Alors que les procédures judiciaires se multiplient contre des cadres du PPA-CI et du PDCI-RDA, Guillaume Soro évoque l'hypothèse d'une dissolution du parti de Laurent Gbagbo.
Guillaume Soro s'interroge sur les intentions d'Alassane Ouattara à l'égard du Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (PPA-CI). Dans une publication signée Moussa Touré, l'ancien président de l'Assemblée nationale établit un lien entre les procédures judiciaires visant plusieurs cadres de Laurent Gbagbo et l'hypothèse d'une dissolution du parti.
« Depuis janvier 2026, une mécanique silencieuse, mais implacable, est à l'oeuvre contre le PPA-CI », écrit Moussa Touré dans ce texte publié vendredi sur la page Facebook de Guillaume Soro. Il cite les arrestations, les inculpations et les contrôles judiciaires visant plusieurs responsables de la formation d'opposition.
Plusieurs cadres inculpés
Justin Koné Katinan, vice-président du PPA-CI, a été placé sous mandat de dépôt en septembre. Sébastien Dano Djédjé, président du Conseil stratégique et politique du parti, a été inculpé et placé sous contrôle judiciaire le 12 octobre.
Les procédures se sont poursuivies avec les convocations de Daniel Billaud Zéréhoué, secrétaire général adjoint, d'Emmanuel Ackah, directeur de cabinet de Laurent Gbagbo, et de Fabrice Lago, dit Steve Beko. Ces responsables ont comparu devant la section antiterroriste du tribunal de première instance d'Abidjan entre le 15 et le 23 octobre, et ont été, eux aussi, inculpés et placés sous contrôle judiciaire.
Au PDCI-RDA, les poursuites concernent également plusieurs membres de la direction. Georges-Philippe Ezaley, vice-président du parti, et Roger M'Bia, son directeur général, ont été auditionnés le 19 octobre avant d'être placés sous contrôle judiciaire. Le 23 octobre, Aziz le frère de Tidjane Thiam, ancien ministre des Transports et vice-président du parti, a été inculpé et placé sous contrôle judiciaire. Dix-sept chefs d'accusation sont retenus contre lui, dont des actes terroristes, l'assassinat et la participation à un mouvement insurrectionnel.
D'autres responsables du PDCI-RDA, notamment Alain Cocauthrey, directeur de cabinet de Tidjane Thiam, Dia Houphouët Augustin (inculpé et placé sous contrôle judiciaire), Hervé Fian et Guillaume Kouakou, sont également parmi les cadres convoqués.
Ces procédures interviennent après les violences survenues autour de la présidentielle d'octobre 2025. Le procureur de la République, Koné Braman Oumar, avait annoncé en septembre que les responsabilités liées à ces événements seraient recherchées. Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a également évoqué, début octobre, la recherche de personnes soupçonnées d'avoir incité les auteurs matériels des violences.
Une dissolution redoutée
Pour Moussa Touré, la multiplication des procédures contre les dirigeants du PPA-CI rappelle le précédent de Générations et Peuples solidaires (GPS), le mouvement politique de Guillaume Soro, dont il évoque la dissolution après des poursuites visant des cadres.
« Alassane Ouattara veut-il la dissolution du PPA-CI pour ouvrir un boulevard présidentiel à son frère Téné Birahima Ouattara ? », interroge-t-il.
Fondé le 17 octobre 2021 par Laurent Gbagbo après son retour en Côte d'Ivoire, le Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (PPA-CI) se réclame de la gauche panafricaniste et souverainiste. Après le rejet de la candidature de son président à l'élection présidentielle d'octobre 2025, le parti a boycotté les élections législatives de décembre de la même année. Depuis, il dénonce les poursuites visant plusieurs de ses responsables et réclame un dialogue politique inclusif ainsi que la libération de ceux qu'il considère comme des détenus politiques.
Aucune annonce officielle de dissolution du PPA-CI n'a été rapportée. L'article 26 de la loi n° 93-668 du 9 août 1993 relative aux partis et groupements politiques prévoit une procédure judiciaire pour la dissolution d'un parti en cas de violation de cette loi. Les poursuites visant les responsables des deux formations d'opposition ne suffisent donc pas à établir qu'une dissolution du PPA-CI est envisagée par les autorités.
source : linfodrome.com