À Abidjan, la marche contre la cherté des loyers est effectuée après validation de la date par le préfet. Seul l'itinéraire reste en discussion entre autorités et organisateurs.
La mobilisation annoncée contre la flambée des loyers à Abidjan n'est pas annulée. La date du 28 février 2026 proposée par le mouvement citoyen « Les Chapeaux rouges » a été validée par le préfet d'Abidjan. En revanche, le parcours initialement soumis par les organisateurs a été rejeté. Les initiateurs du rassemblement ont engagé de nouvelles démarches pour obtenir l'autorisation d'un autre trajet.
Un nouvel itinéraire à proposer
À l'issue d'une rencontre tenue mercredi 11 février avec l'autorité préfectorale, les représentants du collectif ont retracé les différentes étapes de la procédure administrative engagée depuis l'annonce de la manifestation. Dans une déclaration lue à la presse, Dabé Nogbo, l'un des responsables du mouvement a tenu à clarifier la situation : « La marche n'a pas été annulée. La date a été validée par le préfet d'Abidjan, mais nous devons proposer un nouvel itinéraire », at-il expliqué.
Le désaccord porte sur le circuit envisagé au départ. Les organisateurs souhaitaient rassembler la place de la République à la présidence, au Plateau. Une option refusée par la préfecture, qui considère cette zone comme un périmètre sensible. Le quartier d'affaires, coeur administratif et financier de la capitale économique, concentre en effet plusieurs institutions stratégiques.
Selon les membres du collectif, l'autorité administrative a toutefois invité le mouvement à soumettre un nouveau parcours. « Le préfet nous a demandé de faire une autre proposition de trajet, et nous avons engagé les démarches en ce sens », a précisé un porte-parole.
Au-delà de la question logistique, le fond du dossier reste la pression croissante sur le marché local abidjanais. Les « Chapeaux rouges » dénoncent une hausse jugée excessive des loyers dans plusieurs communes. Ils évoquent des studios proposés entre 600 000 et 700 000 francs CFA dans certaines zones prises, notamment en Zone 4, tandis que dans d'autres quartiers, les prix oscilleraient entre 100 000 et 300 000 francs CFA.
Pour le mouvement, cette situation fragilise particulièrement les jeunes actifs et les ménages à revenus modestes. Les initiateurs de la marche plaident pour une régulation plus encadrée des tarifs, avec une grille tenant compte des communes et du standing des logements. Ils réduisent, par exemple, des plafonds différenciés selon les secteurs, afin d'éviter les écarts jugés excessifs entre quartiers résidentiels et zones populaires.
Une « initiative apolitique »
Cette revendication intervient dans un contexte marqué par une augmentation générale du coût de la vie. Entre inflation, tension foncière et forte demande de logements urbains, la capitale économique fait face à une pression immobilière persistante.
« Les Chapeaux rouges est une initiative citoyenne, républicaine et 100% apolitique », a tenu à préciser Cahié Kunta, l'un des responsables.
En attendant la validation du nouveau tracé par la préfecture, le collectif maintient sa mobilisation et assure vouloir agir dans le respect du cadre légal. La balle est désormais dans le camp de l'administration, appelée à arbitrer entre liberté de manifestation et impératifs de sécurité.
Pour les organisateurs, l'objectif reste proposé : interpeller les pouvoirs publics sur la nécessité d'un encadrement plus strict du marché locatif, afin de préserver l'accès au logement pour le plus grand nombre.
source : abidjantv.net