Le Parlement ivoirien a adopté le Plan national de développement (PND) 2026-2030, un document stratégique majeur qui définit les grandes orientations économiques et sociales du pays pour les cinq prochaines années. Présenté à la presse le vendredi 22 mai par le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, ce nouveau cadre de planification ambitionne de positionner la Côte d'Ivoire comme un pays à revenu intermédiaire supérieur à l'horizon 2030.
Structuré autour d'environ 800 projets, le PND repose sur six piliers essentiels : la modernisation de l'agriculture, l'industrialisation, le développement du secteur privé, le renforcement des infrastructures, l'amélioration du capital humain et la transformation structurelle de l'économie. L'objectif affiché est d'accélérer la croissance tout en réduisant durablement la pauvreté.
Parmi les projets phares annoncés figurent plusieurs infrastructures d'envergure. Le gouvernement prévoit notamment la construction d'un train à grande vitesse (TGV) reliant Abidjan aux principales villes de l'intérieur du pays, l'achèvement du métro d'Abidjan, la création de cinq nouvelles universités ainsi que la construction de 150 000 logements afin de répondre au déficit en habitat.
Sur le plan macroéconomique, les autorités misent sur un financement majoritairement privé, estimé à plus de 70% des ressources du plan. Une partie des fonds sera mobilisée sur les marchés régionaux de l'UEMOA ainsi qu'à l'international. Malgré l'ampleur des investissements, le gouvernement assure maintenir une trajectoire d'endettement maîtrisée. « Le taux d'endettement devrait passer de 57% en 2025 à 54,8% en 2030, soit un niveau largement inférieur au seuil communautaire fixé au sein de l'UEMOA à 70%. Les ratios de solvabilité demeurent inférieurs au seuil de référence sur la période. Ainsi, le risque de surendettement demeure modéré pour la dette extérieure et la dette publique totale », a déclaré Souleymane Diarrassouba.
Enfin, le PND vise une croissance économique moyenne de 7,2% par an, contre 6,5% actuellement, avec un objectif social majeur : réduire le taux de pauvreté de 37,5% en 2021 à moins de 20% d'ici 2030. Le gouvernement estime qu'une grande partie des financements est déjà identifiée, mais environ 3 400 milliards de francs CFA restent encore à mobiliser. Un groupe consultatif avec les partenaires techniques et financiers est prévu les 8 et 9 juillet 2026 pour finaliser les engagements.
Prince Beganssou
source : afriksoir.net