Santé mentale : Plus de 3 millions de personnes susceptibles d'être touchées en Côte d'Ivoire

  • publiè le : 2026-10-31 01:17:41
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Santé mentale : Plus de 3 millions de personnes susceptibles d'être touchées en Côte d'Ivoire
Face à l'insuffisance de l'offre médicale, le ministère en charge de la Santé déploie de nouveaux dispositifs d'écoute et d'orientation.
La Côte d'Ivoire compte environ 3 millions de personnes susceptibles de présenter un problème de santé mentale nécessitant des soins adaptés. Or, 60 000 à 70 000 personnes sont suivies dans les structures psychiatriques conventionnelles.

Ces données ont été révélées par le professeur Médard Asseman Koua, enseignant-chercheur, psychiatre-psychothérapeute et directeur coordonnateur du Programme national de Santé mentale. C'était le 27 octobre lors de son passage à la tribune hebdomadaire « Tout savoir sur » initiée par le Centre d'information et de communication gouvernementale (Cicg).

Selon le directeur coordonnateur, ces 3 millions de personnes n'ont pas besoin d'être hospitalisées dans les hôpitaux psychiatriques, car certaines ont besoin de soins légers, d'autres, en revanche, de soins modérés ou sévères.

À l'en croire, une enquête menée entre 2022 et 2024 montre des prévalences de troubles de la santé mentale de 25 % dans la région de Bouaké et 41 % dans le Grand Abidjan. Les jeunes, a-t-il affirmé, sont en première ligne et le suicide est « une préoccupation majeure ».

En effet, il a fait savoir qu'entre 2019 et 2021, une étude du ministère en charge de la Santé, appuyée par l'Organisation mondiale de la santé (Oms), a recensé 418 suicides et 927 tentatives de suicide.

Selon lui, l'Oms estime le taux de mortalité par suicide à 25 pour 100 000 habitants par an en Côte d'Ivoire. Les jeunes de 10 à 24 ans représentent plus de 30 % des tentatives de suicide.

Le psychiatre-psychothérapeute a indiqué qu'il existe 4 signes d'alerte pour reconnaître qu'une personne est susceptible de faire une maladie mentale. Le premier provient du discours : « Ça peut être quelqu'un qui, depuis une à deux semaines, peut vous dire : « Moi-même, ma vie n'en vaut pas la peine. Je ne sais même pas pourquoi je suis sur cette terre» ».

Le second, c'est le changement d'émotion, notamment, une personne habituellement joyeuse qui devient triste. Le troisième signe, c'est l'insomnie et le quatrième, c'est le comportement, plus spécifiquement quand la personne est décrite partout par son entourage comme étant « trop compliquée » ou « bizarre ».

Face à ces réalités, il a indiqué que le pays compte aujourd'hui environ 100 structures spécialisées en santé mentale, marquant une hausse de 40 % entre 2019 et 2025, tandis que le nombre de spécialistes a été « multiplié par cinq ».

Cependant, il a reconnu que cette offre « reste insuffisante », notamment, avec la prolifération de plus de 550 camps de prière vers lesquels de nombreuses familles se tournent en premier recours, « parfois au détriment de la dignité des malades ».

Raison pour laquelle il a signifié que le programme met en oeuvre des priorités stratégiques axées sur la sensibilisation, l'intégration de la santé mentale dans la Couverture maladie universelle, la prévention du suicide, la déconcentration des soins, l'innovation digitale et la promotion des droits humains.

Parmi les dispositifs déployés figurent un site Internet d'information ainsi que la ligne verte 143, qui offre une assistance psychologique gratuite 24h/24. Selon les chiffres présentés, ce numéro vert a pris en charge plus de 3 000 personnes et permis d'éviter plus de 250 décès ou tentatives de suicide.

Le professeur Koua a conclu en invitant les populations en détresse à utiliser ce service national .

DANIELLE SERI (stagiaire)
source : fratmat.info

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