Les découvertes pétrolières et gazières réalisées dans les champs baleine et calao renforcent les ambitions énergétiques de la Côte d'Ivoire. Le pays a désormais des réserves estimées à plusieurs milliards de barils de pétrole.
Les récentes découvertes pétrolières et gazières des champs pétroliers baleine et calao placent désormais la Côte d'Ivoire parmi les pays africains à fort potentiel énergétique.
Avec des réserves estimées à plus de 6 milliards de barils équivalent pétrole, ces projets pourraient transformer l'économie ivoirienne au cours de la prochaine décennie.
Mais face aux géants historiques du continent comme le Nigeria, la Libya et l'Angola, quelle est réellement la place de la Côte d'Ivoire dans la hiérarchie pétrolière africaine ?
Des découvertes majeures pour la Côte d'Ivoire
Selon le directeur général des hydrocarbures, Essé Kouamé Bienvenu, les champs baleine et calao représentent des découvertes « de classe mondiale », une première pour le pays.
Les estimations font état de plus de 2,5 milliards de barils de pétrole et 3 000 milliards de pieds cubes de gaz naturel pour baleine.
Calao, lui, renfermerait environ 5 000 milliards de pieds cubes de gaz et environ 450 millions de barils de condensat.
Au-delà des volumes, ces ressources devraient générer plusieurs dizaines de milliers d'emplois directs et indirects d'ici 2030, tout en renforçant la sécurité énergétique nationale.
Dans le pays, environ 70 % de l'électricité est produite à partir du gaz naturel. L'exploitation de ces réserves permettra donc d'augmenter la production d'électricité.
Elle permettra aussi d'accompagner l'industrialisation et de soutenir les exportations d'énergie vers plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine.
Les autorités ivoiriennes ambitionnent d'ailleurs de doubler la contribution du secteur minier et énergétique au PIB pour atteindre environ 14 % à l'horizon 2030.
Le Nigeria, géant incontesté du pétrole africain
Premier producteur du continent, le Nigeria reste très loin devant tous les autres pays africains. Sa production oscille entre 1,4 et 1,6 million de barils par jour.
Dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, le pétrole constitue la colonne vertébrale de l'économie. Plus de 90 % des revenus d'exportation proviennent de l'or noir.
Et plus de la moitié des recettes publiques dépendent du secteur pétrolier.
La Nigerian National Petroleum Company Limited réalise à elle seule plus de 30 milliards de dollars de chiffre d'affaires, soit davantage que le PIB de plusieurs pays africains.
La Libye, le plus grand réservoir pétrolier d'Afrique
La Libye possède les plus importantes réserves prouvées du continent. Elles ont une capacité d'environ 48 milliards de barils.
Cependant, plus d'une décennie d'instabilité politique a fragilisé son industrie pétrolière. Malgré cela, la production reste élevée.
Elle est autour de 1,3 million de barils par jour, ce qui place toujours le pays parmi les principaux producteurs africains.
L'Angola, puissance pétrolière offshore
Troisième grand acteur africain, l'Angola s'imposé depuis les années 2000 comme l'un des leaders mondiaux du pétrole offshore.
Sa production se situe aujourd'hui autour de 1,1 million de barils par jour, après avoir atteint un pic de 1,8 million de barils entre 2014 et 2015.
Comme au Nigeria, l'économie angolaise dépend fortement de l'or noir. Le pétrole représente 95 % des exportations du pays.
Ce produit représente aussi deux tiers des recettes fiscales et environ 30 % du produit intérieur brut.
Une Côte d'Ivoire encore modeste mais très prometteuse
Face à ces géants, la Côte d'Ivoire reste pour l'instant un acteur émergent du secteur pétrolier africain.
La production ivoirienne demeure encore modeste par rapport aux grands producteurs du continent.
Toutefois, les découvertes des champs baleine et calao changent progressivement la donne.
Ces projets pourraient augmenter significativement la production nationale, renforcer la sécurité énergétique du pays.
Ils peuvent accélérer l'industrialisation grâce au gaz naturel. Et positionner la Côte d'Ivoire comme un futur hub énergétique en Afrique de l'Ouest.
Le pays est encore loin de rivaliser avec le Nigeria, la Libye ou l'Angola en volume de production.
Mais le potentiel découvert ces dernières années laisse entrevoir une montée en puissance rapide du secteur énergétique ivoirien.
Tristan Sahi
source : 7info.ci