Mali, Guinée, Burkina Faso, Ghana... Les pays d'Afrique de l'Ouest veulent reprendre le contrôle de leur minerai d'or

  • publiè le : 2026-10-22 00:20:37
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Mali, Guinée, Burkina Faso, Ghana... Les pays d'Afrique de l'Ouest veulent reprendre le contrôle de leur minerai d'or
Reprendre le contrôle de leurs ressources minières: c'est l'ambition de nombreux gouvernements africains, qui multiplient les mesures en ce sens, notamment dans le domaine de l'or en Afrique de l'Ouest. Décryptage de Louise Margolin, journaliste à Jeune Afrique.

Récemment, plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest ont lancé des projets ambitieux de construction de raffineries d'or. "Il y a quelques semaines le Burkina Faso a inauguré sa première raffinerie d'or, tandis que la Guinée, elle, a exporté il y a quelques jours ses premiers lingots raffinés à Conakry, tandis que le Mali, en partenariat avec la Russie, est en train de construire une nouvelle raffinerie à Bamako, et la Côte d'Ivoire espère en ouvrir une dès l'année prochaine" explique Louise Margolin, journaliste à Jeune Afrique. Ces infrastructures permettent de transformer l'or extrait des mines artisanales ou industrielles en un produit pur, prêt à être vendu sur le marché international.

"Mieux contrôler les flux d'or"
L'implantation de raffineries s'inscrit dans une stratégie plus large de reprise en main du secteur aurifère par les États. Louise Margolin précise que "les États cherchent à mieux encadrer le commerce de l'or artisanal, en créant par exemple des agences dédiées, comme au Ghana, où ils essaient de mieux contrôler les exportations d'or en changeant les lois ou enfin ils tentent de mieux exploiter les ressources aurifères en créant des sociétés dédiées. L'objectif numéro un est de mieux contrôler les flux d'or".

En récupérant une partie des volumes d'or qui quittent le continent illégalement, les gouvernements espèrent accroître leurs revenus et s'assurer que la valeur ajoutée reste dans leurs pays.

Malgré ces initiatives, plusieurs obstacles subsistent. Capturer l'or artisanal reste complexe et les raffineries locales peinent à convaincre les industriels miniers de leur confier leur or. Ces derniers préfèrent souvent les raffineries étrangères, reconnues pour la qualité et la traçabilité de leur production. De plus, l'activité de raffinage n'est pas toujours rentable, et de nombreux dispositifs de contrôle du secteur sont encore en cours de déploiement.

Au-delà des aspects économiques, cette dynamique s'inscrit dans un mouvement plus large de nationalisme des ressources. Les États cherchent à démontrer que les richesses naturelles profitent davantage à leurs populations. Avec le prix de l'or à des niveaux élevés, cette stratégie revêt également une dimension politique forte, visant à renforcer la souveraineté nationale.

source : tv5monde.com

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