(Agence Ecofin) - La Fondation Orange Côte d'Ivoire poursuit son engagement dans la prévention des maladies cardiovasculaires à travers la Semaine du Coeur. À travers cette initiative, la fondation entend contribuer à une meilleure connaissance des risques cardiovasculaires et à l'adoption de comportements préventifs.
À l'occasion de la Semaine du Coeur 2026, organisée du 26 septembre au 2 octobre, la Fondation Orange Côte d'Ivoire a réuni, le 30 septembre à Abidjan, plusieurs spécialistes autour des « défis et perspectives de la prise en charge des maladies cardiovasculaires en Côte d'Ivoire ». Les échanges ont notamment mis en évidence le poids croissant de ces pathologies, le retard du dépistage et les difficultés d'accès aux traitements et d'observance thérapeutique.
Pour Catherine Assanvo, directrice de la Fondation Orange Côte d'Ivoire, les maladies cardiovasculaires constituent désormais « un enjeu majeur de santé publique ». Elle souligne que certains patients découvrent leur hypertension tardivement, tandis que d'autres rencontrent des difficultés à accéder au dépistage ou à maintenir leur traitement. « La prévention ne peut pas être l'affaire des seuls professionnels de santé », a-t-elle insisté.
Le Pr Ag Niamkey Joseph Thierry, vice-président de la Société ivoirienne de cardiologie (SICARD), a rappelé que les maladies cardiovasculaires représentent environ un tiers des quelque 20 millions de décès annuels liés aux maladies non transmissibles dans le monde. Il a également cité plusieurs facteurs de risque, notamment l'hypertension, le diabète, les troubles lipidiques, le tabagisme et l'obésité.
En Côte d'Ivoire, l'hypertension constitue une préoccupation particulière. À l'Institut de cardiologie d'Abidjan, environ 64 % des patients reçus consultent pour une hypertension, et près de 45 % présentent déjà, lors de leur première consultation, un retentissement cardiovasculaire, rénal ou cérébral. « C'est une maladie silencieuse », a rappelé le Pr Niamkey.
Les spécialistes ont ainsi appelé à renforcer le dépistage au niveau des structures de soins primaires et à améliorer l'accès aux traitements. Ils ont également insisté sur l'importance du suivi médical et du respect des prescriptions.
Un enjeu pour les entreprises
Les maladies cardiovasculaires représentent également un enjeu pour le monde du travail. Le Dr Any-Grah Prince Igor, président de l'Association des médecins d'entreprise de Côte d'Ivoire (AMECI), a indiqué que la prévalence de l'hypertension dans les entreprises serait passée, selon son expérience, d'environ 15 % à 30 % depuis le début de sa carrière en 1992.
Il a souligné les coûts liés à l'absentéisme, mais aussi au « présentéisme », lorsque des salariés continuent de travailler malgré une capacité réduite par leur état de santé. Pour mieux prévenir ces situations, il préconise notamment de renforcer les dispositifs de suivi médical en entreprise et de recourir davantage à la télémédecine.
Les participants ont par ailleurs encouragé l'adoption de comportements favorables à la santé cardiovasculaire, notamment le contrôle régulier de la tension artérielle, la réduction de la consommation de sel, la pratique d'une activité physique, l'arrêt du tabac et une alimentation équilibrée.
Créée en 2006, la Fondation Orange Côte d'Ivoire intervient dans plusieurs domaines, dont la santé, l'éducation, l'inclusion numérique, la promotion du genre et la solidarité. Elle revendique plus de 615 projets sociaux réalisés dans le pays. Dans le domaine sanitaire, elle finance notamment la construction et l'équipement d'infrastructures et mène des campagnes de sensibilisation et de prévention, dont la Semaine du Coeur.
Charlène N'dimon
source : agenceecofin.com