PME IVOIRIENNES : UN FONDS DE 100 MILLIARDS FCFA EN PRÉPARATION

  • publiè le : 2026-01-29 12:10:13
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PME IVOIRIENNES : UN FONDS DE 100 MILLIARDS FCFA EN PRÉPARATION
En annonçant la création prochaine d'un fonds d'investissement de 100 milliards FCFA dédié aux PME, la CNPS veut s'attaquer à l'un des noeuds de l'économie ivoirienne : le financement des petites entreprises, souvent laissées seules face aux banques.

En Côte d'Ivoire, les PME sont partout. Dans le commerce, l'agro-industrie, les services, le bâtiment. Elles représentent plus de 90 % du tissu entrepreneurial, contribuent à 23 % du PIB et de l'emploi formel. Mais malgré ce poids, leur accès au financement reste un parcours semé d'embûches. Plus de 10 000 milliards FCFA sont nécessaires pour financer les PME, dont 70 % d'entre elles disparaissent avant trois ans. C'est ce constat que la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) veut désormais prendre à bras-le-corps.

Jeudi 22 janvier 2026, lors du lancement de Bloomfield Review à Abidjan, Denis Charles Kouassi, directeur général de l'IPS-CNPS depuis 2013, a levé un coin du voile. « La CNPS a décidé de mettre en place un fonds d'investissement de 100 milliards FCFA spécifiquement pour les PME », a-t-il annoncé, évoquant un démarrage possible « d'ici un mois ou deux mois ».

Une CNPS devenue investisseur majeur
Cette annonce n'est pas anodine. En une dizaine d'années, la CNPS a profondément changé de dimension. « Notre portefeuille monétaire et financier, qui était autour de 180 milliards FCFA en 2012, est passé aujourd'hui à 1 770 milliards. Et notre bilan, d'environ 200 milliards, atteint désormais 2 000 milliards FCFA », a détaillé Denis Charles Kouassi.

Ces ressources, la CNPS ne les a pas laissées dormir. Une partie a été investie dans la dette de l'État, pour soutenir un financement plus interne que externe.

« Il vaut mieux avoir plus de 50 % de dette intérieure que l'inverse. L'avantage, c'est que vous n'êtes pas exposé au dictat de vos créanciers », insiste-t-il, citant les exemples du Japon ou de la France.
Mais au-delà de l'État, c'est le secteur privé qui a progressivement pris une place centrale dans la stratégie de la CNPS.

En 2012, les participations de la CNPS dans le secteur privé ne dépassaient pas 11 milliards FCFA. Aujourd'hui, elles franchissent la barre des 400 milliards FCFA, principalement dans les banques et la finance. BNI Finance, BICICI, BridgeBank, Mansa... la CNPS est entrée au capital de plusieurs établissements.

Résultat : la part des capitaux ivoiriens dans le secteur bancaire, qui plafonnait à 11 % dans les années 2010, est montée à 35 % aujourd'hui. « On va continuer. Quand on atteindra 60 ou 70 %, on pourra résoudre en partie le problème des PME », affirme le DG de la CNPS.

En partie seulement, prévient-il aussitôt. Car le financement des PME ne peut pas reposer uniquement sur les banques.

Un effet levier déjà en place
Dans le système actuel, l'essentiel du crédit aux PME vient des banques. Or, explique Denis Charles Kouassi, celles-ci ont leurs limites : « Les banques n'ont pas toujours des ressources longues pour financer les PME. On ne peut pas tout leur demander ».

Faibles fonds propres, garanties insuffisantes, cycles d'activité irréguliers... les PME ivoiriennes cumulent les fragilités. D'où l'idée d'un modèle hybride, associant banques et fonds d'investissement.

Le futur fonds de 100 milliards FCFA de la CNPS s'inscrit précisément dans cette logique. L'objectif : apporter des ressources longues, en capital ou quasi-capital, adaptées aux réalités des PME, là où le crédit bancaire classique atteint ses limites.

La CNPS ne part pas de zéro. En plus de ses participations au capital des banques, elle y maintient en permanence environ 150 milliards FCFA en dépôts à terme (DAT). « Cela donne de l'oxygène aux banques pour financer les PME », souligne Denis Charles Kouassi.

Demain, avec le fonds PME, la CNPS entend aller plus loin : être à la fois investisseur dans les fonds, soutien de liquidité pour les banques, et actionnaire du système financier. Une position rare dans la sous-région.

Derrière cette initiative, l'enjeu dépasse le simple financement. La survie et la croissance des PME conditionnent la création d'emplois, la diversification de l'économie et la stabilité sociale. Dans un pays où l'entrepreneuriat est souvent une réponse au chômage, l'échec massif des PME constitue un frein structurel au développement.

La solidité financière de la CNPS - avec plus de 900 milliards FCFA de réserves en 2023 et une notation AAA - lui donne aujourd'hui les moyens de jouer ce rôle d'investisseur de long terme. Reste désormais à voir comment ce fonds sera structuré, quels secteurs seront ciblés et quelles conditions d'accès seront proposées.
source : linfodrome.com

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