Les évêques catholiques de Côte d'Ivoire ont appelé à des réformes visant à renforcer le processus électoral du pays, tout en avertissant que l'expansion rapide de l'intelligence artificielle (IA) pose des défis éthiques, sociaux et humains qui exigent une attention urgente.
Dans le communiqué final de leur 129è Assemblée plénière, tenue du 25 au 31 mai, les membres de la Conférence épiscopale de Côte d'Ivoire (CECCI) ont salué la décision du gouvernement de dissoudre la Commission électorale indépendante et ont exhorté les responsables nationaux à veiller à ce que les réformes politiques comme les avancées technologiques respectent la dignité humaine, la cohésion sociale et le bien commun.
Les évêques catholiques saluent la réforme électorale
Abordant la situation politique en Côte d'Ivoire, les membres de la CECCI ont indiqué accueillir favorablement « la décision du gouvernement de dissoudre la Commission électorale indépendante, en perspective de la mise en place d'un nouveau mécanisme de gestion des élections en Côte d'Ivoire ».
Ils ont décrit cette décision comme une réponse aux préoccupations exprimées par divers acteurs de la vie socio-politique du pays, et ont précisé qu'ils « saluent cette initiative, que les autorités présentent comme une réponse aux préoccupations exprimées par plusieurs acteurs de la vie socio-politique nationale ».
Les membres de la CECCI ont toutefois souligné que la réforme ne doit pas se limiter à une restructuration institutionnelle, mais s'inscrire dans une large concertation.
Ils ont encouragé les autorités à poursuivre cette dynamique « dans un esprit d'écoute, de dialogue et de concertation avec toutes les forces vives de la nation ».
Les responsables de l'Église catholique ont exprimé l'espoir que tout futur organe électoral bénéficie d'une large confiance du public et fonctionne indépendamment des intérêts politiques.
« Tout en félicitant le gouvernement pour cette volonté de renforcer le climat de confiance autour du processus électoral », ont déclaré les évêques catholiques, ils souhaitent que « le futur mécanisme ne soit plus politisé et contribue effectivement à rassurer les acteurs politiques, à consolider la confiance des citoyens dans les institutions de la République et à garantir des élections équitables, inclusives et pacifiques ».
Ils ont en outre souligné que l'Église et l'État partagent une mission commune de service du peuple et ont réaffirmé la disponibilité de l'Église à contribuer chaque fois que son expertise est sollicitée.
L'IA : promesses mais aussi risques graves
Les membres de la CECCI ont également accordé une attention particulière aux opportunités et aux dangers de l'IA, s'inspirant de Magnifica Humanitas, la première encyclique du pape Léon XIV, publiée le 25 mai, consacrée à la protection de la personne humaine à l'ère de l'IA.
Ils ont reconnu que « la Côte d'Ivoire, comme toutes les nations africaines, découvre avec enthousiasme les immenses possibilités offertes par l'intelligence artificielle ».
Parmi les bénéfices identifiés figurent les améliorations dans l'éducation, la santé, l'administration publique, l'accès à l'information et le développement économique.
Les évêques de Côte d'Ivoire appellent à des réformes électorales et mettent en garde contre les risques liés à l'IA
Cependant, les évêques ont mis en garde contre la nécessité d'une vigilance éthique face au progrès technologique.
Ils ont averti que la société doit aussi faire face à « les risques réels de manipulation, de domination culturelle, d'appauvrissement relationnel, de dépendance aux écrans, de confusion entre le vrai et le faux, de déshumanisation et d'exclusion sociale ».
Ces préoccupations surviennent alors que les technologies d'IA influencent de plus en plus la communication, la politique, l'éducation et le débat public en Afrique et dans le monde.
En soulignant à la fois les opportunités et les dangers de l'IA, les membres de la CECCI ont insisté sur la nécessité de garantir que le développement technologique serve l'humanité plutôt que de porter atteinte à la dignité humaine et aux relations sociales.
Solidarité avec les victimes des inondations
Dans leur communiqué du 31 mai, les évêques catholiques de Côte d'Ivoire ont exprimé leur « profonde proximité spirituelle et leur compassion à toutes les récentes victimes des inondations survenues en Côte d'Ivoire ».
Ils ont offert « leurs prières aux familles endeuillées, leur soutien aux victimes, et encouragé les autorités ainsi que les personnes de bonne volonté à poursuivre les efforts de solidarité en faveur des populations touchées ».
Dynamisme missionnaire de l'Église
Réfléchissant à la vie pastorale de l'Église, les évêques ont exprimé leur encouragement face aux progrès réalisés dans plusieurs secteurs de l'évangélisation.
Ils ont appelé à « la poursuite de la réforme catéchétique et à l'intégration des outils numériques », ainsi qu'à « l'uniformisation des pratiques liturgiques dans tous les diocèses ».
Les membres de la CECCI ont également souligné l'importance du « renforcement de la pastorale des jeunes, des familles, des migrants et des personnes vulnérables », d'une meilleure collaboration entre les groupes ecclésiaux, et du « développement des médias catholiques pour une évangélisation plus efficace ».
Espoir, unité et développement centré sur l'humain
Au-delà de la politique et de la technologie, les membres de la CECCI ont réfléchi aux défis auxquels le pays est confronté, notamment la réconciliation, la cohésion sociale et le développement humain.
Ils ont noté que la Côte d'Ivoire continue d'aspirer à « la paix, la véritable réconciliation et le développement humain intégral ».
Les évêques ont insisté sur le fait que les réformes et les innovations doivent ultimement contribuer à l'unité nationale et au bien-être de tous les citoyens.
Ils espèrent que l'Église et l'État pourront travailler ensemble pour bâtir « une terre d'espérance, de justice, de paix, de fraternité et de cohésion sociale ».
Les responsables de l'Église catholique ont insisté sur le fait que ni les réformes politiques ni les avancées technologiques ne doivent perdre de vue ce qu'ils ont décrit comme l'objectif ultime : « le bonheur complet du peuple et de tous les peuples ».
source : aciafrique.org