Côte d'Ivoire: une nouvelle réglementation pour les professionnels des arts vivants

  • publiè le : 2026-09-06 19:28:20
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Côte d'Ivoire: une nouvelle réglementation pour les professionnels des arts vivants
En Côte d'Ivoire, une nouvelle réglementation du régime des entrepreneurs de spectacle vivant fait débat. Toute personne physique ou morale qui veut exercer devra bientôt être titulaire d'une licence délivrée par le ministère de la Culture.

Avec notre correspondante à Abidjan, Fanny Noaro-Kabré

Pour les autorités, il y a nécessité de professionnaliser et d'assainir un secteur marqué par l'informel, mais certaines mesures inquiètent ces professionnels, notamment celles d'une caution qui est demandée. Rassemblés en collectif, ils appellent le gouvernement à plus de souplesse.

Le collectif réunit des professionnels de la danse, du théâtre, du conte, des diffuseurs ou encore des exploitants de salle. Si tous adhèrent au principe d'une réforme, la question du coût de la future licence cristallise les inquiétudes. Les frais peuvent aller jusqu'à 10 millions de francs CFA (environ 15%u202F240 euros), selon le métier.

Le collectif plaide pour une réévaluation de ces tarifs. « Si l'arrêté est appliqué en tant que tel, il y a beaucoup de disciplines qui vont disparaitre. Nous militons pour que même le chansonnier qui va de villages en villages pour faire des spectacles vivants, puisse être immatriculé, avoir sa carte professionnelle, avoir une licence. On sait qu'il existe quelque part [qu'il est reconnu par le ministère] », explique Adama Adepodju, président de la Fédération nationale de théâtre.

Les entrepreneurs de spectacle vivant avaient jusqu'à mi-octobre pour se mettre en conformité, mais face aux nombreuses inquiétudes soulevées, le gouvernement choisit la carte de l'apaisement. « Il y a probablement des précisions à mettre dans l'arrêté. Donc l'arrêté va être reprécisé, pour que ce soit inclusif, mais on ne reviendra pas sur l'arrêté parce que là, il y a urgence. Je comprends que les professionnels aient été inquiets, mais il faut aussi qu'ils comprennent que nous avons une obligation de protéger ce public », a déclaré Françoise Remarck, ministre de la Culture.

Le ministère s'est engagé à mener, dans les prochains jours, des réunions de travail avec les membres du collectif.

« Il faut qu'on professionnalise sans nous lester »
Difficile d'avoir des chiffres sur le nombre d'entrepreneurs ainsi que sur le poids économique du secteur. Et c'est en cela que la réforme peut être utile, estime Chantal Djédjé, membre du collectif et directrice de la Fabrique culturelle (centre culturel multidisciplinaire) :

« Tous ces artistes créent de la valeur. Ils créent de la valeur mémorielle, de la valeur culturelle, ils créent de la valeur de transmission, de cohésion, mais aussi de la valeur économique. Et je pense que toutes les faitières - j'ai fait des réunions avec toutes les faitières, le conte, le slam, l'humour, etc. -, tout le monde est d'accord pour dire : "Oui, il faut qu'on professionnalise parce que ça va nous faire du bien à nous". La première chose que [la réforme] peut apporter, c'est de la visibilité, qu'on puisse dire : "Le spectacle vivant en Côte d'Ivoire, c'est tant de personnes. 2 000, 3 000, 10 000 personnes qui travaillent au quotidien. Le spectacle vivant en Côte d'Ivoire, c'est tant de chiffre d'affaires dans l'année". Et à partir du moment où l'État va pouvoir mettre ces chiffres-là, il va dire : "Ah, peut-être que ce secteur, économiquement, a besoin qu'on le soutienne, peut-être qu'on a besoin de mettre une salle, dans telle ville parce qu'il y a une demande qui est là, parce qu'il y a un pouvoir économique". Voilà ce que ça va apporter, ça va nous apporter de la visibilité, ça va nous apporter des infrastructures, ça va nous apporter du soutien de l'État. Donc pour moi, oui, cette réforme est nécessaire mais il faut qu'on professionnalise sans nous lester. »
source : rfi.fr

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