L'IS-MENA/METFPA sort déjà de sa réserve. Face à la presse le dimanche 25 janvier 2026, à Abidjan Cocody, cette faîtière syndicale a dénoncé des mutations abusives, fustigé une atteinte à la liberté syndicale et exigé l'octroi immédiat de la prime d'incitation promise aux enseignants.
Deux jours après la formation du nouveau gouvernement en Côte d'Ivoire, des syndicats du secteur éducation donnent de la vox.
Face à la presse le dimanche 25 janvier, ces syndicats réunis au sein de l'IS-MENA/METFPA ont accueilli leur nouveau ministre de tutelle avec des revendications.
« Le temps des promesses politiques est désormais révolu », fait savoir Bli Blé David, leur porte-parole.
Selon lui, l'heure était venue de répondre concrètement aux attentes des travailleurs. Et surtout à celles des personnels du secteur Éducation-Formation.
Au coeur des revendications figure la prime d'incitation. Une promesse ancienne. Une attente persistante.
L'Intersyndicale a rappelé que les études annoncées sur la question ont été achevées. Elles auraient dû déboucher sur des décisions claires.
« C'est le voeu caressé par tous les enseignants de Côte d'Ivoire. L'étude est terminée. Les décisions doivent suivre », a insisté David Bli Blé.
Il a rappelé que cette prime restait le voeu partagé par tous les enseignants de Côte d'Ivoire.
La conférence de presse ne s'est pas limitée aux questions salariales. L'IS-MENA/METFPA a surtout dénoncé ce qu'elle qualifie de « répression syndicale ».
Au banc des accusés, la direction des ressources humaines de l'ex-ministère de l'Éducation nationale et de l'Alphabétisation.
L'Intersyndicale l'accuse d'avoir orchestré des mutations abusives et ciblées contre des responsables syndicaux.
Selon les chiffres avancés, plus d'une soixantaine de syndicalistes ont été mutés ou démis de leurs fonctions depuis avril 2025.
Ces décisions, qui font savoir les syndicats, ont été prises en violation des textes en vigueur, alors même qu'une période d'accalmie et de dialogue était engagée à l'époque.
« Ces mutations s'apparentent à une répression administrative ciblée contre les enseignants engagés syndicalement », a dénoncé l'Intersyndicale.
La responsabilité du DRH, Ouattara Drissa, a été directement pointée. Pour les syndicalistes, ces décisions n'étaient ni techniques ni anodines.
Elles constituaient une menace sérieuse pour la paix sociale dans le système éducatif.
« On ne peut pas prêcher le dialogue social et laisser s'installer la peur et la zizanie dans les établissements », a déploré David Bli Blé.
Il a estimé que ces pratiques avaient radicalisé le climat. Face à cette situation, l'IS-MENA/METFPA a formulé des exigences jugées non négociables.
Elle réclame la suspension immédiate de toutes les sanctions liées aux mutations contestées.
Elle a exigé l'annulation des décisions arbitraires.
Pour l'IS-MENA/METFPA il faut la réintégration administrative et la réhabilitation morale des enseignants concernés.
Elle a enfin appelé au respect de la liberté syndicale, garantie par les lois nationales et les conventions internationales ratifiées par la Côte d'Ivoire.
Tout en se disant attachée à la paix sociale, l'Intersyndicale a lancé un avertissement clair. La persistance de ces pratiques pourrait durablement fragiliser le climat dans le secteur éducatif.
Déterminée à poursuivre le combat pour la prime d'incitation et la dignité des enseignants, elle a conclu sans détour : « Le dialogue ne peut se construire sur l'injustice. »
Une première épreuve majeure pour le ministre Koffi N'Guessan, qui vient à peine de prendre les rênes de ce ministère
Esther Bognini (stagiaire)
source : 7info.ci