Côte d'Ivoire: le procureur financier hausse le ton contre les blanchiments de capitaux

  • publiè le : 2026-06-12 16:54:39
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Côte d'Ivoire: le procureur financier hausse le ton contre les blanchiments de capitaux
En Côte d'Ivoire, le procureur du pôle pénal économique et financier a tenu une conférence de presse le 10 juin 2026 pour mettre en garde les auteurs de blanchiment de capitaux. Un phénomène qui prend de l'ampleur, selon lui.

Par :
RFI
Avec notre correspondante à Abidjan, Bineta Diagne

Selon Jean-Claude Aboya, le procureur financier, le « blanchiment de capitaux autonome » prend de l'ampleur en Côte d'Ivoire. Ses équipes reçoivent au moins un signalement par jour, dit-il. Principal secteur dans le viseur : l'immobilier. « Le résultat de ces études pointe le secteur de l'immobilier comme le secteur permettant de blanchir le plus vite ou le plus rapidement, les fonds d'origines illicites », a-t-il affirmé.

La semaine précédente, un artiste connu, Apoutchou National, a été condamné à trois ans de prison pour blanchiment de capitaux. C'est une vidéo postée sur les réseaux sociaux et dans laquelle l'artiste exhibe des billets de banque, qui a attiré l'attention des enquêteurs. De même, ces derniers jours, la justice a annoncé des poursuites judiciaires contre un pasteur influent possédant un parc automobile de voitures de luxe.

Il y a deux ans, le Groupe d'action financière (Gafi) - un organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme - a placé la Côte d'Ivoire sur sa liste grise des pays sous surveillance.

Veille numérique
Ces efforts en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux visent en partie à sortir de cette catégorie, comme le souligne le procureur Jean-Claude Aboya : « Le parquet financier ne laissera personne saborder, de quelque manière que ce soit, l'effort collectif, déployé sans relâche depuis octobre 2024, pour replacer la Côte d'Ivoire dans le concert des nations sûres. »

Le procureur financier précise que les méthodes d'enquêtes ont changé : il y a désormais une veille numérique.

Le blanchiment de capitaux est puni par des peines variant de 3 à 7 ans de prison. À cela s'ajoutent des amendes qui peuvent aller jusqu'au triple du montant incriminé.
source : rfi.fr

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