En Côte d'Ivoire, quel sort pour les victimes du déguerpissement illégal à Koumassi ?

  • publiè le : 2026-09-07 11:33:14
  • tags : d'ivoire -  - victimes - déguerpissement - illégal - koumassi - actualités
En Côte d'Ivoire, quel sort pour les victimes du déguerpissement illégal à Koumassi ?
Mamadou constate les débris de la cité Houphouët-Boigny du quartier Campement de Koumassi, détruite le 3 juin 2026. © Fanny Noaro-Kabre / RFI

De notre correspondante à Abidjan,

De ce quartier populaire au bord de la lagune, il ne reste qu'un immense tas de gravats. Près de 9 hectares ont été presque entièrement rasés et Issouf tient à montrer l'abri dans lequel il vit actuellement : « Il n'y a rien ! », interpelle-t-il en montrant son logement. Il y a trois mois, il a tout perdu, il ne lui reste qu'une natte au sol pour dormir, deux tenues pour seuls vêtements et la charité pour subsister. « Il y a un gars qui m'a donné 100 francs, je vais prendre ça pour aller payer de la banane grillée pour manger. Ce n'est pas facile », déplore-t-il.


Comme Issouf, ils sont quelques dizaines à dormir sous des bâches et des planches de bois faute de solutions, des logements de fortune construits dans les jours qui ont suivi le déguerpissement illégal. Pour les habitantes et habitants, il est impossible de rebâtir les maisons détruites car depuis l'ouverture d'une instruction judiciaire, le site est placé sous scellé. Toutes les responsabilités seront établies et elles donneront lieu aux sanctions prévues par la loi, a promis, début août, le président ivoirien Alassane Ouattara.

Rassuré par cette déclaration, Mamadou souhaite néanmoins voir le processus s'accélérer. « Ça a trop duré !, s'exclame-t-il, excédé. Ça fait trois mois qu'on est dans cette histoire-là. On nous dit que c'est une affaire juridique, mais on ne sait pas quand est-ce qu'on aura gain de cause. Vous voyez, pour quelqu'un qui est pauvre, il ne peut pas attendre tout ce temps-là ».

Une rentrée scolaire sous tension
Le temps presse, surtout que dans une semaine, le 14 septembre, ce sera la rentrée scolaire en Côte d'Ivoire. Faute de moyens et de logement, Moussa ne sait pas s'il pourra scolariser ses enfants. « Comment les enfants vont aller à l'école ?, interroge ce père. C'est à ça qu'on pense. Les enfants m'appellent tout le temps : "Papa, la rentrée c'est bientôt, on fait comment ?" Je ne sais même pas quoi leur dire... Il n'y a pas de solution ! »

La rentrée inquiète aussi les familles qui ont trouvé refuge dans une école du quartier, l'école Bad. Des dizaines de femmes et d'enfants y sont installés. « Regardez sur les murs, ce sont les moustiques. C'est là-bas qu'on dort tous, avec des bébés », pointe Nadège qui, tout comme Fatima à ses côtés, craint d'être délogée.

« Si nous on est encore ici, est-ce que les enfants pourront aller à l'école ? Ils ne pourront pas ! Mais on n'a pas de dortoir. Il nous faut des moyens pour avoir un dortoir et que nos enfants viennent fréquenter l'école. Qui peut nous venir en aide n'a qu'à nous aider pour qu'on puisse quitter l'école ! », s'exclame cette mère inquiète.

Selon le ministère ivoirien de la Solidarité, 400 familles identifiées sur des sites d'accueil temporaire ont reçu une aide au relogement.

source : rfi.fr

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