Une femme arrivée au Nigeria par avion en provenance de l'Ouganda est porteuse du virus Ebola, a annoncé mardi le gouvernement nigérian, qui recense par ailleurs 44 cas contacts étroits. L'épidémie, déclarée en mai en République démocratique du Congo où elle a dépassé les 9 000 cas pour 4 381 décès, s'étend à plusieurs pays africains.
Le gouvernement du Nigeria a annoncé, mardi 20 octobre, le premier cas d'Ebola sur son territoire, à Abuja, la capitale du pays le plus peuplé d'Afrique, tandis que de l'autre côté du continent, le Kenya vient de déclarer son neuvième cas.
"La patiente, une femme récemment arrivée au Nigeria à bord d'un vol international en provenance d'Ouganda, a été admise dans un hôpital privé" d'Abuja "où elle a été prise en charge pendant plusieurs jours avant que le diagnostic ne soit confirmé", a déclaré dans un communiqué Muhammad Ali Pate, le ministre nigérian de la Santé. Le gouvernement a appelé "tous les établissements de santé publics et privés du pays à se mettre en état d'alerte maximale".
La République démocratique du Congo est en proie depuis le mois de mai à la 17e épidémie de maladie à virus Ebola de son histoire, devenue en quelques mois la plus meurtrière jamais connue dans ce vaste pays d'Afrique centrale. À ce jour, l'épidémie a passé la barre des 9 000 cas, pour 4 381 décès, selon un bilan des autorités sanitaires congolaises.
Le ministre nigérian de la Santé a précisé que "44 contacts étroits ont été identifiés à ce jour" et que "les équipes de santé publique s'emploient à identifier et à surveiller les personnes susceptibles d'avoir été exposées, notamment le personnel soignant, les patients, les aidants et les contacts rencontrés lors du voyage".
Neuf cas au Kenya
Mardi, le Kenya a annoncé avoir détecté son neuvième cas d'Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une grave fièvre hémorragique. Le pays d'Afrique de l'Est avait déclaré un premier cas d'Ebola le 6 octobre, au lendemain du décès à Nairobi d'un homme d'affaires ayant vécu en République démocratique du Congo. Depuis, huit autres cas ont été confirmés, la plupart chez des personnes ayant eu des contacts étroits avec la première victime, âgée d'une quarantaine d'années.
Les États-Unis ont mis en garde mardi leurs ressortissants contre les voyages au Kenya, leur recommandant de "reconsidérer" leur déplacement dans ce pays.
L'Ouganda, voisin de la République démocratique du Congo, avait enregistré vingt cas et deux décès avant de déclarer fin août l'épidémie éradiquée dans le pays.
Ce n'est pas la première fois que le Nigeria, géant d'Afrique de l'Ouest, est confronté à cette épidémie. En 2014, lorsque le premier cas d'Ebola avait été signalé à Lagos, capitale économique tentaculaire de 20 millions d'habitants à l'époque, le monde entier avait retenu son souffle.
Finalement, l'épidémie n'avait duré que 21 jours et seules sept personnes étaient mortes, sur 19 contaminées, grâce à la prise en charge rapide des autorités et à l'aide technique des organisations internationales présentes au Nigeria.
Cette maladie très contagieuse avait fait plus de 11 000 morts en Afrique de l'Ouest entre fin 2013 et 2016. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait salué le "succès spectaculaire" face à ce qui aurait pu devenir une "épidémie urbaine apocalyptique".
Le Nigeria, terrain propice aux virus
Avec son climat chaud et humide, le Nigeria est un terrain propice aux virus et il est régulièrement en proie à des épidémies diverses. Le grand nombre d'habitants du pays, 240 millions, favorise la contagion et la propagation des maladies.
"Le Nigeria a réussi à endiguer Ebola en 2014, et nous disposons de l'expérience et des systèmes de santé publique nécessaires pour faire face à ce cas", a voulu rassurer le ministre de la Santé, précisant que "les enquêtes sont en cours" et appelant les Nigérians "à rester calmes".
Un essai clinique est en cours mais il n'existe à ce jour ni vaccin, ni traitement spécifique contre le virus Bundibugyo à l'origine de l'épidémie actuelle.
Jean Kaseya, le directeur général de l'agence de santé de l'Union africaine (Africa CDC), a appelé à la mobilisation de la communauté internationale pour endiguer l'épidémie d'Ebola "la plus étendue géographiquement de l'Histoire, touchant plusieurs pays répartis dans trois régions d'Afrique" et enregistrant "une létalité avoisinant les 50 % en [République démocratique du Congo]".
"Nous voulons des financements immédiats et flexibles, des équipements médicaux, des moyens diagnostiques, des personnels de riposte qualifiés et une surveillance communautaire renforcée", a-t-il déclaré sur X mardi soir.
Avec AFP