La monnaie électronique s'est imposée comme un moyen de paiement majeur en Afrique de l'Ouest en 2024. D'après les données de Sika Finance, la Côte d'Ivoire est à 82,20 % d'utilisation de ces services parmi les personnes qui utilisent le numérique.
Ce taux la place au deuxième rang de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Au Bénin, l'utilisation de la monnaie électronique est encore plus élevée, autour de 84,6 %, selon ces mêmes estimations.
Dans les autres pays de l'Union, l'adoption varie fortement. Par exemple, en Guinée-Bissau, près de 76,1 % des personnes connectées utilisent ces services.
Au Togo, ce taux s'approche de 67 %. Au Sénégal, l'utilisation est estimée à 63,6 %. Le Burkina Faso avoisine 58,7 %, tandis qu'au Mali, elle descend vers 40,1 %.
C'est au Niger que l'usage reste faible, autour de 3,8 %.
Ces chiffres donnent une image plus précise des usages réels des services de monnaie électronique dans chaque pays.
Ils reflètent la manière dont les populations effectuent des paiements, transferts et opérations financières directement depuis leur téléphone.
Qu'est-ce que la monnaie électronique ?
La monnaie électronique désigne de l'argent stocké sous forme numérique et non physique, accessible via des services électroniques.
Elle permet de stocker de la valeur sur un compte lié à un téléphone ou un appareil connecté.
Avec elle, on peut envoyer de l'argent, payer des biens ou services, ou recharger du crédit téléphonique. Tout cela sans passer par une banque traditionnelle.
Ce concept est proche de ce qu'on appelle souvent le "mobile money", un terme utilisé dans toute l'Afrique pour désigner ces services mobiles.
Cette définition s'appuie sur des explications d'organisations spécialisées dans la finance numérique.
Que disent les données officielles ?
Les statistiques officielles de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest confirment une dynamique forte du secteur.
En 2024, le nombre de comptes de monnaie électronique ouverts dans l'UEMOA a dépassé 173 millions, selon les rapports disponibles.
Ce chiffre traduit une augmentation continue de l'accès à ces services, même si tous les comptes ne sont pas utilisés chaque mois.
Autrement dit, la BCEAO mesure surtout la taille du parc de comptes, tandis que Sika Finance met l'accent sur l'usage réel par la population.
Les deux approches se complètent pour donner un aperçu plus large de la transformation numérique.
Une dynamique portée par le mobile
La croissance de l'usage de la monnaie électronique est intimement liée à la diffusion des téléphones mobiles.
Ces outils permettent à des millions de personnes d'accéder pour la première fois à des services financiers.
Ils favorisent les transferts d'argent, les paiements quotidiens et l'inclusion financière. Cette tendance s'inscrit dans une évolution régionale plus large.
Dans l'ensemble de l'Afrique, le nombre de comptes de paiement mobile dépasse désormais largement le milliard.
Cette expansion rapide montre que le mobile money est devenu un pilier des systèmes de paiement numériques dans de nombreuses économies émergentes.
Une adoption inégale mais persistante
Malgré des taux élevés au Bénin et en Côte d'Ivoire, l'adoption reste plus modérée dans d'autres pays de l'Union.
Cette variation reflète des différences dans l'infrastructure numérique, la pénétration mobile, et l'environnement réglementaire.
Ces disparités montrent que l'accès aux services numériques ne suffit pas : il faut aussi des conditions favorables et une confiance des usagers.
Ce que cela signifie pour le futur
Les chiffres de 2024 montrent que la monnaie électronique accompagne désormais le quotidien de millions d'Ouest-Africains.
Elle contribue à réduire la dépendance au cash et à améliorer l'accès aux services financiers.
Dans un contexte où la BCEAO renforce le cadre réglementaire et où les opérateurs innovent, cette tendance pourrait encore s'intensifier.
Pour les États et les acteurs économiques, cela ouvre la voie à une transformation durable des économies locales.
Eirena Etté
source : 7info.ci