(Agence Ecofin) - Alors que la transformation numérique redessine l'économie mondiale, le développement informatique s'impose comme l'un des métiers les plus porteurs et les plus accessibles du XXIe siècle, y compris en Afrique.
Le code est devenu le moteur du monde. Des applications mobiles aux systèmes intelligents, chaque innovation numérique implique un développeur, et la demande de talents reste forte.
En France, le baromètre KYU associé 2024 signale une hausse de 55 % des effectifs en dix ans. Les tensions de recrutement s'aggravent chaque année. Entre le premier semestre 2023 et le premier semestre 2024, les offres d'emploi ont progressé de 20 %. À l'échelle mondiale, la pénurie est encore plus critique.
Le développeur conçoit, écrit, teste et maintient des logiciels, applications et systèmes d'information. Selon l'Association pour l'emploi des cadres (APEC), il peut se spécialiser en front-end pour les interfaces visibles par l'utilisateur, en back-end pour la logique serveur et les flux de données, ou opter pour un profil full-stack qui couvre les deux dimensions à la fois. À ces spécialités s'ajoutent des domaines en pleine explosion comme l'intelligence artificielle, la cybersécurité, le cloud computing et la data science.
Les opportunités pour les développeurs continuent de croître. D'après le baromètre KYU 2024, la programmation et le conseil informatique représentent trois quarts des emplois du secteur numérique. Les développeurs travaillent dans des start-up, ONG, ministères, cabinets ou multinationales. Le télétravail et le freelance sont devenus la norme.
L'étude APEC sur les rémunérations 2025, portant sur 111 familles de métiers, établit qu'un développeur en France perçoit un salaire annuel brut compris entre 34000 et 53000 EUR (entre 39500 et 61500 dollars), avec une médiane à 43000 EUR. Aux États-Unis, les données disponibles sur Career Karma révèlent que les développeurs informatiques chez Google perçoivent généralement plus de 180000 dollars, incluant salaire, bonus et actions.
En Afrique, les rémunérations des développeurs progressent avec la montée en puissance des écosystèmes tech, notamment au Kenya, au Maroc, en Côte d'Ivoire et au Sénégal. Selon les données de Glassdoor, un développeur informatique débutant gagne en moyenne entre 4200 et 9500 dollars par an sur le marché ivoirien. Les revenus dépassent souvent ces standards pour les développeurs africains travaillant à distance pour des entreprises européennes.
Devenir développeur en Afrique, mode d'emploi
En Afrique, plusieurs institutions proposent des formations reconnues en informatique, contribuant à structurer les compétences du secteur numérique. Au Burkina Faso, l'Institut international d'ingénierie de l'eau et de l'environnement (2iE) offre depuis septembre 2024 des cursus d'ingénieur intégrant le développement logiciel, la data et les technologies émergentes. Au Sénégal, l'École Supérieure Polytechnique de l'Université Cheikh Anta Diop propose des parcours en génie informatique et systèmes numériques.
Par ailleurs, l'École supérieure multinationale des télécommunications (ESMT) basée à Dakar délivre également des formations en réseaux, télécoms et technologies digitales. Créée en 1981 à l'initiative de sept pays ouest-africains, elle vise à former des ingénieurs et experts capables de répondre aux besoins technologiques de la région.
Pour une formation rapide, les bootcamps représentent une alternative reconnue. GOMYCODE, présente dans plus de dix pays africains, propose un modèle hybride entre cours en ligne et présentiel. Plus de 70 % des diplômés trouvent un emploi grâce à un réseau de partenaires.
Andela connecte des développeurs africains avec des entreprises mondiales. La Moringa School forme des talents au Kenya. Depuis 2024, l'école 42 a ouvert un campus à Madagascar, illustrant l'essor des pédagogies innovantes.
Des programmes gratuits ou peu coûteux se développent. Simplon forme des développeurs web et mobile à travers le continent. Le programme D-CLIC de l'OIF offre des certifications gratuites en développement et cybersécurité. Orange Campus Africa rend accessibles des cours universitaires en ligne depuis tout pays du réseau.
Partout où une connexion internet existe, il est possible d'apprendre à coder. Coursera, edX et OpenClassrooms proposent des parcours structurés du niveau débutant à expert. Python, leader de l'indice TIOBE depuis 2024, reste le meilleur point d'entrée. Un autodidacte discipliné peut construire un portfolio en 12 à 18 mois et décrocher des missions sur des plateformes de freelance.
Félicien Houindo Lokossou
Edité par Sèna D. B. de Sodji
source : agenceecofin.com