Côte d'Ivoire : les quatre plaies des Eléphants à soigner avant le Mondial

  • publiè le : 2026-04-12 17:59:01
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Côte d'Ivoire : les quatre plaies des Eléphants à soigner avant le Mondial
A moins de trois mois de la Coupe du monde 2026, la Côte d'Ivoire, triple championne d'Afrique, traîne des lacunes dont elle devra se débarrasser pour espérer faire une bonne compétition aux USA, au Canada et au Mexique.

La Côte d'Ivoire a perdu son titre de champion d'Afrique en titre en sortant en quarts de finale de la CAN 2025 mais elle s'apprête à aller à la conquête du monde lors du Mondial 2026 (11 Juin-19 Juillet 2026 ) prévu aux USA, au Canada et au Mexique. Pour réussir son retour au banquet international du football, elle compte sur ses forces. Mais elle a aussi des faiblesses qu'il faudra gommer afin d'être performante face à l'Equateur, à l'Allemagne et à Curação au premier tour.

Une attaque en quête de rédemption
Les attaquants ivoiriens se bousculent mais ils sont loin de faire l'unanimité et la décision à chaque rassemblement. Sur la dernière liste du mois de mars 2026, ils étaient 8 dont 6 ailiers et 2 attaquants de pointe. Simon Adingra, Amad Diallo, Nicolas Pépé, Godo Martial, Touré Bazoumana et Traoré Bénie étaient chargés de la percussion sur les deux côtés de l'attaque tandis que Guessand et Wahi faisaient office de "tueurs".

Mais le problème c'est que les pointes ivoiriennes sont loin, en termes de stats, de plusieurs de leurs homologues africains et mondiaux. Mieux, aucun buteur ivoirien ne fait réellement peur. Yan Diomandé ( 10 buts, 6 passes décisives en 27 matches), Martial Godo ( 8 buts, une passe décisives en 23 matches), Elye Wahi (4 buts, 2 passes décisives en 11 matches), Nicolas Pépé (5 buts, 4 passes en 29 matches), sont les plus prolifiques parmi les joueurs réguliers. Des stats pas vraiment affolantes en dehors de celles de Yan Diomandé, qui est aujourd'hui seul au sommet de son art.

"Amad Diallo, Yan Diomandé, Martial Godo sont les attaquants ivoiriens les plus en vue aujourd'hui mais en termes de statistiques, ils ne peuvent pas rivaliser avec ceux des grandes nations européennes qu'on va rencontrer en poules et qu'on pourrait rencontrer à la Coupe du monde. A la CAN 2025 au Maroc, notre fer de lance, c'était Amad Diallo, qui a été élu 3 fois homme du matches en 5 rencontres, mais à United, ses stats sont faibles. Au Maroc, il a inscrit 3 buts et fait une passe décisive en 5 matches tandis qu'à United il n'a que 2 buts et 2 passes en 25 rencontres de Premier League.", analyse Choilio Diomandé, consultant vedette à la télévision nationale de Côte d'Ivoire.
Une défense rassurante, mais...
C'est le point fort de l'équipe ivoirienne. En allant à la Coupe du monde, sa certitude, c'est l'arrière-garde avec son extraterrestre Evan Ndicka. A ses côtés, Odilon Kossounou, même souvent hésitant, Ousmane Diomandé, solide avec le Sporting Portugal en Ligue des champions, ou encore Emmanuel Agbadou, constituent de vrais lieutenants. Seul bémol, il faut durcir l'aile gauche de cette forteresse où personne ne s'impose après Ghislain Konan. Mieux, il faut trouver une combinaison définitive dans l'axe.

Si la Côte d'Ivoire a fait 10 matches des éliminatoires du Mondial sans encaisser un seul but, sa défense s'est montrée hésitante et peu concentrée en fin de certaines parties. Face à des adversaires plus coriaces, comme l'Egypte durant la CAN, cela peut être un sérieux handicap.

" Le secteur défensif est celui qui me donne le plus de frayeurs. Certes, lors des deux derniers matches amicaux, la sélection a enregistré deux clean sheets. Cependant, on peut relever qu'elle s'en tire à bon compte face à la Corée du Sud qui a touché du bois à trois reprises. Le jour où cette baraka ne sera pas de son côté ou quand elle aura affaire à des attaquants cliniques, l'équipe prendra de l'eau. Contre la Corée du Sud et l'Ecosse, les défenseurs ivoiriens se sont également illustrés par des approximations dans les relances, des erreurs au marquage et un manque de concentration qui auraient pu coûter cher. ", s'inquiète Magloire Diop, chef d'édition sur La 3, à la télévision ivoirienne.

Un milieu à rajeunir ?
Depuis la CAN 2023 qui a eu lieu en 2024 en Côte d'Ivoire, c'est le compartiment qui a moins évolué. Le milieu de terrain des Eléphants est vieillissant ou experimenté selon le point de vue des observateurs ivoiriens. Franck Kessié (30 ans en décembre), Séko Fofana (30 ans le 7 Mai), Sangaré Ibrahim (28 ans le 2 décembre) et Séri Jean Michael (34 ans en juillet) font partie des joueurs phares de Faé dans l'entrejeu mais ils n'ont pas été à leur meilleur niveau lors des deux matches amicaux face à la Corée du Sud et à l'Ecosse les 28 et 30 mars 2026. Mais un membre du staff technique des Eléphants est formel.

"Je n'ai pas d'inquiétudes concernant le milieu de terrain. Les quatre cadors que sont Franck Kessié, Jean-Michael Séri, Ibrahim Sangaré et Séko Fofana me rassurent par leur expérience qui leur permet de donner plus d'assise tactique à l'équipe et de gérer les temps forts et les temps faibles. S'ils sont en pleine possession de leurs capacités physiques, ils seront très utiles en Coupe du monde.", confie-t-il à Sport News Africa. En clair, sauf blessure, ces quatre cadors seront donc de l'expédition mondiale avec un ou deux autres milieux (entre Inao, Guiagon, Benié, Traoré, etc) pour les accompagner.

Des problèmes tactiques à régler
C'est l'un des reproches qui revient le plus concernant Emerse Faé. Le sélectionneur des Eléphants gagne ses matches mais pas avec la manière de l'avis de plusieurs spécialistes. Quand ils évoluent en 4-3-3, les Pachydermes ont une petite assise. Mais dès qu'il s'agit d'adapter son système, le château de cartes s'effondre.

"Le constat est net : on bricole des postes au lieu de respecter des spécialités, et ça se paie cash. Bazoumana Touré latéral gauche (face à l'Ecosse, Ndlr), c'est priver l'équipe de sa percussion et exposer un joueur sans repères défensifs - le couloir gauche devient un angle mort. Aligner Singo et Guela Doué ensemble, alors que tous deux sont droitiers de formation, crée de l'embouteillage à droite et de la pénurie à gauche : moins de dédoublements, moins de centres, moins de liant.

Le pire, ce sont les remplacements-réflexes qui empilent les talents au mépris de l'équilibre. À force d'ajustements de dernière minute, l'équipe perd ses repères et le jeu sa cohérence. L'idée n'est pas de figer un onze, c'est de faire tourner intelligemment : latéral gauche de métier à gauche, droitier à droite, milieux qui se complètent, et changements qui corrigent un problème précis. Respecter les profils, c'est déjà retrouver du contrôle et rendre le talent de chacun utile au collectif.", fustige sans détour un ancien adjoint de Faé chez les U23, sous le sceau de l'anonymat. La Côte d'Ivoire sait désormais quoi améliorer pour être respectée au banquet mondial en juin prochain.
source : sportnewsafrica.com

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