Le Gouvernement, dans un souci d'apaisement, a pris la décision d'acheter le stock résiduel recensé du cacao (100 000 tonnes) au prix garanti de 2800 FCFA le kilogramme. Mais sur le terrain, la réalité semble tout autre. Des Coopératives achètent le kilogramme du cacao à 1200 FCFA aux pauvres producteurs en détresse. Sans argent et tenaillés par les problèmes, ils sont contraints à céder aux manipulations des acheteurs véreux.
Ceux-ci, en effet, prennent pour argument fallacieux l'annonce du prix de la campagne intermédiaire fixé à 1200 FCFA au mois de mars au lieu d'avril. C'est-à-dire avant la fin de la campagne en cours. Le Gouvernement le faisant de façon anticipée, a-t-il fait le lit de cette réalité du terrain ? « Le Gouvernement dit que c'est 1200 FCFA », c'est la réponse qui est donnée par les acheteurs aux producteurs qui tentent de les ramener à l'engagement premier pris d'acheter le stock résiduel recensé à 2800 FCFA le kilogramme.
Même les bouts de papiers ou reçus donnés sur cette base ne sont plus valables, parce que ces acheteurs peu honnêtes ont désormais face à eux deux (02) prix. D'un côté, celui de 2800 FCFA et de l'autre celui de la campagne intermédiaire qui est de 1200 FCFA. Ils ont donc vite fait le choix qui leur permettrait de réaliser plus de profits (mercantiliste) au détriment du producteur qui fournit tous les efforts.
L'acheteur, en réalité, n'est pour rien dans cette affaire. Le malheur du producteur semble trouver l'origine du côté du Gouvernement qui n'était pas obligé de fixer le prix de la campagne intermédiaire dès lors que plus de cent mille (100 000) tonnes sont encore sur le marché. Le Gouvernement aurait dû obliger les coopératives à acheter ce cacao à 2800 FCFA et une fois le stock épuisé, il a libre court d'annoncer le prix de la petite campagne.
Aujourd'hui, tout semble mélangé dans la filière. Il y a que d'un côté, le Gouvernement est impuissant devant l'expropriation des producteurs qui, abandonnés, gémissent en silence. Et de l'autre, des Coopératives qui se frottent les mains profitant d'une situation leur permettant de réaliser de gros bénéfices. Eux qui achetaient le kilogramme du cacao à 1500 francs avant que le Gouvernement et paysans, autrefois leurs partenaires, ne soient à couteau tiré. Un véritable échec qui ne dit pas son nom.
Le Nouveau Réveil
source : afriksoir.net