs, les Eléphants se sont surtout appuyés sur leur qualité technique pour faire la différence. Avec des opportunités qui relevaient davantage d’actions individuelles que de séquences collectives. Ainsi, Drogba (2e) et Gradel (9e) allumaient de loin, pendant que ce même Gradel ne profitait pas d’un cafouillage monstrueux pour trouver la faille (24e).
Il fallait en fait attendre une action de l’incontournable Drogba pour voir cette partie se décanter. Lancé plein axe, la star des Eléphants se jouait de deux défenseurs avant de tromper Clementino, le portier guinéen (1-0, 37e). Celui qui avait auparavant raté un penalty (30e) se rachetait de belle manière et lançait son équipe. Car la réaction adverse était bien timide pour perturber la quiétude ivoirienne, Randy étant le seul à solliciter Barry (40e, 45e). Se baladant littéralement en seconde période, la bande à François Zahoui pouvait enfoncer le clou par l’inévitable Drogba, auteur d’un beau coup de tête (2-0, 69e), puis sur un coup franc magistral de Yaya Touré (3-0, 81e). Sans forcer, la Côte d’Ivoire peut attendre sereinement son prochain adversaire en demi-finale…
Les joueurs du match
Si Didier Drogba a été omniprésent dans cette rencontre, signalons également la prestation intéressante de Gervinho. Brouillon en début de partie, le joueur d’Arsenal a su hausser le ton pour finir en trombe. S’il parvient à corriger ses nombreux défauts dans le dernier geste, il sera un atour de poids pour sa nation.
On n’a pas aimé
La Côte d’Ivoire est encore à la recherche de son identité. Ce large succès ne cache pas certains détails à corriger dans cette équipe pour qu’elle devienne davantage consistante. Car il n’y aura pas toujours un adversaire aussi conciliant que la Guinée Equatoriale face à lui. Les Ivoiriens passeront ainsi un véritable test en demi-finale, quelque soit l’adversaire (Gabon ou Mali)…
Le Burida est officiellement retombé, depuis vendredi, dans les serres de l’Etat, avec la mise en place d’un comité scientifique qui laisse dubitatif.
Deux jours après l’Assemblée générale extraordinaire du Burida, le samedi 28 janvier 2012 au Palais de la culture de Treichville, le ministre de la Culture et de Francophonie recevait en son cabinet, au Plateau, des membres du conseil d’administration. Ce fut l’occasion pour quelques uns d’entre eux de relever que la réunion s’est terminée en queue de poisson. Le lendemain c’était au tour du comité ad hoc fraichement mis sur pied par l’Age, de se rendre chez le locataire du 22ème étage de la Tour E. Au terme de leur son rendez-vous, Maurice Bandaman a annoncé, pour le jeudi suivant, une rencontre cette fois-ci, avec le conseil d’administration et le comité ad hoc réunis.
Sans autre forme de procès
Après avoir soutenu pour sa part que l’Age s’est plutôt bien déroulée, Léonard Groguhet avait promis au ministre le procès verbal de l’Age rédigé par le comité dont le comédien était le porte-parole. Comme l’avait si bien souligné Maurice Bandaman lui-même, cette rencontre de jeudi était placée sous le signe de l’apaisement, avant d’exhorter les sociétaires à plus de cohésion dans cette période de réconciliation nationale à l’issue incertaine.
Mais contre toute attente, le ministre a servi à ses hôtes un point de presse. Il annonçait la dissolution du conseil d’administration et l’annulation des résolutions de l’Age en raison de la confusion dans laquelle elle s’était terminée. Le ministre Bandaman a surtout sorti de sa poche le non moins controversé article 67 du décret n°2008-357 portant réforme du Burida. Comme raison fondamentale, il a évoqué un dysfonctionnement au sein du Burida. En Conséquence, il a proclamé un comité dit de réforme de l’institution. Tout le monde était ahuri. Les créateurs invités n’ont pas eu droit à la parole. Mais où se trouve le dysfonctionnement en question pour que, sans autre forme de procès, Maurice Bandaman ait recours à ce fameux article ? Est-ce parce qu’une Age s’est-elle terminée « en queue de poisson » qu’il y a dysfonctionnement ? D’ailleurs, avec ou sans assemblée, le Burida fonctionnait jusque-là. La tutelle, si elle tient tant au bonheur des artistes, n’avait qu’à leur laisser la chance de convoquer une deuxième Age afin qu’ils redressent la barre. Et le fait qu’il ait reconduit Irène Assa Viera pour une période six mois dans ses fonctions de directeur général intérimaire – avant même la tenue de l’Age, renforce davantage les soupçons selon lesquels il y a anguille sous roche.
D’ailleurs, sur quel rapport d’huissier le ministre Maurice Bandaman s’est-il appuyé pour invalider les résolutions d’une assemblée générale, somme toute souveraine ? Sur le dossier, on s’attend à ce que le ministre de la Culture éclaire les lanternes des Ivoiriens.
Ils ne connaissent rien en matière de gestion collective
Au niveau du Comité scientifique à forte coloration politicienne (Rhdp), personne, le gris-gris par lequel il prétend désormais exorciser le Burida, l’on note la présence d’Alpha Blondy, de Tiken Jah, de Meway...et d’A’Salfo. Certes, ils sont des artistes de grande notoriété. Mais que valent-ils dans le domaine de la gestion collective des droits d’auteur ou de la propriété intellectuelle ? Pas grande chose à espérer d’eux. Plus grave encore, ils n’ont jamais pris part à aucune réunion du Burida et ne connaissent rien en matière de gestion collective des droits d’auteurs. Certains d’entre eux se réclament même plus sociétaires de la Sacem que du Burida qu’ils considèrent comme un panier à crabes. Alors comment vont-ils s’y prendre ? Enorme mystère. De plus, ce comité comprend des personnes soupçonnées d’être trempées dans un scandale financier choque dont on ignore encore le dénouement.
En réalité, tout porte à croire que ce comité sera dirigé de mains de fer par Irène Assa Viera qui deviendra du coup une super patronne des créateurs. Il ne faut pas se leurrer, il s’agit d’une anesthésie locale avant des frappes chirurgicales de types nouveaux. En somme, si le ministre Bandaman pense défendre les intérêts des artistes, qu’il revienne à ses esprits. Il n’est pas encore tard. Les décisions qu’il vient de prendre ne feront que renforcer les divergences dans la grande famille des créateurs. Au lieu de colmater les brèches, Maurice Bandaman cultive la méfiance. Un ministre ne doit pas ramer à contre courant. A l’épreuve du « Vivre ensemble », slogan de campagne du Rdr à la présidentielle de novembre 2010, on doit se mettre au-dessus de la mêlée.
Schadé Adédé
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. Folie Orange dans les fan-zones
Les Ivoiriens ne se sont jamais montrés aussi en joie depuis la fin de la crise postélectorale qu’à l’occasion de la victoire des Eléphants sur les Equato-guinéens samedi lors du match des quarts de finale de la 28è Coupe d’Afrique des nations (3-0). De Yopougon à Port-Bouët en passant par Adjamé, Treichville, Marcory et Koumassi, d’immenses vagues de supporters ont déferlé dans les rues de la capitale économique, Abidjan, pour saluer le ticket de la demi-finale obtenu avec panache par Didier Drogba et ses camarades. « But oh ! but ! » ou « Drogba est un chef », pouvait-on entendre. Femmes, hommes, enfants, jeunes et moins jeunes sont descendus dans la rue, défiant les automobilistes pour danser, chanter et manifester leur joie. Les automobilistes, eux aussi, acteurs de ces scènes de joie ne se privaient pas de délivrer des numéros de rallye tout en respectant le monde qui était partout dans la rue. Pendant que de véritables grappes humaines avaient fait le siège des artères de la ville, les barrant carrément, dans les maquis et bars, on se saoulait à s’étrangler. Surtout dans les fan-zones installées par Orange, le sponsor officiel de l’événement. Orange, on peut le dire, a réussi le coup de faire vibrer les supporters des Eléphants avec les écrans géants installés dans ces fan-zones à travers tous les quartiers d’Abidjan. Il y avait l’alcool, des phases de jeu, des buts et la joie. C’était la fête. Même la victoire finale à Sénégal 92 n’a pas suscité un tel déferlement humain. Du jamais vu ! Déjà pendant le match, une telle situation était prévisible. Le silence de cimetière et la grosse frustration qui se sont emparés des téléspectateurs lorsque Drogba a raté le penalty en disaient long sur leur attente. Quelques minutes après, il a fallu que le même Drogba, dans une rage pas possible, viole les perches du gardien du NZalang Nacional pour que les Ivoiriens se libèrent. Mais le meilleur était à venir. Didier Drogba qui avait décidément rendez-vous avec l’histoire, allait récidiver sur un coup de tête à la…Drogba (2-0). Le reste ne pouvait qu’être folie et délire. Après le troisième but inscrit par Yaya Touré et le coup de sifflet final qui a tout déclenché. « Il nous reste deux matches… », fait remarquer un supporter à la fois ivre d’alcool et de joie. Les Ivoiriens ne veulent plus s’attarder sur les étapes. Ils sont réalistes. Ils ont été tellement déçus de ne pas arriver en demi-finale, en finale ou de ne pas prendre la Coupe qu’ils ne veulent plus nommer ces étapes. Ils ne parlent plus en termes de quart de finale ou de demi-finale. Ils parlent de matches. « On prend match après match. Sur 6 matches, on a gagné 4, il reste 2 matches », argumentent-il. D’ici le 12 février, il ne reste effectivement que deux matches pour le grand bonheur.
Litié BOAGNON
• Pourquoi le PM s'est tu
• Tout sur son agenda secret
On a enfin des nouvelles de Guillaume Soro. Disons-le tout de suite, le Premier ministre n'est pas en état d'arrestation, comme le laissaient croire de folles rumeurs la nuit dernière. Le bruit avait, en effet, couru tard dans la soirée d'hier qu'il était arrêté et que des troupes étaient déployées à Ferkessedougou, sa ville natale. Il n'en est rien, du moins si l'on en croit un proche collaborateur de Guillaume Soro. Le Premier ministre, nous apprend-il, est de retour à Abidjan depuis trois jours. Où était-il auparavant ? A en croire notre source, il séjournait à Yamoussoukro depuis le départ du président Alassane Ouattara. Il s'y était retiré pour se reposer et observer « une mise au vert » en attendant de reprendre du service. Depuis la capitale politique, il entendait les rumeurs qui circulaient sur son compte mais n'a pas souhaité y répondre pour, selon notre informateur, ne pas lever le voile sur le lieu où il s'est retranché. A Yamoussoukro, Guillaume Soro s'est consacré à préparer la reprise du travail dans la perspective du retour au pays du chef de l'Etat, tout en prenant du bon temps. Vers la fin de la semaine, il est remonté sur Abidjan où il va, dès mardi, diriger le conseil de gouvernement. Le jour suivant, il reprendra ses audiences avec la réception d'une délégation de la Banque Mondiale. Le jeudi prochain, il sera présent au conseil des ministres qui se tiendra en présence du chef de l'Etat, Alassane Ouattara, dont le retour est annoncé pour demain mardi. Guillaume Soro avait donc volontairement fait le mort, laissant enfler les rumeurs sur sa personne. Depuis le départ du président de la République en France le 25 janvier dernier, on était sans nouvelles de son Premier ministre. Celui-ci n'avait plus fait d'apparition publique ni accordé ses audiences auxquelles il nous a habitués. Il devait assister à une cérémonie à l'abattoir d'Abidjan mais a brillé par son absence. Toutes choses qui ont alimenté les rumeurs sur le sort de Guillaume Soro. Il se racontait notamment que le Premier ministre s'était replié sur Bouaké pour marquer sa désapprobation d'avec la volonté du chef de l'Etat de livrer certains chefs de guerre à la Cour pénale internationale (Cpi). D'autres rumeurs laissaient entendre que son silence traduisait son mécontentement devant la possibilité de devoir céder son fauteuil à une personnalité du Pdci, conformément à la promesse faite par Ouattara à Bédié. Info ou intox ? Seule certitude, Guillaume Soro est de retour à Abidjan pour reprendre du service après s'être retranché à Yamoussoukro. Voilà qui devrait mettre un terme aux rumeurs sur son compte.
Assane NIADA
Touré Ahmed Bouah, co-promoteur de l’opération Fourniture de terrains nus aux FRCI (Ex-FDS) croupit dans les geôles du camp de gendarmerie d’Agban, depuis le 20 janvier 2012.
Touré Ahmed Bouah, Président du Conseil d’Administration de Sophia Immobilier, n’est pas libre de ses mouvements. Depuis le 20 janvier 2012, le co-promoteur de l’opération Fourniture de terrains nus aux FRCI (Ex-FDS) est enfermé dans une cellule du camp de gendarmerie d’Agban. Interdit de visite, l’homme est réduit aujourd’hui à sa plus simple expression, et traité selon certaines sources, comme un moins que rien. Que lui reproche-t-on ? Lors d’une tournée dans les casernes du pays, le Chef d’état-major, le Général Soumaïla Bakayoko, avait lancé un ultimatum au PCA de Sophia Immobilier. Dans ses propos relayés par Le Nouveau Réveil, ‘‘Touré Ahmed Bouah avait jusqu’au jeudi 19 janvier 2012 pour proposer une solution, sinon l’opération serait arrêtée et l’argent des souscripteurs au projet remboursé’’. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le chef d’état-major a respecté sa parole. Parce que, au lendemain de l’ultimatum, soit le 20 janvier 2012, Touré Ahmed Bouah a bel et bien été arrêté et jeté dans une cellule du camp d’Agban. Caserne réputée pour avoir vu passer tous ceux qui, à tort ou à raison, constituaient une menace pour la stabilité du territoire. L’on est donc en droit de s’interroger si le PCA de Sophia Immobilier nourrit des ambitions similaires. Pour le savoir, l’homme a été auditionné, plus d’une fois. Selon certaines indiscrétions, l’argent précompté sur les salaires des souscripteurs est bel et bien disponible, sous des comptes séquestres. Comme le PCA de Sophia Immobilier l’a toujours clamé haut et fort. Si tel est le cas, pourquoi Touré Ahmed Bouah croupit –il toujours dans une cellule du camp d’Agban ? Abus d’autorité ou mutisme des grandes oreilles sur des activités peu catholiques menées par l’homme ? Pour l’heure, Touré Ahmed Bouah vit l’enfer sur terre. Loin des siens. Lui qui, quelques mois plus tôt, avait déjà séjourné pendant cinq jours à la Police économique, après l’avènement des nouvelles autorités à la tête du pays. Et qui, sous le régime précédent avait été accusé d’avoir acheminé 06 milliards FCFA à Koné Zakaria, alors Com-Zone de l’ex-rébellion, pour financer un coup d’Etat contre le régime du président Gbagbo. Les autorités compétentes devraient donc sortir de leur mutisme et livrer les conclusions des fins limiers sur les activités du PCA de Sophia Immobilier. Et par la suite, le déférer s’il est fautif ou le libérer si les faits à lui reprochés ne sont pas avérés. Affaire à suivre.
RMK
L’après Bédié est déjà à l’ordre du jour au sein du PDCI-RDA. Des barons du parti ont décidé de porter leur choix sur un des leurs pour remplacer le président Bédié. “Trait-d’Union” a eu, en exclusivité, le nom du prochain président du Pdci.
Qui pour remplacer Henri Konan Bédié, dont le départ de la tête du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) est plus que jamais à l’ordre du jour au sein du parti ? Si la question fait jaser certains au PDCI, d’autres, par contre, manœuvrent en sous mains pour trouver un successeur au président du vieux parti. Aux dernières nouvelles, le député Gaston Ouassénan Koné, président du Conseil des élus du parti, est bien parti pour remplacer Bédié à la tête du PDCI. Ce, à l’issue du prochain congrès, le 12ème du genre, maintes fois repoussé à causes des secousses politiques qu’a connues la Côte d’Ivoire durant ces dernières années. En tout cas, aujourd’hui plus qu’hier, l’organisation d’un congrès au PDCI préoccupe nombres de militants. La question avait déjà été évoquée au sein du parti, avant les législatives de décembre 2011. La contre-performance du PDCI dans cette compétition électorale a grossi les rangs des militants favorables à la tenue d’un congrès ‘‘ici et maintenant’’, en vue de tirer les leçons de la ‘‘débâcle’’ aux législatives. Le 12ème congrès du PDCI, que certains exigent aujourd’hui, mais dont la date reste une inconnue, sera surtout l’occasion de renouveler les instances du parti et les hommes qui les animent. Le Général Ouassénan Koné, Vice-président du PDCI, reste le grand favori pour succéder à Henri Konan Bédié. Selon la source qui nous a ‘’vendu la mèche’’ le week-end dernier, ce sont de hauts responsables du parti (membres du Secrétariat général, du bureau politique et du Conseil des sages) qui ont proposé, au député de Katiola commune, de prendre la présidence du PDCI. Gaston Ouassénan Koné est, aux yeux de beaucoup de responsables PDCI, l’homme politique des grands défis. Pour les législatives du 11 décembre 2011, alors que Bédié- dans un deal avec le chef de l’Etat Ouattara- avait souhaité qu’il ne se présente pas dans la circonscription électorale de Katiola, Fronan et Timbé au nom du PDCI, Ouassénan Koné a réussi à imposer sa candidature et passer haut les mains, dans une région réputée être le bastion du RDR. ‘‘Je suis un général ; quand vous allez à la guerre, vous allez avec tous les atouts de votre côté pour gagner’’, avait-il rassuré avant les dernières législatives. Au PDCI, Ouassénan Koné se présente comme un fonceur et un gagneur, dont le PDCI a besoin aujourd’hui pour redevenir le premier parti politique du pays. En raison des obligations de réserve qui s’imposent aux militaires, c’est seulement à partir de l’an 2000 que le général Ouassénan, gendarme à la retraite, s’est lancé véritablement dans la politique. Sans difficulté, il s’est fait élire, député de Katiola. Au parlement, c’est lui qui a parlé longtemps au nom du PDCI, en sa qualité de président du Groupe parlementaire. Très influent dans son parti, il est écouté et jouit d’une grande cote de popularité. C’est pour cette raison que ses pairs l’ont élu président du Conseil des élus (député, maire et président de conseil général) du Pdci-Rda. Vers fin 2005, lorsqu’il était question de trouver un Premier ministre consensuel pour conduire la transition, l’opposition rassemblée au sein du Rhdp et les ex- Forces nouvelles de Guillaume Soro avaient porté leur choix sur Ouassénan. Malheureusement pour lui, le veto du président Laurent Gbagbo avait freiné la marche du général vers la primature. A 73 ans (il est né le 24 avril 1939 à Katiola), le député Ouassénan Koné passe pour être à la fois un homme simple et un homme de devoir. Il fut d’ailleurs la seule personnalité ivoirienne à avoir occupé deux fois le poste de ministre de la Sécurité (1976-1983 et 1993- 1996). Après avoir quitté le gouvernement en 1983, Ouassénan Koné a été ambassadeur en Argentine, au Chili et en Uruguay. Ce sont autant d’atouts militaires, mais surtout politiques et diplomatiques qui ont poussé de hauts dirigeants du PDCI à porter leur choix sur Ouassénan Koné pour remplacer Bédié. En sera-t-il ainsi à l’issue du prochain congrès du parti? Attendons de voir, surtout que selon notre source, Henri Konan Bédié ne serait pas ‘’chaud’’ pour voir le député de Katiola à la tête du PDCI-RDA.
TRA BI Charles
Une fois de plus, une cérémonie de présentation du livre Côte d'Ivoire, traquenard électoral de Charles Blé Goudé a été empêchée, après celle du 18 janvier 2012 au Baron de Yopougon par les forces de l'ordre. En effet, le café littéraire féminin qu'ont voulu organiser ''les Sentinelles de la paix'' du Cojep autour du livre de leur leader a été interdit par des éléments des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci). L'évènement devrait se tenir le samedi 4 février 2012 au siège de ladite structure, à Yopougon. Alors que les invités à la cérémonie qui se sont massivement déplacés attendaient d'accéder à l'enceinte, ils ont été sommés de quitter les lieux par le Commandant Cissé des Frci présent sur les lieux, entouré de certains de ses éléments. Pourquoi cette opposition ? Zahoura Béatrice, responsable des Sentinelles explique : « Tout allait bien jusqu'à ce matin quand le commandant Touré qui occupait les locaux et avec qui nous avons préparé la cérémonie et discutions de la libération du siège m'a appelé, me demandant de me rendre au commissariat du 19è arrondissement. Là-bas, devant le commissaire Fofana et du Cdt Touré, le Cdt Cissé nous a demandé de ne pas nous présenter au siège, sinon ce sera à nos risques et péril. Pourtant, nous avons l'autorisation du ministère de l'Intérieur et du district de la Police pour cette cérémonie ». Malgré la présence des gendarmes venus pour sécuriser l'évènement, le Cdt Cissé est demeuré hermétique sur sa décision. « Je m'en fous de ceux qui vous ont donné cette autorisation. Ce ne sont pas mes responsables. Si mes responsables me demandent de libérer les lieux, je le ferai », a-t-il lâché. Comme arguments de son refus, il a avancé que des armes ont été trouvées au siège du Cojep dans la semaine et que le livre de Blé Goudé pourrait créer des troubles sociaux. Arguments qu'a réfutés le président par intérim du Cojep, Martial Yavo. « C'est de la machination pour nous empêcher de regagner notre siège. Si des armes avaient été trouvées ici, toute la Côte d'Ivoire aurait su et la justice aurait mis nos locaux sous scellé. Et comment comprendre que c'est à quelques jours de l'évènement qu'on trouve des armes dans un siège occupé depuis la crise par des Frci », s'est-il interrogé. Il a déclaré que « l'attitude du Cdt Cissé démontre qu'on ne sait pas qui commande qui dans ce pays et si l'autorité a un réel pouvoir ». Il a demandé aux autorités de parler d'une seule voix et de permettre que le droit à l'expression et à la réunion soit effectif pour tous les Ivoiriens. Notons que le café littéraire visait deux objectifs : la présentation du livre et sa vente. Au-delà, Zahoura Béatrice a affirmé que son désir était de briser la méfiance qui existe entre une partie de la population et les Frci. C'est pourquoi elle a remercié le Cdt Touré, qui à sa demande, a fait nettoyer le siège du Cojep où elle a pu tenir une réunion préparatoire, le mardi 31 janvier 2012.
César DJEDJE MEL
(Stg)
Il a fallu attendre 8 ans après 2004 pour voir les Aigles voler vers le carré d’as des meilleures nations d’Afrique. Un vol en dents de scie depuis le groupe D où ils sont coiffé le Syli de Guinée au poteau. Même son de cloche, cette fois face aux Panthères du Gabon.
Tout partait si bien pour l’autre pays organisateur de la CAN quand Eric Mouloungui avait le pied parfait à la 55è pour l’ouverture du score. Après une première période marquée par un ballet de ratés, Libreville pouvait vibrer. Jusqu’à la 75è, moment choisi par Alain Giresse pour jeter Tidiane Diabaté dans l’arène. Le technicien français anciennement à la tête du Gabon a eu le nez creux. Son poulain, à la 84è a le but de l’égalisation.
Epuisés les Aigles trainent les Panthères jusqu’aux prolongations puis aux tirs au but. Le plus malheureux et Pierre-Emerick Aubameyang. Le héro d’hier devient son propre bourreau. Déconcentré avec un sourire aux lèvres, le
Stéphanois offre le ballon à Diakité Soumaila, le portier malien. Une aubaine pour les hommes de Bamako qui ne tremblent pas jusqu’à la fin de la séance, à l’image de Seydou Kéita, dernier tireur malien.
Les Aigles ont dans le bec leur cinquième demi-finale de CAN. Et ce sera face à la Côte d’Ivoire pour le choc des voisins ouest-africains. Le mercredi 8 février se vit déjà à Libreville.
Par Patrick GUITEY à Libreville
Étincelant contre la Guinée Équatoriale (3-0), le milieu de terrain ivoirien de Manchester City Yaya Touré a pleinement justifié son titre de meilleur joueur africain 2011. Avec un but somptueux à la clé. (Photo Presse-Sports)
Le ballon, dans une trajectoire parfaite, s'est élevé au dessus du mur équatoguinéen. Sur sa route, un poteau. Rentrant. Danilo, le gardien du Nzalang, ne l'effleurera même pas du bout des gants. Trop puissant, trop incurvé. Didier Drogba, l'homme du soir à Malabo avec son doublé et ce penalty raté, se jette dans les bras du buteur. Yaya Gnegnery Touré, sacré récemment par la Confédération africaine joueur de l'année 2011, rayonne de joie. Le port altier, le visage serein, il ponctue d'un geste de grande classe une rencontre qu'il a dominée de la tête et des épaules.
Au milieu du parc, entre Kafo Coulibaly et Zokora -tiens tiens, deux autre académiciens ! - le boss de Manchester City a régalé. Récupération de ballons, transmission rapide, jeu en pivot, Yaya l'Académicien a récité un football tantôt efficace, tantôt chatoyant. Combien de fois l'a t-on surpris à accélérer entre deux adversaires, avant de lâcher le ballon pour l'un des joueurs offensifs ? Jean-Marc Guillou, son mentor, serait sans doute plus sévère avec cet élève si particulier qu'il a « éduqué » à un football basé sur le plaisir, la passe, la vitesse. Bref, l'harmonie du jeu. Ce Yaya-là, dans ce registre précis, ne connaît pas beaucoup d'équivalents dans le football international. Il n'est plus question de la valeur -très relative- des Equatoguinéens, mais bien du volume de jeu de ce milieu de terrain qui sait tout (bien) faire.
Souvenirs, souvenirs...
On s'est souvenu de ses envolées, du côté de Beveren, il y a de cela dix ans, en Jupiler League belge. Le Freethiel a souvent vibré aux exploits du jeune Yaya, fraîchement débarqué d'Abidjan, qui valait à l'époque 10 buts et dix passes décisives ! Le néo-pro qu'il était enthousiasmait un public qu'il avait su retourner en sa faveur, alors que les supporters avaient accueilli avec scepticisme - c'est un euphémisme - la jeune classe ivoirienne (une douzaine de joueurs) venus de Sol Béni, Abidjan. Yaya Touré est au rendez-vous de la CAN et, à l'instar des Eléphants, est monté en puissance à mesure que sa sélection avançait dans le tournoi. On l'attend dans le « money time », en demi et, qui sait, en finale. Où le général Yaya décrochera définitivement son « bâton de maréchal » !
F.S., à Libreville
Le coup de sifflet final du match opposant la cote d'ivoire à la guinée équatoriale pays co-organisteur de la CAN en phase des quarts de finals était certainement de mauvais augure. Car quelques minutes plutard à Abidjan, les instincts primitifs avaient refaient surface.
En effet, hier samedi 04 février aux environs de 21heures, après la qualification annoncée pour les demi-finales, le pays tout entier s'était lancé dans une animation frénétique. Un oubli de soi et ce à tous les niveaux, avaient pour l'occasion permis aux personnes peux scrupuleuses d'infiltrer les rangs et de déjouer la vigilance des forces de l'ordre.
Ainsi à Abobo dans divers endroits de la commune, des magasins ont pu être cambriolés, des matériels emportés et des personnes ont même été dépouillées de leur bien. Voilà en tout le constat que l'on pouvait faire durant ces moments d'agitation.
Aussi, des filles ivres de joie dans divers endroits ont été accostées et du coup violées par des groupes de personne.
Allant aux faits, le sexe avait primé le terrain ce soir là. La silhouette des jeunes filles qui blessaient sans doute les hormones étaient des motifs plus que valables pour des quidams qui n'avaient plus le contrôle de leur libido.
Alors dans ces conditions, au quartier sogefhia d'Abobo, plusieurs cas de viols et tentatives de vols ont été constatés dans la masse. De même à Adjamé liberté, où les passants n'ont pu échapper au noyau formé juste au rond et qui guettait chaque carrefour.
En plus , les automobilistes en ont payé les frais. Les acrobates du jour n'avaient pas trouvé mieux que les véhicules pour s'exercer. Dans la suite, tous les automobilistes qui avaient la malchance de se trouver dans ces lieux de joie occasionnelles n'avaient que leurs yeux pour apprécier le spectacle parfois alarmant.
Par ailleurs nos "chouchous libérateurs" n'ont pas manqué de se distinguer. Fidèles amis de la kalachnikov, ils se sont essayés à quelques coups de rafales au niveau de la grande gare à la gendarmerie d'Abobo et à pk18. Tout ceci suscitant parfois la panique au sain de la population.
Grâce à un Didier Drogba de feu, la Côte d’Ivoire accède au dernier carré de la CAN grâce à sa victoire sur la Guinée Equatoriale (3-0). Les Éléphants affronteront le Gabon ou le Mali.
Côte d’Ivoire-Guinée Equatoriale 3-0
Côte d’Ivoire : Drogba (37e, 69e), Y. Touré (81e)
Didier Drogba est loin d’être fini. Capitaine d’une sélection qui a beaucoup à prouver dans cette CAN 2012, l’attaquant ivoirien a été le grand artisan du succès de sa formation face à l’un des pays organisateurs, la Guinée Equatoriale. Globalement limitée, la 151eme nation au classement FIFA n’a pas pesé bien lourd dans cette confrontation. Pourtant, les Ivoiriens n’ont pas été franchement flamboyants, à l’image de ce qu’ils montrent depuis le début de la compétition. Supérieurs dans tous les secteurs, les Eléphants se sont surtout appuyés sur leur qualité technique pour faire la différence. Avec des opportunités qui relevaient davantage d’actions individuelles que de séquences collectives. Ainsi, Drogba (2e) et Gradel (9e) allumaient de loin, pendant que ce même Gradel ne profitait pas d’un cafouillage monstrueux pour trouver la faille (24e).
Il fallait en fait attendre une action de l’incontournable Drogba pour voir cette partie se décanter. Lancé plein axe, la star des Eléphants se jouait de deux défenseurs avant de tromper Clementino, le portier guinéen (1-0, 37e). Celui qui avait auparavant raté un penalty (30e) se rachetait de belle manière et lançait son équipe. Car la réaction adverse était bien timide pour perturber la quiétude ivoirienne, Randy étant le seul à solliciter Barry (40e, 45e). Se baladant littéralement en seconde période, la bande à François Zahoui pouvait enfoncer le clou par l’inévitable Drogba, auteur d’un beau coup de tête (2-0, 69e), puis sur un coup franc magistral de Yaya Touré (3-0, 81e). Sans forcer, la Côte d’Ivoire peut attendre sereinement son prochain adversaire en demi-finale…
Les joueurs du match
Si Didier Drogba a été omniprésent dans cette rencontre, signalons également la prestation intéressante de Gervinho. Brouillon en début de partie, le joueur d’Arsenal a su hausser le ton pour finir en trombe. S’il parvient à corriger ses nombreux défauts dans le dernier geste, il sera un atour de poids pour sa nation.
On n’a pas aimé
La Côte d’Ivoire est encore à la recherche de son identité. Ce large succès ne cache pas certains détails à corriger dans cette équipe pour qu’elle devienne davantage consistante. Car il n’y aura pas toujours un adversaire aussi conciliant que la Guinée Equatoriale face à lui. Les Ivoiriens passeront ainsi un véritable test en demi-finale, quelque soit l’adversaire (Gabon ou Mali)…