La Coupe du monde 2026 s'est terminée le dimanche 19 juillet sur le sacre de l'Espagne face à l'Argentine et sur une 4e place de l'équipe de France.
Un Mondial inédit et quand même plutôt réussi dans l'ensemble qui a vu le sacre de l'Espagne. 215 buts inscrits sur les 72 matches de la phase de groupes, la Coupe du monde 2026 a eu droit à un nouveau record, la FIFA le comparant aux 172 buts de l'ensemble du tournoi qatari 2022 (120 en phase de groupes). Le passage à 48 équipes explique bien sur ce total, avec 72 rencontres contre 48 lors des Mondiaux à 32 équipes. Le Mondial 2026 a affiché une moyenne de 2,99 buts par match de phase préliminaire, contre 2,5 pour la phase de groupes 2022. Au delà de ses chiffres qui peuvent faire mal à la tête, ce nouveau format n'a pas offert d'énormes surprises dans cette Coupe du monde, notamment en phase de groupes à part le 0-0 du Cap Vert face à une Espagne en rodage lors de la première journée.
L'Argentine a marqué la Coupe du monde par plusieurs miracles lors de la phase finale face au Cap Vert, l'Egypte ou encore la Suisse avec des retournements de situation dans les dernières secondes. Et pour revenir sur le parcours du champion du monde espagnol, en huit rencontres tout au long du tournoi, l'Espagne n'a concédé qu'un seul but, battant successivement le Portugal, la Belgique et la France avant de dominer l'Argentine en finale. La Roja est désormais invaincue depuis 38 matchs... Et double championne du monde !
La Coupe du monde 2026 a toutefois révélé deux outsiders inédits dans le paysage du football mondial. La Norvège, éliminée en quarts par l'Angleterre (2-1 a.p.), a pourtant impressionné en dominant le Sénégal, la Côte d'Ivoire puis surtout le Brésil grâce à sa grande star Erling Haaland. La Suisse, elle, a également atteint pour la première fois les quarts de finale, battant successivement l'Algérie et la Colombie avant de tomber face à l'Argentine (3-1 a.p.), réduite à dix suite à l'exclusion de Breel Embolo.
Du côté des déceptions, le Brésil a été éliminé dès les huitièmes de finale, prolongeant une disette qui dure depuis 2002. Le Portugal, malgré la présence de Cristiano Ronaldo, est tombé face à l'Espagne qu'il avait pourtant battue en finale de la Ligue des nations un an auparavant. La France, bien qu'atteint le dernier carré, a laissé un goût d'inachevé, éliminée par une Espagne qui a démontré "qu'un collectif de talents est toujours meilleur qu'une collection de talents."
Le bilan des sélections africaines à cette Coupe du monde est globalement positif. Le Maroc est devenu la première sélection du continent à enchaîner deux quarts de finale consécutifs, s'installant durablement dans le top 8 mondial. L'Égypte a fait vaciller l'Argentine, et le Cap-Vert, porté par son audace, reste la seule équipe à ne pas avoir perdu contre l'Espagne. Déception en revanche pour le Sénégal.
Le parcours de l'équipe de France à la Coupe du monde 2026
Les Bleus étaient favoris avant et pendant la Coupe du monde avec l'Espagne. Les Bleus ont régalé pendant plusieurs semaines avec une attaque de folie et un jeu alléchant jusqu'à ce que tout s'effondre en demi-finale après un nom match et une 4e place décevante après un spectacle à la fois affligeant et spectaculaire face aux Anglais (6-4).
Tout avait bien débuté pour la France. Placée dans un groupe relevé avec le Sénégal, la Norvège d'Erling Haaland et l'Irak, la France valide sa qualification avec trois victoires convaincantes. Elle débute le 16 juin à New York en battant le Sénégal 3-1, avec notamment un doublé de Kylian Mbappé. Le 22 juin, les Bleus dominent l'Irak 3-0, Mbappé signant un nouveau doublé après une rencontre très étrange marquée par des orages et un protocole qui a interrompu la rencontre pendant 2h. Le 26 juin pour le dernier match de la phase de poules, la France domine la Norvège (qui avait fait tourner) et termine en tête du groupe avec 9 points sur 9.
Avec le nouveau format à 48 équipes, la France dispute un 16e de finale face à la Suède, qu'elle bat assez facilement grâce à encore un énième doublé de Mbappé qui vole sur cette Coupe du monde. En seizièmes de finale, les Bleus retrouvent le Paraguay pour un match horrible face à des joueurs qui ont cherché à faire disjoncter l'équipe de France, remporté 1 but à 0. En quart de finale, l'adversité augmente d'un cran et la France affronte à nouveau le Maroc, qu'elle avait déjà éliminé en demi-finale du Mondial 2022. Le scénario se répète presque à l'identique : une victoire 2-0, qui envoie les Bleus vers une troisième demi-finale consécutive....
Malheureusement, le 14 juillet à Dallas, la France s'incline 0-2 face à l'Espagne, future vainqueur. Portés par une attaque de feu, un milieu robuste et une défense solide, les Bleus avaient réalisé un début de Coupe du Monde sensationnel, enchaînant les victoires jusqu'au dernier carré, où ils ont été neutralisés par une équipe espagnole dont la domination a été très claire.
Lors du match de la 3e place, les Bleus s'inclinent après une rencontre rocambolesque, la France étant menée 4-0 à la pause face à l'Angleterre. Avec cette défaite, l'équipe de France termine donc à la 4e place de sa 17e participation à une Coupe du monde. C'est un résultat qui reste en deçà des deux éditions précédentes, marquées par une victoire en 2018 et une finale perdue en 2022. Un clap de fin pour Didier Deschamps après 14 ans à la tête des Bleus.
Mbappé dans la légende de la Coupe du monde
La Coupe du monde 2026 a vu les grandes stars confirmer leur statut. Lionel Messi, à son sixième et probablement dernier Mondial, a inscrit 8 buts au total, dont un triplé dès le premier match contre l'Algérie, avant de rester muet en finale face à l'Espagne. Kylian Mbappé, lui, est devenu le meilleur buteur de l'histoire de la compétition avec 22 buts au total, dont 10 sur cette seule édition. C'est la première fois qu'un joueur remporte le titre pour la deuxième édition consécutive.
Une Coupe du monde hors de prix
La finale de la Coupe du monde au MetLife Stadium a été la plus chère de l'histoire, avec des billets atteignant jusqu'à 2 millions de dollars sur le marché secondaire. Les tarifs officiels allaient déjà de 800 à 11 000 dollars selon les catégories, avant de grimper jusqu'à près de 33 000 dollars. La FIFA a défendu cette politique tarifaire en invoquant la loi de l'offre et de la demande. Les prix prohibitifs de la billetterie ont de fait exclu les fans les moins fortunés de cette Coupe du monde. Pour rappel, lors de la première édition américaine en 1994, un billet pour un match de poule coûtait entre 25 et 30 dollars.
Racisme, visa... Les affaires étranges autour de la Coupe du monde
Au-delà du coût des billets, cette Coupe du monde a été marquée par des restrictions d'entrée sur le territoire américain discriminatoires. Des cautions pouvant atteindre 15 000 dollars par personne étaient exigées des détenteurs de billets originaires de plusieurs pays d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique centrale. Les ressortissants haïtiens, iraniens, ivoiriens et sénégalais ont même fait l'objet d'un "visa ban" total, sauf en cas de double nationalité.
Les restrictions américaines ont aussi touché des acteurs directs de la Coupe du monde. L'arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, pourtant reconnu parmi les meilleurs arbitres internationaux, s'est vu refuser l'entrée sur le sol américain à l'aéroport de Miami le 6 juin. L'attaquant irakien Aymen Hussein, star de sa sélection, a quant à lui subi un interrogatoire de sept heures à son arrivée.
L'arbitrage a lui aussi fait polémique lors de cette Coupe du monde, notamment avec l'affaire Folarin Balogun. Expulsé lors du huitième de finale contre la Bosnie-Herzégovine, l'attaquant américain aurait dû être suspendu pour le match suivant, mais la commission de la FIFA a transformé sa suspension ferme en suspension avec sursis. Peu avant cette décision rarissime, le président américain Donald Trump avait personnellement contacté le patron de la FIFA, Gianni Infantino, pour demander une révision de la sanction.
Cette Coupe du monde a également été entachée par des sorties racistes visant Kylian Mbappé. Une sénatrice paraguayenne, Celeste Amarilla, l'a qualifié d'"abruti" n'ayant "même pas appris à écrire", le désignant comme un "Camerounais issu de la colonisation, s'efforçant désespérément de passer pour un Français". L'ex-Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a lui aussi provoqué un tollé en estimant que la France dispose d'"un effectif de très haut niveau", mais "sans Français".
Des légendes disent adieu à la Coupe du monde
La Coupe du monde 2026 marque la fin d'une ère avec le départ à la retraite de nombreuses légendes. Cristiano Ronaldo, Neymar, Luka Modric, Edin Dzeko, Guillermo Ochoa ou encore Riyad Mahrez ont officialisé leur retraite internationale. À 39 ans, Messi quitte la compétition avec un héritage immense : trois finales disputées et 21 buts inscrits en Coupe du monde.