Le président de la République de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, a signé le décret n°2026-84 du 4 mars 2026 portant attributions des membres du gouvernement, marquant une réorganisation majeure dans la gestion des infrastructures de transport du pays. Ce texte redéfinit en profondeur les responsabilités des différents ministères, avec un transfert notable de compétences vers le ministère des Infrastructures et de l'entretien routier.
Désormais, les ports, les aéroports, les infrastructures ferroviaires, ainsi que les projets de métro relèvent de la tutelle directe de ce ministère stratégique. Cette réforme met fin à une répartition des rôles jusque-là assurée en grande partie par le ministère des Transports, notamment en matière de planification, de régulation et de gestion des infrastructures portuaires et aéroportuaires.
Selon les dispositions de l'article 25 du décret, « le Ministre des Infrastructures et de l'entretien routier est chargé de la mise en oeuvre et du suivi de la politique du Gouvernement en matière d'Infrastructures et d'Entretien Routier. Il assure la gestion du domaine public de l'Etat. A ce titre, et en liaison avec les différents départements ministériels concernés, il a l'initiative et la responsabilité des actions suivantes I - En matière de routes et d'ouvrages d'art maitrise d'ouvrage, suivi de la conception et de la réalisation des infrastructures du réseau routier ainsi que leur entretien et la réglementation de leur gestion II %u2013 En matière d'infrastructures de transports aérien, ferroviaire, maritime et fluvio- lagunaire maitrise d'ouvrage, suivi de la conception et de la réalisation des infrastructures des aérodromes, des aéroports, des ports, des chemins de fer nationaux et urbains et des infrastructures maritime et fluvio-lagunaire ainsi que leur entretien ».
Cette centralisation des compétences vise à renforcer la cohérence et l'efficacité dans la conduite des grands projets structurants. Elle devrait permettre une meilleure coordination entre les différents acteurs impliqués dans le développement des infrastructures, tout en réduisant les lourdeurs administratives souvent liées à la multiplicité des intervenants.
Le décret précise également les structures désormais rattachées au ministère. Parmi elles figurent des entités clés telles que le Laboratoire des Bâtiments et des Travaux Publics (LBTP), l'Agence de Gestion des Routes (AGEROUTE) et le Fonds d'Entretien Routier (FER). À ces structures s'ajoutent la Société Ivoirienne de Gestion du Patrimoine Ferroviaire (SIPF), le Port Autonome d'Abidjan, le Port Autonome de San-Pedro, ainsi que la Société de Développement Aéroportuaire, Aéronautique et Météorologique (SODEXAM).
En regroupant sous une même autorité les principales infrastructures de transport, le gouvernement ivoirien entend accélérer la modernisation du réseau national et consolider la position du pays comme hub logistique en Afrique de l'Ouest. Cette réforme s'inscrit dans une dynamique de transformation structurelle visant à soutenir la croissance économique et à améliorer la mobilité des personnes et des biens sur l'ensemble du territoire. À terme, cette nouvelle organisation pourrait favoriser une exécution plus rapide et plus efficace des projets d'envergure, notamment dans un contexte où les infrastructures jouent un rôle central dans l'attractivité économique de la Côte d'Ivoire.
Prince Beganssou
source : afriksoir.net