CAN 2025 - Emerse Faé avant Gabon-Côte d'Ivoire : ''En Afrique, la critique est plus frontale''

  • publiè le : 2025-12-31 11:50:48
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CAN 2025 - Emerse Faé avant Gabon-Côte d'Ivoire : ''En Afrique, la critique est plus frontale''
Choix des joueurs, choix tactiques... Rien n'est épargné à Emerse Faé, qui construit désormais son parcours de sélectionneur à la réussite insolente après sa victoire à la CAN 2023. Avant Gabon-Côte d'Ivoire (Coupe d'Afrique des nations), le coach des Éléphants revient sur les critiques qu'il subit depuis de longues semaines.


Emerse Faé, vous êtes champions d'Afrique en titre, qualifiés pour la Coupe du monde et qualifiés avant votre dernier match de groupe pour les huitièmes de finale de la CAN 2025, mais vous faites l'objet de critiques incessantes. Le peuple ivoirien est-il trop exigeant ?

Emerse Faé. : C'est le mauvais côté du rôle de sélectionneur qu'il soit africain, européen ou américain. Mais quand en Europe, la critique peut être feutrée, elle est plus frontale en Afrique. Il y a de l'exigence oui, et beaucoup d'émotion. On est plus dans l'émotion en Afrique. Beaucoup parlent sans avoir les tenants et les aboutissants. Presque quotidiennement, j'entends des critiques complètement infondées. On m'a reproché de ne pas sélectionner des joueurs qui étaient blessés. Il faut prendre du recul parce que si on reste trop concentré sur ça, malheureusement, on perd beaucoup d'énergie. Mon carburant, je le réserve à mes joueurs, à mon groupe, à les encourager, à trouver des solutions aux problèmes tactiques que nous posent nos adversaires.

Vous arrivez à prendre ce recul ?
E.F. : Parfois ça fait mal, ça me touche. Alors, je réfléchis et je me dis : 'qu'est-ce qui compte : être critiqué et avoir l'adhésion totale de mon groupe ou être adulé alors que mes joueurs ne suivent pas ce que je propose ?'. Le plus important, ce sont mes joueurs, mon groupe et son unité. Il est devenu tellement facile pour tout le monde de critiquer aujourd'hui, de prendre son téléphone, de créer un compte, de faire des vidéos pour chercher le buzz. Si vous voulez faire le buzz, il ne faut pas être gentil, il faut être méchant, il faut se moquer. Mais, voilà, ça fait partie du 'game'.

Vous vous êtes fixé l'objectif d'un doublé, un exploit rare. Est-ce réellement possible ?

E.F. : Bien sûr, mais ça va être dur. Il y a huit ou neuf équipes qui ont l'effectif pour gagner. D'autant qu'en tant que tenant du titre, j'ai l'impression que quand les équipes jouent contre nous, elles ne sont pas les mêmes que lorsque je les analyse avant la rencontre. Ça rend la tâche encore plus compliquée. Si nous ne sommes pas prêts dans tous les compartiments, que ce soit sur le terrain ou en dehors du terrain, on ne la gagnera pas. Mais on a aussi cette confiance en nous qui fait qu'on va se battre jusqu'à la dernière minute pour aller chercher cette quatrième étoile.

Quel regard portez-vous sur votre parcours de sélectionneur ?

E.F. : D'abord, je me dis que j'ai de la chance, à mon âge, d'être à la tête d'une des meilleures sélections d'Afrique. Après, les circonstances dans lesquelles je suis arrivé sont bizarres : en plein milieu d'une compétition, le jour de mon anniversaire, avec le départ d'une personne que je respectais. Rien n'était vraiment normal. J'ai essayé de faire abstraction de tout ça. Ensuite, après le titre, j'ai essayé de créer de la continuité pour que ce ne soit pas un accident, de passer d'une mission commando à la construction d'un groupe.

Il y a deux ans, vous succédiez en pleine compétition à Jean-Louis Gasset, cette année, il décède en pleine phase de groupe. Êtes-vous plus fort dans l'adversité ?

E.F. : On ne le saura qu'a posteriori. Mais ces événements, c'est vrai, viennent tester la solidité et le mental du collectif. D'autant qu'avant le décès de Jean-Louis, il y a eu le cas de Nicolas Pépé (non sélectionné pour des propos à l'encontre des joueurs binationaux), qui réalise une saison énorme à Villareal et qui est un cadre de ce groupe rajeuni sur le front de l'attaque. Il y a eu la blessure de Sébastien Haller aussi. Mais en tant que sélectionneur, on doit toujours s'adapter."
source : eurosport.fr

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