La Côte d'Ivoire veut franchir une nouvelle étape dans la transformation de son système éducatif. À l'occasion de la cérémonie officielle de rentrée scolaire 2026-2027, organisée vendredi 4 septembre 2026 au Lycée Sainte-Marie de Cocody, le ministre de l'Éducation nationale, de l'Alphabétisation et de l'Enseignement technique, Dr Koffi N'Guessan, a présenté les acquis de l'année écoulée, mais aussi les défis auxquels l'école ivoirienne reste confrontée.
Placée sous le thème « Ensemble, restaurons la confiance pour transformer durablement l'École », cette rentrée scolaire se veut ainsi un moment de mobilisation de l'ensemble de la communauté éducative. Pour le ministre, la transformation de l'école ne peut reposer uniquement sur les investissements de l'État. Elle doit également s'appuyer sur la qualité des enseignements, la responsabilité des acteurs et la confiance entre enseignants, élèves, parents et institutions. Dans son bilan, Koffi N'Guessan a mis en avant les investissements réalisés depuis 2011 sous le leadership du président Alassane Ouattara. Ces efforts ont notamment permis la construction de 7 678 salles de classe au préscolaire et de 43 607 au primaire. Le pays compte également 800 collèges, dont 441 collèges de proximité, ainsi que 29 établissements de formation professionnelle.
Ces investissements ont contribué, selon le ministre, à améliorer les performances du système éducatif. Le taux net de scolarisation au primaire avoisine désormais 97 %, tandis que le taux d'achèvement est estimé à 87 %. L'année scolaire 2025-2026 a également été marquée par plusieurs programmes d'infrastructures. Le programme DEFI3, la construction de 14 lycées et collèges d'excellence dotés d'internats pour jeunes filles, le PATEB, avec 386 salles de classe au pré-primaire, ainsi que le PRSEB, comprenant 3 000 salles de classe au primaire et 51 collèges de proximité, figurent parmi les projets cités. À cela s'ajoute la construction de 79 collèges de proximité à base 4. Plusieurs établissements ont aussi bénéficié de travaux de réhabilitation et d'équipement, notamment les lycées professionnels de la Riviera, de Jacqueville, San Pedro et Abengourou.
4 900 enseignants recrutés
Le renforcement des ressources humaines constitue également un volet important du bilan présenté par le ministre. Pour faire face au déficit d'enseignants dans le secondaire, 4 900 enseignants ont été recrutés et déployés exceptionnellement. Près de 2 000 d'entre eux sont des professeurs de mathématiques et de physique-chimie, deux disciplines particulièrement stratégiques pour renforcer les compétences scientifiques des élèves. Dans l'enseignement technique et professionnel, le recrutement de 866 enseignants est actuellement en cours. Par ailleurs, 20 000 enseignants de CE2 ont été formés dans le cadre du Programme national d'amélioration des premiers apprentissages scolaires (PNAPAS). Sur le plan matériel, l'État a acquis 317 000 tables-bancs, 4,35 millions de kits scolaires et 2 800 mallettes pédagogiques.
Une école plus inclusive
L'inclusion scolaire figure également parmi les priorités affichées. Selon le ministre, 260 000 enfants issus des structures islamiques d'éducation ont intégré le système éducatif formel. Les efforts en faveur des élèves en situation de handicap ont également été soulignés. Sur les 64 candidats en situation de handicap sensoriel présentés au CEPE, le taux de réussite s'est établi à 93 %. Tous ont ensuite été affectés dans des établissements publics situés à proximité de leur domicile. Pour Koffi N'Guessan, ces résultats témoignent de la volonté de construire une école accessible au plus grand nombre, sans distinction.
Des défis encore importants
Malgré ces avancées, le ministre n'a pas occulté les difficultés persistantes. La croissance démographique, estimée à 2,9 %, continue d'exercer une pression sur les infrastructures et les capacités d'accueil. La construction et la réhabilitation des établissements devront donc se poursuivre. L'autre grand défi concerne l'attractivité de l'enseignement technique et professionnel. Le gouvernement ambitionne de porter la part de cet enseignement à 15 % des effectifs du secondaire à l'horizon 2035, afin de mieux rapprocher la formation des besoins du marché de l'emploi. Sur le plan qualitatif, plusieurs chantiers sont également annoncés : amélioration de la formation et des conditions de travail des enseignants, révision des curricula, disponibilité des outils pédagogiques, meilleure orientation des élèves, renforcement des mécanismes de remédiation et crédibilité accrue des examens. La gouvernance constitue enfin un axe majeur. Le ministre veut mettre davantage l'accent sur la transparence, la responsabilité, la redevabilité, l'efficacité, la digitalisation et la valorisation du mérite.
Sept priorités pour la nouvelle année scolaire
Pour 2026-2027, sept priorités ont été définies. Il s'agit de disposer de curricula plus lisibles et de manuels uniques accessibles à tous les élèves, de mieux former et valoriser les enseignants, de garantir des écoles sécurisées et salubres, de renforcer la crédibilité des examens, de rendre l'enseignement technique et professionnel plus attractif, de développer la culture scientifique et numérique et de promouvoir la discipline, le travail et la responsabilité. Ces orientations s'inscrivent dans la vision « La Côte d'Ivoire à l'École », destinée à faire du système éducation-formation « le moteur du développement durable de la Grande Côte d'Ivoire ». Le concept repose sur quatre piliers : « l'École de la confiance », « l'École partout pour tous », « l'École des talents » et « l'École des nouvelles opportunités ».
Le pari de la mobilisation collective
Pour réussir cette transformation, Koffi N'Guessan appelle à une mobilisation générale. Enseignants, personnels administratifs, établissements privés, élèves, parents, collectivités, secteur productif et partenaires techniques et financiers sont invités à jouer pleinement leur rôle. Le ministre a particulièrement exhorté les élèves à faire du travail et de la discipline les fondements de leur réussite, tout en rejetant la fraude et la violence. Les parents et les collectivités sont, quant à eux, appelés à renforcer leur implication dans la vie scolaire.
La rentrée scolaire 2026-2027 débutera officiellement le lundi 14 septembre à 7 heures. À travers cette nouvelle année, le ministère entend donc transformer les acquis en résultats durables et faire de la restauration de la confiance un levier essentiel pour améliorer l'école ivoirienne. L'ambition affichée est claire : construire, avec l'ensemble des acteurs, « l'École que la Côte d'Ivoire mérite et que les enfants attendent ».
source : afriksoir.net