La guerre de succession à Ouattara monte d'un cran : Pro-TBO et anti-TBO : 2 factions s'affrontent

  • publiè le : 2026-03-29 16:36:23
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La guerre de succession à Ouattara monte d'un cran : Pro-TBO et anti-TBO : 2 factions s'affrontent
En début de cette semaine, un journal en ligne l'a affiché : « RHDP : les transfuges du PDCI en déclin face à la montée en puissance de Téné Birahima Ouattara (TBO). », avec une démonstration qui en dit long sur le profond antagonisme désormais en place. En attendant la réplique sinon les justifications des éternels justificateurs des labos du RHDP (ça ne manque jamais), le constat est limpide.

Il y a deux factions au RHDP : celle qui est déjà en campagne pour que Téné Birahima Ouattara (TBO), le frère cadet, consanguin du président Alassane Ouattara (ADO), succède à son grand frère ADO. Et celle qui ne veut pas en entendre parler, mais qui fait encore profil bas, parce que le grand frère tient toujours le stylo....

Dans le premier groupe, se retrouve en grande majorité des caciques radicaux RDR avant la création du RHDP pour qui, rien n'est assez surprenant tant qu'il s'agit de perpétuer le règne.

Dans le deuxième groupe, se retrouvent pour une grande majorité des transfuges d'autres partis qui sont devenus RHDP à partir de 2018, en abandonnant leurs partis d'origine pour des raisons évidentes. Un affrontement entre les anciens RDR et les nouveaux pro-ADO. Pour les uns, tant que c'est le choix du président Alassane Ouattara, personne ne devrait avoir à redire, parce que non seulement il est le président du RHDP, mais il connaît mieux les hommes plus que quiconque (dans le style Ouattara connaît mieux la Constitution que le collège des rédacteurs de la Constitution comme disait Cissé Bacongo).

Pour ce qui est de la capacité à gouverner et à diriger, « il n'y a pas une école pour cela. Le cas échéant, nous qui avons accompagné le président ADO serons là pour accompagner TBO », soutiennent des caciques pour qui, quelle que soit la forme, le pouvoir doit rester encore pour longtemps aux mains du RHDP, ou tout au moins en leurs mains. Dans cette logique de préparation du dauphin, aucune occasion n'est négligée pour mettre TBO sous les spots lights. Il a été nommé récemment vice-Premier ministre pour mieux se frotter aux arcanes de la régence. Maintenant il faut qu'il mette la main à la pâte, en attendant que son heure arrive.

Ainsi, l'affiche politique de ces derniers temps ne se fait sans TBO au sommet de la pyramide de décisions, confirmant une donnée très clairement visible, mais aussi une question : qui est le vrai Premier ministre du gouvernement ivoirien ? Le frère du président Ouattara, Téné Birahima Ouattara, est vu durablement par certains yeux et dans certains milieux comme étant le « Premier ministre » du gouvernement, tandis que le Premier ministre Beugré Mambé est quasiment invisible, sinon mis en invisibilité. Quand le président Ouattara est hors du pays au moment où des problèmes nécessitent des décisions fortes, qui donc pilote la gouvernance sur place ?

« Cela fait un exercice pratique pour TBO, expliquent certains en coulisse ». Comme pour dire que ADO en voyage laisse les Ivoiriens pratiquement dans les mains de Téné Birahima Ouattara... Aussi, les coupures d'électricité et la mévente des produits agricoles des planteurs ne gênent nullement les partisans de la thèse d'apprentissage, car ceux qui, au RHDP, veulent forcer les choses en imposant TBO, ne disent rien de la difficile situation actuelle de la Côte d'Ivoire.

Les secousses et soubresauts avant le séisme
Pour les autres, les choses, en ce qui concerne la succession au sommet de l'Etat, ne devraient être gérées de cette façon. « Le président Alassane Ouattara a toujours dit qu'il est un homme de principe, nous y croyons et nous prônons toujours le respect des textes. Alors où est-il écrit dans les textes du RHDP et dans la Constitution que le président désigne son successeur ? », s'interroge un élu du RHDP, pour qui le débat et la consultation devraient être ouverts à tous au lieu de vouloir imposer quelqu'un.

« Le président a dit qu'il avait sous sa main une demi-douzaine de présidentiables au RHDP. Nous attendons qu'il nous les présente et ensemble nous voyons qui le mieux peut continuer l'oeuvre. Le fait d'être le frère du président ne doit être ou ne peut être un critère. Déjà que certains Ivoiriens nous accusent de gestion clanique... », s'inquiète un autre élu.

Pour l'instant, tous ceux (et Dieu sait combien sont-ils) qui ne sont pas d'accord avec l'éventuel choix porté sur TBO pour succéder à ADO font profil bas, mais ne sont pourtant pas prêts à laisser passer. « Nous ne pouvons pas avoir servi le grand frère sans avoir eu un mot à dire pour ensuite continuer à servir le petit frère sans avoir aussi un mot à dire. Le RHDP est un parti structuré et donc ne saurait se mettre en difficulté pour le choix d'un successeur », ruminent des gens.

Dans la foulée, les camps par médias interposés sont déjà entrés en campagne. Si pour les anti-TBO les pas, les articles et analyses se font à pas feutrés (on ne sait jamais), pour les pro-TBO, c'est à la guerre comme à la guerre et les titres tonifiants pour l'homme ne se comptent plus. Là aussi, il y a un net clivage au niveau des médias (journaux, site d'information, blogueurs, cyberactivistes). Ceux soutenus par des caciques radicaux RDR d'origine, y vont à fond. Et ceux qui sont soutenus par des transfuges marchent sur les oeufs. Plus le temps passe, plus les frictions s'accentuent, plus « la guerre de succession » s'enfle.

Dans cette guerre, la victoire des pro-TBO passera sans doute par l'écrasement total des transfuges qui deviennent des empêcheurs de tourner en rond. Aussi, en ce début du quatrième mandat à l'avènement duquel ils auront contribué de quelque manière qui soit, beaucoup d'entre eux sont sous l'éteignoir..., et l'effacement se poursuivra. Pour qu'ils comprennent que celui qui n'était pas RDR au départ ne saurait être le champion du RHDP. Des cadres originels du RDR (parti fondateur du RHDP) chercheraient à limiter l'influence des nouveaux arrivants, qualifiant parfois ces derniers d'opportunistes, ce qui fragilise la position des ex-PDCI.

En clair, si les transfuges du PDCI et les autres ont été des atouts cruciaux pour le RHDP dans sa quête d'hégémonie politique, leur « déclin » semble être davantage lié à des batailles de positionnement internes, dans un contexte où le parti au pouvoir cherche à sécuriser son avenir pour 2025-2030. Mais ils préfèrent cacher ce brûlant soleil avec la main qui ne brandit que des dissensions au PDCI-RDA.

Le Nouveau Réveil
source : afriksoir.net

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