Côte d'Ivoire : Recettes record d'exportation de noix de cajou en 2025
La Côte d'Ivoire pourrait engranger jusqu'à 350 milliards FCFA de recettes d'exportation de noix de cajou en 2025, confirmant le rôle clé de cette filière dans les équilibres macroéconomiques du pays et les revenus du monde rural.
Une campagne 2025 sous le signe du rebond
Après une baisse de 23% de la récolte en 2024, la filière cajou ivoirienne aborde 2025 avec des perspectives nettement plus optimistes. La production est projetée à 1,15 million de tonnes, soit une hausse de 20% par rapport aux 944 667 tonnes de l'année précédente, ce qui positionne le pays sur une trajectoire de croissance.
Ce rebond est porté par de meilleures conditions climatiques, le renforcement de l'encadrement des producteurs et la sécurisation des axes de collecte. Il s'inscrit également dans un contexte de reprise de la demande mondiale, après plusieurs campagnes marquées par un marché morose et des prix déprimés.
Un prix bord champ dopé pour soutenir les producteurs
Pour 2025, les autorités ont fixé le prix bord champ de la noix de cajou à 425 FCFA/kg, contre 275 FCFA/kg en 2024, soit une hausse de 54,5%. Ce relèvement très marqué vise à mieux rémunérer les planteurs, limiter la contrebande vers les pays voisins et capter davantage de volumes dans les circuits officiels.
Grâce à ce différentiel de prix plus favorable, le Conseil Coton et Anacarde (CCA) a déjà enregistré 1,39 million de tonnes de noix brutes réceptionnées dans les ports à fin juin 2025, au-delà des objectifs initiaux de 1,15 million de tonnes. Cette performance, combinée à des cours internationaux mieux orientés, nourrit les projections de recettes d'exportation pouvant atteindre environ 350 milliards FCFA sur l'année.
350 milliards FCFA : ce que cela signifie pour l'économie
Avec une telle enveloppe, la noix de cajou confirme son statut de deuxième produit d'exportation du pays, derrière le cacao, et de pilier des recettes en devises. Ces 350 milliards FCFA attendus en 2025 contribuent à améliorer la balance commerciale, à renforcer les réserves de change et à soutenir la stabilité du franc CFA dans un contexte d'opportunité des marchés.
Pour le monde rural, cette manière se traduit par une injection massive de liquidités dans les zones de production du Nord et du Centre, où la culture de l'anacarde structure désormais une grande partie des revenus agricoles. En revalorisant le prix au producteur tout en sécurisant les frontières contre la contrebande, l'État cherche à transformer cette bonne saison en véritable levier de lutte contre la pauvreté.
Vers plus de transformation locale
Si les exportations de noix brutes restent dominantes, Abidjan affiche clairement l'ambition de monter en gamme en transformant une part croissante de la récolte sur place. La stratégie gouvernementale vise 50 % de transformation locale à l'horizon 2030, contre environ 30 % aujourd'hui, grâce à la multiplication des usines et des zones agro-industrielles dédiées à l'anacarde.
Des partenariats avec des investisseurs locaux et internationaux, à l'image de l'usine Afcott Cashew près de Yamoussoukro, doivent permettre d'augmenter les capacités de traitement de 18 000 tonnes en 2024 à 40 000 tonnes en 2026, puis 50 000 tonnes en 2027 pour ce seul site. Cette montée en puissance de la transformation vise à capturer plus de valeur ajoutée, créer des emplois industriels et réduire la dépendance aux seules exportations de noix brutes.
Défis à relever pour pérenniser la performance
Malgré ces perspectives prometteuses, plusieurs défis subsistent pour consolider durablement la filière. La préférence des prix internationaux, la concurrence du Vietnam et de l'Inde sur le marché des produits transformés, ainsi que les risques climatiques imposent de poursuivre les efforts d'organisation, de traçabilité et de diversification des débouchés.
La réussite de la filière passe également par un meilleur accompagnement des producteurs (accès aux entrants, renouvellement verger, formation) et par un financement adapté des unités de transformation pour éviter les sous%u2011utilisations de capacité. Si ces conditions sont réunies, l'objectif de 350 milliards FCFA de recettes d'exportation en 2025 pourrait devenir un nouveau palier dans la montée en puissance de l'« or gris » ivoirien.
source : capmad.com