La France, la Côte d'Ivoire et le Bénin affichent leur volonté de poursuivre leur coopération dans la lutte antiterroriste

  • publiè le : 2026-03-20 12:54:16
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La France, la Côte d'Ivoire et le Bénin affichent leur volonté de poursuivre leur coopération dans la lutte antiterroriste
Lors d'une réunion tripartite organisée jeudi 19 mars à Cotonou, les chefs d'état-major des armées française, ivoirienne et béninoise ont convenu de poursuivre leur collaboration entamée l'an dernier. Objectif : lutter contre la menace terroriste qui pèse sur le nord du Bénin et sur la Côte d'Ivoire.

Par :
RFI
Avec notre correspondant à Cotonou, Jean-Luc Aplogan

La réunion tripartite des chefs d'état-major de France, de Côte d'Ivoire et du Bénin, qui collaborent depuis l'année dernière dans la lutte contre le terrorisme, s'est tenue ce jeudi 19 mars dans l'enceinte de la caserne de Togbin, à la sortie de Cotonou.

Réunis autour d'un agenda commun, les trois pays ont d'abord dressé un bilan détaillé de la situation sécuritaire dans le nord du Bénin ainsi qu'en Côte d'Ivoire. Si une quasi-absence d'attaques sur le territoire ivoirien est recensée, le Bénin, qui en a, lui, subi plusieurs, a au moins la satisfaction de pouvoir observer une baisse progressive du nombre de victimes qu'elles laissent derrière elles.

Après avoir présenté l'ennemi défini comme mobile et prompt à frapper par surprise, le commandant de l'opération « Mirador » déployée dans le nord du Bénin, le colonel André Fofo Dokoui, a plaidé pour une coopération régionale pleine et entière dans le but de construire une riposte efficace et durable. « La réussite passe par une coopération régionale que nous n'avons pas encore dans son intégralité pour le moment », a-t-il ainsi déclaré avant d'ajouter : « La présence de la Côte d'Ivoire est un élément essentiel, mais nous en voulons davantage. »

Poursuivre et consolider la coopération militaire
Alors que le chef d'état-major des forces armées béninoises, le général Fructueux Gbaguidi, avait auparavant fait part de sa conviction que la guerre contre le terrorisme ne pouvait pas être menée en solitaire, lui et ses homologues français et ivoirien ont affiché une même volonté non seulement de poursuivre cette coopération mais d'en consolider les principaux axes et même d'en ouvrir de nouveaux.

Pour le général Gbaguidi, celle-ci doit notamment se déployer dans les domaines « du renseignement, de la formation des pilotes, de nos forces spéciales et des personnels spécialisés dans la lutte contre la désinformation qui fait rage ». À ce propos, le colonel André Fofo Dokoui a, lui, tenu à faire une mise au point : alors que certaines voix affirment que des soldats français figureraient parmi ceux qui participent à l'opération « Mirador », « tous ceux avec qui je mène la guerre contre les terroristes sont des Béninois à 100% », a-t-il dit.

La réunion s'est conclue par une audience avec le président béninois Patrice Talon, puis par un dîner officiel. Les chefs d'état-major ivoirien et français ont ensuite pris la direction de leurs pays respectifs dans la soirée.

Le général Fabien Mandon répond aux accusations du général Tiani : « Il n'y a pas de camp français dans la région »
Le général Fabien Mandon a aussi répondu aux accusations répétées des dirigeants de l'AES et particulièrement à celles du général Abdourahamane Tiani, chef de la junte du Niger, qui a affirmé plusieurs fois que le Bénin abritait des bases militaires françaises destinées à déstabiliser son régime. Des allégations qui ont franchi un nouveau palier au lendemain de l'attaque de l'aéroport de Niamey, fin janvier 2026, lorsque le même général Tiani a désigné les chefs d'État béninois Patrice Talon, ivoirien Alassane Ouattara et français Emmanuel Macro comme commanditaires de l'opération. Une rhétorique balayée par le général Mandon :

« Non, la France est là ponctuellement aux côtés des armées béninoises : il n'y a pas de camp français dans la région, a-t-il précisé pour couper court aux allégations. Je vois que les pays de l'AES répandent de fausses informations. Ils essayent de faire croire que tout va mieux alors que tout va mal. La situation ne fait qu'empirer et c'est beaucoup plus facile de faire penser que c'est la faute de pays voisins, de pays étrangers. La France peut être un bon argument pour expliquer que ça ne va pas. La réalité, c'est que ces pays-là ne font qu'enfoncer leurs citoyens dans plus de crises, plus de difficultés économiques et cela se voit. Il y a malheureusement des attaques terroristes, des blocus d'une capitale qui ne reçoit plus de pétrole pendant des semaines. C'est ça la réalité de l'Alliance des États du Sahel. Les pays sont souverains, la France est très attachée à ça. Le Niger a fait ses choix, le Mali fait ses choix, le Burkina Faso fera ses choix. C'est à la population de choisir son destin. La France n'intervient pas dans les affaires de ces pays et n'a aucune intention d'intervenir dans ces pays. En revanche, nous observons ce qui arrive dans ces pays et c'est préoccupant. J'espère que cette situation va s'améliorer. »
source : rfi.fr

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