Côte d'Ivoire - Santé : Formateur et Directeur de programme au Centre Solidarité Action Sociale, M. Dao Siaka a animé une formation sur la prise en charge des enfants adolescents et jeunes vivant avec le VIH

  • publiè le : 2026-09-19 14:48:55
  • tags : d'ivoire - santé - formateur - directeur - programme - centre - solidarité
Côte d'Ivoire - Santé : Formateur et Directeur de programme au Centre Solidarité Action Sociale, M. Dao Siaka a animé une formation sur la prise en charge des enfants adolescents et jeunes vivant avec le VIH
Dans un entretien avec le média imagedafrique.com il a laissé voir les acquis dans la lutte et a souhaité des solutions plus concrètes. On l'écoute.

Imagedafrique.com : Vous venez d'animer une formation avec des jeunes pairs éducateurs que vous-même vous avez formés. On va dire un an après, sinon un an au bout. On a pu constater leurs actions sur le terrain, mais c'est vraiment colorés de difficultés. Et la première difficulté qui nous accroche ici, c'est la relation parents et enfants infectés. On constate que la stigmatisation est toujours d'actualité.
Alors, pour vous qui avez mis les jeunes à contribution, quel est tout de suite vos premiers regards sur ce frein entre les malades et les parents ?

Formateur Dao : D'abord, il faut savoir que la paire-éducation, donc des adolescents et jeunes vivant avec le VIH qui doivent accompagner leurs pairs, c'est une approche, on va dire, qui est nouvelle. Il n'y a pas de directives encore là-dessus, c'est des choses que les gens apprennent en faisant. Donc nos adolescents et jeunes l'apprennent en faisant.
Imagedafrique.com : Du genre l'apprentissage par la pratique ?
Formateur Dao : Ils sont sur le terrain. Ils apprennent. Voilà, ils se forment dans la pratique..Aujourd'hui, nous avons après la première formation de base qui a été faite, on a voulu les réunir pour avoir leur retour d'expérience. Savoir quelles sont les difficultés, quelles sont les solutions que les uns et les autres ont utilisées dans leur approche afin que cela puisse être partagé avec les autres. Les terrains ne sont pas les mêmes. Il y a ceux qui interviennent au niveau de la ville, des centres de santé associatifs, donc qui ont un cadre un peu plus favorable à la réalisation de leurs activités. Et de l'autre côté, on a des pairs éducateurs qui interviennent dans des centres de santé publics où l'environnement est beaucoup plus différent, donc c'est un peu plus compliqué à leur niveau. Dans la balance tout ce qu'il y'a comme bonnes ou mauvaises pratiques, et qu'ensemble, les uns et les autres puissent s'en inspirer et l'adapter à leur terrain.

Pour ce qui concerne cette activité, c'est essentiellement un retour d'expérience de ceux qui ont mené l'activité. Nous, nous sommes là pour encadrer, pour pouvoir ressortir et reformuler des solutions pratiques.

Imagedafrique.com : Vous devriez être satisfait, hein ? C'est des jeunes sans grands moyens.

Formateur Dao : Oui. Satisfait, oui, parce que, d'abord, pour être à ce niveau, il faut qu' eux-mêmes, ils soient à un niveau d'acceptation de leur statut VIH. Donc, à ce niveau-là, c'est une pleine satisfaction parce qu'ils revendiquent, ils en parlent. Ça veut dire qu'aujourd'hui, on a des adolescents et jeunes qui reconnaissent qu'ils sont infectés au VIH et qui apprennent à vivre avec ça. Ça, c'est une satisfaction.
Pour preuve, il y en a un qui a dit : « Je préfère être avec le VIH que d'être diabétique ». Donc, ça veut dire qu'ils positivisent avec ça.
Deuxième chose, ils sont motivés à accompagner les autres. Déjà, c'est une très bonne chose, que d'abord eux ils aient accepté et que derrière, ils décident de pouvoir encore accompagner encore d'autres adolescents et jeunes.

Imagedafrique.com : Et dans le cas contraire ?

Formateur Dao : Il s'agira d'amélioration ce qu'il faut faire. C'est l'intégration au niveau de ces centres, des centres de santé, surtout les centres de santé publics. Il faut que le pair éducateur puisse être intégré dans l'équipe de soins, il faut que le pair éducateur puisse avoir accès aux informations sur leurs pairs pour pouvoir aller les connaître, connaître leur domicile, vraiment pouvoir exercer comme il faut, être mis en relation avec leurs pairs.

Imagedafrique.com : Pour mieux comprendre ce passage que vous venez de donner, est-ce que ça veut dire que c'est une porte d'entrée vers l'emploi ?

Formateur Dao : Non, non, pas, pas du tout, pas une porte d'entrée ! Justement, la pair-éducation, c'est du bénévolat. Donc ce n'est pas une porte d'entrée vers l'emploi. Mais, pour qu'ils puissent véritablement exercer en tant que pair-éducateur, il faut que tu connaisses tes pairs. Donc si tu ne connais pas tes pairs, tu ne peux pas mener l'activité. C'est basique. Maintenant, pour la suite, je sais qu'au niveau national, il y'a des discussions en cours sur un certain nombre de projets. On ne sait jamais de quoi demain est fait. Voilà, par exemple quand on prend l'expérience du centre SAS, il y'a des pairs-éducateurs qui, par la suite, sont devenus des conseillers communautaires, donc salariés, une fois qu'ils ont dépassé l'âge de pair-éducateur. Donc pas forcément. Rien n'est fermé et aussi en fonction des aspirations des pairs-éducateurs eux-mêmes, parce qu'à un moment donné aussi, eux aussi pourraient se lasser d'être pair-éducateur et vouloir aller vers d'autres cieux. Toutes les options restent ouvertes, mais à partir du moment où ils sont pair-éducateur, il faut leur permettre de pouvoir exercer leur activité de pair éducateur.
Imagedafrique.com : Si on rentre dans le contexte familial. Ils ont dit que leur plus grosse difficulté, c'est l'acceptation des parents pour qu'ils aient accès à d'autres jeunes malades. Deuxième des choses, ils ont aussi évoqué des difficultés financières. Il leur manque très souvent le transport, il n'y a pas d'élément de motivation suffisant. Troisième situation, des formations ou campagnes sur la psychologie pourraient - ils faciliter leurs travail !

Formateur Dao : Je pense qu'ici c'est spécifique, hein, c'est les parents d'adolescents et jeunes vivant avec le VIH. Donc, c'est un groupe assez spécifique. Nous, peut-être qu'on a vu avec d'autres activités, d'autres projets avec des parents. On disait qu'ils sont réfractaires, qu'ils ne s'intéressaient pas et ne s'impliquaient pas. Mais derrière, quand on a mené une petite investigation, on a compris que c'est parce que eux-mêmes ne connaissent pas bien le traitement, ne connaissent pas bien la maladie, n'ont pas d'informations. Donc quand tu ne connais pas quelque chose, forcément ça te fait peur. Et donc l'idée, on a développé une approche qu'on appelle "L'école des parents". Donc qui cible les parents des enfants infectés au VIH et donc qui permet de leur donner suffisamment d'informations afin que eux-mêmes deviennent des partenaires des soins. Dans le cas spécifique du projet Passerelles, l'idée c'est qu'on puisse transplanter cette approche-là, peut-être au projet Passerelles, pour permettre à ce que là où les parents posent des barrières il y ait des solutions. Ce en leur donnant suffisamment d'informations pour qu'ils comprennent.
Imagedafrique.com : Et la difficulté financière dont ils font cas ?

Pour la difficulté financière, elle est bien réelle, mais je pense que c'est un problème de priorisation au niveau local et d'organisation au niveau du projet. En effet, des ressources peuvent certainement être trouvées dans les centres de santé pour soutenir au moins les VAD des PE. On espère qu'ils percevront l'importance de cette activité pour cette cible. Quant au projet, de petites ressources sont disponibles pour soutenir cette activité. Nous allons organiser leurs mises à disposition aux PE.

Imagedafrique.com : Peut-être qu'ils veulent que ça soit des grosses enveloppes ! Que ça monte en puissance ! (rires)
Formateur Dao : Ah bon, oui ! Tout ça, on va voir car ce sont des choses qui pourraient être discutées.
Imagedafrique.com : Avez-vous un mot de fin ?
Formateur Dao : Un mot de fin, pour le moment, ce n'est que le début, on n'obtiendra pas de mot de fin.
Mais en fait, je suis confiant quant à la qualité des participants.
Et je souhaite que les résultats nous profite tous.


Interview réalisée par Tuo Tchang
imagedafrique2017@gmail.com

source : www.imagedafrique.com

A voir egalement

Publicité
Publicité